Conseils de typographie

Les points de suspension
cuy copyleft
  See You Why?  

Points de suspension


abréviations | Orthotypographie accueil |   guillemets


 

Bien que notre but ne soit pas dʼexpliciter lʼemploi et le sens de la ponctuation, nous croyons ici que bien comprendre lʼusage de ce signe de ponctuation permet de mieux comprendre les usages typographiques qui accompagnent ce signe.
Comme son nom lʼindique, les points de suspension indiquent une suspension (là, tout le monde pourrait en dire autant, même le prof de math... mais ce dernier aura compris que suspendre veut dire arrêter, interrompre), une interruption, un arrêt.

points de suspensionCet arrêt peut indiquer ou sous-entendre diverses choses :
* une hésitation, une réflexion, une pudeur, une émotion, un trouble, une réticence ou une politesse :
    Elle sʼappelait Le...
    Je lʼai vue... en pleurs.
* une énumération que lʼon veut écourter :
    Il a eu plusieurs motos : Honda, BMW...
    Il parle plusieurs langues :
        le français, lʼanglais, lʼespagnol, le néerlandais..., toutes avec une grande aisance.
* une volonté de ne pas citer la fin dʼun mot, dʼune date, dʼun nom ou dʼune phrase :
    Il mʼa envoyé un « p... » au visage.
    Il doit être né en 195...
    Mme L... prétend que le point de suspension est précédé dʼune espace.
    Sa directrice ne pouvait le...

Nombreuses sont les erreurs de typographie relatives à lʼusage des points de suspension. Nous nous efforcerons ici de faire un état de la situation.

Les points de suspension :
  1. sont au nombre de trois et jamais suivis dʼun point final
    en dʼautres mots, ils remplacent le point final, sʼils terminent la phrase ;
  2. ne sont jamais précédés ni dʼune virgule, ni dʼun point-virgule ;
  3. ne peuvent jamais suivre lʼabréviation etc.
    (qui elle, doit se terminer par un point abréviatif et être précédée d'une virgule suivie d'une espace insécable pour éviter de la retrouver seule sur une nouvelle ligne) ;
  4. collent au texte qui les précède
    en dʼautres mots, pas dʼespace avant ;
    une seule dérogation : si les points de suspension sont mis pour remplacer un mot unique, ils sont précédés et suivis d’une espace normale (p. ex. « affaire ... contre … » ou dans un erratum « au lieu de … (faute commise), lire … (faute corrigée) ») ;
  5. sont suivis dʼune espace sécable ;
  6. entourés de crochets (sans espaces intérieures aux crochets), ils indiquent une interruption dans une citation ;
  7. sont suivis dʼune capitale, sʼils mettent fin à la phrase interrompue,
    et suivis dʼun bas de casse, si la phrase interrompue (ou suspendue...) se poursuit ;
  8. ne peuvent en principe pas commencer une phrase.

Les points de suspension sont généralement représentés par trois points successifs tapés au clavier, il sʼagit là dʼune tolérance typographique.
En typographie correcte, le caractère est unique ; on parle même du « point de suspension » au singulier ou de lʼellipse. Le codage précis de ce point de suspension (dont lʼunicode est U+2026) se fera ainsi :
    * en Windows : « alt+0 1 3 3 » (alt avec 4 chiffres)
    * en Windows : « alt+0 1 3 » (alt avec 3 chiffres)
    * en Linux : « AltGr+Shift+, »
    * en Mac : « alt+. »
    * en HTML : « … » ou « … » ou « … » ou « … » ou « … »
 
Ne vous étonnez pas si votre traitement de texte écrit correctement cette ellipse («  » au lieu de « ... ») ; les traitements de texte modernes effectuent automatiquement la modification de la même façon quʼils vous placent une espace insécable devant les signes de ponctuation doubles ou quʼils écrivent « chœur » quand vous écrivez « choeur ». pts-suspensionWindows utilisait ce caractère de lʼellipse depuis sa version 3.1 (http://www.aivosto.com/vbtips/charsets-codepages-windows.html#winansi), cʼest-à-dire mars 1992.
Le coup dʼœil peut être très différent selon les polices de caractères, ici Lucida Console sous Windows.

Pour ceux qui souhaitent faire des recherches, les points de suspension se traduisent par « het beletselteken » ou « de ellips » en néerlandais et « die Auslassungspunkte » ou « die Ellipse » en allemand [Viele Stilhandbücher empfehlen einen Abstand vor und nach jeder Ellipse, als ob diese ein Wort wäre, aber Typographen bevorzugen oft die Ellipse ohne diese Abstände (2) (De nombreux manuels de style recommandent une distance avant et après chaque ellipse, comme si elle était un mot, mais les typographes préfèrent souvent l'ellipse sans cette espace avant)].

Ci-après, nous nous contenterons de commenter ces quelques règles avant de dévoiler les tendances européennes ou interinstitutionnelles :

 

Quelques commentaires supplémentaires relatifs à ces règles :

  

Règle 1 : trois points

Trois points côte à côte, pas deux ni quatre et pas de points séparés par des espaces,
contrairement à lʼanglais ou lʼaméricain où les points de suspension peuvent être séparés par une espace (de préférence insécable).

Lorsque les points de suspension terminent la phrase, ils se substituent au point final. Les points de suspension ne forcent la majuscule que s'ils se confondent avec une ponctuation de fin de phrase.

Si lʼellipse se combine avec une interrogation ou une exclamation, il nʼy a aucune raison de supprimer le troisième point et de le remplacer par la ponctuation dʼinterrogation ou dʼexclamation.
Une bonne conduite typographique est de distinguer les deux signes de ponctuation et de les séparer dʼune espace. Il nʼy a pas de contradiction entre la règle du point de suspension à faire suivre dʼune espace et dʼun deuxième signe (? ou !) qui est double et doit donc être précédé dʼune espace.

  

Règle 2 : jamais précédés dʼune virgule ou dʼun point-virgule

Sʼil existe une erreur fréquente, cʼest bien celle qui consiste à terminer une énumération (dont chaque élément est séparé des suivants par une virgule) par une dernière virgule suivie de points de suspension. Erreur tellement fréquente que, même l'IBN (institut belge de normalisation), dans sa publication des normes belges NBN Z 01-002 relatives à la frappe de documents commerciaux, la commet.

nbn virgule points de suspension p.6
 
nbn virgule points de suspension p.11

Cʼest donner au lecteur une information contradictoire,
puisque dʼune part, les points de suspension, comme lʼindique le nom, signifient quʼon suspend, quʼon arrête le prononcé dʼun mot, une énumération ou une phrase ; ils peuvent aussi indiquer un ou plusieurs éléments manquants, que ce soit suite à une suppression, un manque dʼinspiration, une interruption, un sous-entendu ou une hésitation.
Dʼautre part, la virgule marque une courte interruption entre chacun des éléments dʼune énumération et sous-entend une suite..., donc, comme le défend aussi J.-P. Lacroux : « Elle [NDLR : La virgule] se place nécessairement après les points de suspension : c’est normal, logique, compréhensible…, c’est même indiscutable… » (il discute des points de suspension de la page 194 à 201 dans Orthotypographie, Orthographe & Typographie françaises, Dictionnaire raisonné, Volume II, de G à Z) », déjà cité en note de bas de page [1] de notre page "ponctuation et espaces".

Donc, noter une virgule avant des points de suspension cʼest donner à votre lecteur des informations contradictoires :
suspension Lipmanne p.17 
 
suspension Lipmanne

« je reprends ma respiration pour lʼélément suivant... mais surprise il nʼy a pas de suivant... »
Refuser ces règles typographiques, cʼest accepter de voir sʼafficher dans son livre traitant de la Grammaire des règles typographiques et de disposition de documents des hystéries typographiques comme celles trouvées sur une même page de ce document considéré comme bible à suivre... (voir analyse ici)
1) pas de virgule devant les points de suspension ;
2) si lʼon sʼobstine à faire lʼerreur, il faut suivre les règles que lʼon impose à autrui :
2.1) les points de suspension ne sont plus à la fin dʼun mot à cause de cette virgule et demandent donc (selon Mme Lipmanne et selon lʼIBN) une espace avant... et comme on ne veut pas parler dʼespace insécable, on a ce rejet des points de suspension, seuls, en début de nouvelle ligne.

Sʼils ne peuvent pas être précédés dʼune virgule ou dʼun point-virgule, rien nʼempêche quʼils puissent être suivis dʼun signe de ponctuation, sauf dʼun point, car les points de suspension remplacent le point final sʼils terminent la phrase[12] [Ex. : C’est normal, logique, compréhensible…, c’est même indiscutable… !].
Le lecteur aura vite compris que la ponctuation qui suit les points de suspension doit répondre à la règle du 2e signe (voir ici) :
* la virgule (2e signe) qui nʼaccepte pas dʼespace avant, prend la priorité sur les points de suspension suivis de lʼespace sécable ;
* le point dʼexclamation (2e signe) qui exige une espace fine insécable avant, prend la priorité sur les points de suspension suivis de lʼespace sécable. De même pour dʼautre ponctuation.

Le lecteur belge qui suit à la lettre ses normes nationales, (pas d'espaces fines ni insécables et espace avant les points de suspension) comprendra le risque de voir en recopiant lʼexemple ci-dessus, noté en italiques, une nouvelle ligne commençant par « ..., c'est [...] » ou un « ...! » seul en début de ligne.

Les points de suspension qui terminent une énumération peuvent judicieusement être remplacés par « , etc. » où la virgule se justifie, car le etc. est un ajout à la liste dʼun élément et qui signifie un collectif « et cætera », soit « et le reste » ou encore « et tous les autres ».
Et le etc se termine bien par un point abréviatif, mais surtout pas par des points de suspension. Entré dans le langage courant, cette expression latine ne doit plus être notée en italique, mais en romain, c-à-d en caractères droits.
En typographie anglaise et américaine, il faut des espaces insécables entre chaque point des points de suspension.

Lorsque vous êtes au terme d’une énumération mais que vous souhaitez indiquer que celle-ci n’est pas exhaustive, écrivez simplement « , etc. », plutôt que trois points (« ... ou … »), qui indiquent plutôt que le lecteur est invité à réfléchir par lui-même à la portée de la phrase ainsi achevée.
Lorsque l’énumération est clairement annoncée comme constitutive d’exemples (par l’expression « par exemple », par les mots « ex. : », etc.), lʼélément final « etc. » est inutile.
Lorsque la suite d’une énumération de personnes est abrégée, on utilise l’expression « et consorts » ou « et autres », que l’on peut avantageusement remplacer par « et crts » et « e.a. » (quelquefois « et al. »).
[14]

Imaginez lʼexemple donné ci-dessus :
Il parle plusieurs langues : le français, lʼanglais, lʼespagnol, le néerlandais..., toutes avec une grande aisance.
Si lʼon plaçait une virgule suivie des points de suspension, le texte deviendrait :
Il parle plusieurs langues : le français, lʼanglais, lʼespagnol, le néerlandais,..., toutes avec une grande aisance.
Mais, dans notre exemple initial, la virgule après les points de suspension a tout son sens, puisquʼelle poursuit la phrase en y apportant une nuance importante.

 

  

Règle 3 : ne peuvent jamais suivre lʼabréviation etc.

Lʼabréviation « etc. » signifie quʼune énumération nʼest volontairement pas terminée ;
cette abréviation doit se terminer par le point abréviatif, puisquʼelle reprend les premiers caractères de lʼexpression abrégée ;
les points de suspension marquent une volonté dʼinterrompre (de suspendre ou arrêter) une énumération.

Noter des points de suspension après lʼabréviation « etc. » constituerait donc un pléonasme et est interdit.

  

Règle 4 : collent au texte qui les précède

Toutes les ressources de typographie sont dʼaccord... même si toutes ne relèvent pas le cas dʼexception.

En effet, si les points de suspension sont mis pour remplacer un mot (ou groupe de mots) unique, ils sont précédés et suivis d’une espace normale. Ex. :
affaire ... contre …
« Je ne suis pas aussi … que vous l’imaginez » mʼassura-t-il.

Nous ne reprenons ici que les ressources trouvées en recherchant sur Google « "points de suspension" espace avant », ce 9 juin 2015, avant que nous ne publiions la présente page sur le site CUY (See You Why?) [test aujourdʼhui] :

1. La ponctuation
http://www.la-ponctuation.com/points-suspension.html :

2. Romy.tetue.net
http://romy.tetue.net/points-de-suspension :

3. Forum WordReference
http://forum.wordreference.com/threads/espace-avant-les-points-de-suspension.2194669/?hl=fr :

4. Banque de dépannage liguistique - Office québecquois de la langue française
http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=3395

5. Le conjugueur du figaro
http://leconjugueur.lefigaro.fr/frponctuationtypographie.php

6. Études littéraires
http://www.etudes-litteraires.com/regles-de-ponctuation.php

7. French Language
http://french.stackexchange.com/questions/2885/espaces-avec-la-ponctuation-le-point-de-suspension-est-il-une-exception

8. Grammaire Aidenet
http://www.aidenet.eu/grammaire01c.htm#suspension

9. LʼObs
http://tempsreel.nouvelobs.com/abc-lettres/bien-ecrire/ponctuation.html

10. Comment ça marche
http://www.commentcamarche.net/faq/20318-quelques-regles-typographiques#points-de-suspension

Et les sites qui suivent cette règle sans la préciser :

BtB Bureau de la traduction, translation Bureau
http://www.btb.termiumplus.gc.ca/redac-chap?lang=eng&lettr=chapsect6&info0=6.7

Observons cependant lʼambigüité suivante : les normes belges NBN_Z_01_002 présentent trois cas de points de suspension, tous précédés et suivis dʼune espace (p. 4)
et le livre de madame Lipmanne, qui prétend expliquer ces normes [voir titre de cette page 7] ne fait état que dʼun seul cas, non précédé de lʼespace (p. 7). Qui dit vrai... la loi ou lʼavocat ? À moins que ce ne soit un exemple de plus de « chasser le naturel, il revient au galop ».

Esprit scientifique et belge oblige : comme dans les dix premiers sites proposés par Google, aucun nʼétait belge, nous avons voulu vérifier comment ces normes belges étaient traitées sur des sites belges ce 9 juin 2015, ce qui se fait ainsi sur Google « "points de suspension" espace avant site:.be » [à tester aujourdʼhui]. Nous relevions le résultat de cette recherche :

1. Consignes typographiques des presses universitaires de Louvain
https://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/cirtes/documents/ConsignestypoPUL.pdf :

2. Normes typographiques - IDELUX
http://www.idelux-aive.be/servlet/Repository/normestypo2014.PDF?ID=42192 :

3. Règles de ponctuation et dʼespacement - Formettic
http://www.formettic.be/Module1/init/web/res/Regles%20de%20ponctuation%20et%20d'espacement.pdf :

4. Mettre en page un document écrit - CES Stexupery
http://www.ces-stexupery.be/institut-sainte-marie/espace-interactif/fiches-outils-methode-de-travail/Mettre%20en%20page%20un%20document%20ecrit.pdf :

5. Mettre des paragraphes en forme
http://www.brunette.brucity.be/bockstael/aeb/pages/06_mise_en_forme_%20paragraphe.pdf :

6. Fabrice Muller - Typographie2
http://www.fabrice-muller.be/pdf-download/publications/Typographie-2.pdf :

7. Université de Mons - Hainaut Un modèle Word
ute3.umh.ac.be/revues/data/e-285/educationetformation_modele.doc :

Depuis, après un an, CUY a pris les deux premières places pour la même recherche sur Google, et aucun site belge reconnu pour défendre les normes belges que seuls lʼIBN et quelques rares défenseurs sʼépuisent encore à exiger. Il faut reconnaitre que leur fiabilité est mise à mal (voir incohérences des normes belges).
De plus, après quelques mois, leurs propos sont contrés par les universités ou éditeurs qui engageront les gens ainsi formés. Quand (une petite partie de) notre enseignement sera-t-il/elle capable dʼavoir à sa tête des gens aptes à mesurer les conséquences de leurs choix ? Nos élèves doivent-ils apprendre à écrire pour une minorité francophone belge (moins de 2 %) ou pour le reste du monde francophone, soit 275 millions de personnes ? La Belgique, déjà ridiculisée lors de la dernière COP21, va-t-elle encore sʼefforcer à ce que le monde francophone trouve à rire dʼelle, parce que personne nʼest capable de défendre valablement les normes typographiques quʼelle aimerait imposer au reste de la francophonie ?

Heureusement, il existe une autorité supérieure concernant le code rédactionnel, à savoir le Code de rédaction interinstitutionnel qui précise : « Les points de suspension sont toujours au nombre de trois:
― ils remplacent une fin de phrase ou d’énumération, dans le sens de «etc.», ou servent à indiquer un arrêt dans l’expression de la pensée, quel qu’en soit le motif; ils sont alors collés à la dernière lettre qui les précède [...]
― ils remplacent la fin d’un nom dont on ne donne que l’initiale; ils sont alors collés à l’initiale [...]
― associés aux crochets, ils remplacent un passage omis dans une citation (voir point 5.10)
 » (cf. ici)

 

Règle 5 : sont suivis dʼune espace sécable (forte, justifiante ou normale)

Pour rappel, lʼespace sécable est lʼespace mots ou espace normale entre deux mots.
Cette dernière nʼa aucune raison dʼexister si elle nʼest pas précédée ou suivie dans un texte. On ne met pas dʼespace sécable en début de paragraphe devant des parenthèses ouvrantes, pas plus quʼon ne place une espace sécable après un point final de paragraphe ou après un deux-points qui annonce une énumération dont les items commencent par un tiret semi cadratin avec nouvel alinéa.

Le lecteur aura vite compris que si la ponctuation qui suit est un crochet fermant (voir règle 6 ci-dessous), la règle du 2e signe (voir ici) sʼapplique et le crochet fermant (2e signe) qui nʼaccepte pas dʼespace avant, prend la priorité sur les points de suspension suivis de lʼespace sécable. De même pour lʼellipse suivie dʼune virgule ou autre ponctuation.


 

  

Règle 6 : Entourés de crochets, ils indiquent une interruption dans une citation

Comme le confirment le code de rédaction interinstitutionnel [http://publications.europa.eu/code/fr/fr-251000.htm] et la majorité des codes de typographie de la langue française, « Les points de suspension remplacent un passage omis dans une citation ; dans ce cas, ils sont mis entre crochets, précédés d’une espace normale ».

Comme par hasard, nos normes belges, sans autres précisions, notent
pts suspce qui serait conforme à la typographie de la langue française, sauf que lʼorthotypographie suggère des crochets et non des parenthèses.
Malgré que les parenthèses soient une tolérance admise en typographie (entre autres le Bescherelle) et que certains typographes le préconisent, nombreux sont les auteurs qui découragent lʼemploi de parenthèses dans ce cas :
« [...] il vaut mieux éviter l’emploi des parenthèses au lieu des crochets : le lecteur pourrait penser [...] », Bureau de traduction, translation bureau,
« le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, qui est une référence dans le domaine, préconise lʼusage des crochets en précisant quʼil nʼy a pas dʼespace entre les crochets et le signe de ponctuation [...] », Wikipedia [http://fr.wikipedia.org/wiki/Points_de_suspension].

On pourrait à juste titre se demander pourquoi nos normes ne fassent allusion quʼà ce rare usage des parenthèses et ne signalent pas lʼusage fréquent des points de suspension entre crochets. On comprendra aussi pourquoi les « promoteurs/défenseurs » des dites normes aient aussi oublié ce cas.

Pour être complet, nous ne voudrions pas laisser sous silence le fait que contrairement aux normes APA selon lesquelles toute omission est uniquement indiquée par des points de suspension, nous avons jugé préférable de maintenir lʼusage de la mise entre crochets, beaucoup plus fréquente en langue française.

 

  

Règle 7 : Suivis dʼune capitale sʼils terminent la phrase interrompue

Comme les points de suspension interrompent une phrase ou un mot, il est possible que lʼauteur poursuive sa phrase après une hésitation ou le refus dʼécrire une grossièreté.

Si la phrase se poursuit, il nʼy a pas lieu de faire suivre cette ellipse dʼune lettre capitale. Par contre, si les points de suspension marquent nettement la fin de la phrase, sans que la suite ne soit un apport de nuance ou de complément de la phrase précédente, on considère quʼà la suite des points de suspension, on trouve une nouvelle phrase qui doit donc commencer par une majuscule, donc par une capitale initiale.

Ce jour-là, jʼai tout perdu... sauf lʼhonneur.
Ce jour-là, jʼai tout perdu... mais jʼai récupéré mes papiers.
On la traitait de p..., cette brave dame.
Quel sport pratiques-tu ? Le judo, le foot, la natation... je ne sais pas moi !
Jʼen suis persuadé... On me lʼavait dit...
Cette objection a été formulée par Mme L... qui nʼinsista pas.
Cette objection a été formulée par Mme L... Cette dernière nʼinsista pas.

Le lecteur aura compris que certains cas sont difficilement discernables, particulièrement quand ce qui est énoncé devant lʼellipse et derrière lʼellipse sont chacunes des phrases complètes. Il sʼagit alors de déterminer si les deux phrases sont indépendantes lʼune de lʼautre ou si la deuxième apporte des nuances ou des compléments dʼinformation de la première.
Indépendantes, donc deux phrases, donc capitale au début de la deuxième ;
nuances ou compléments, donc suite de la première, donc bas de casse pour la suite.

 

  

Règle 8 : Point de points de suspension pour commencer une phrase

Les points de suspension indiquent une suspension, un arrêt, mais pas un départ. Il est donc illogique de commencer une phrase par ce signe de ponctuation.

Cependant, dans un dialogue, on peut admettre que phrase énoncée soit suspendue, puis que du texte (court de préférence) soit introduit avant que l'intervenant ne reprenne sa pensée.
On peut même admettre un tiret long pour marquer qu'un autre intervenant ne reprenne ou ne poursuive la phrase suspendue de l'autre.
Dans tous ces cas, les points de suspension doivent être suivis d'une espace et le mot suivant ne peut pas être en majuscule, puisque le premier mot qui suit la suspension est une suite de la phrase interrompue.

— Papa, tu me lis une histoire ?
— Il était une fois..., commencè-je d'une voix douce.
— ... un grand méchant loup, poursuivit ma gamine en s'allongeant sous les couvertures.

Il n'est pas rare d'observer des points de suspension dans une citation entre des guillemets.
Si l'ellipse est notée en début ou en fin de texte cité, c'est une erreur, les points de suspension n'ont pas lieu d'être : la citation ne doit pas être une phrase entière.
Cependant, si le texte cité n'est pas repris entièrement, le passage omis est remplacé par des points de suspension entre crochets, même s'il ne manque qu'un seul mot (voir règle 6).

Un lecteur attentif au sujet et qui aurait déjà beaucoup lu à ce propos pourrait nous reprocher de ne pas reprendre une distinction souvent reprise dans des ouvrages (respectables ?) relatifs à la typographie belge et qui distinguent les points de supension « en fin de phrase » et « en fin de mot ». Ce lecteur, qui pense probablement à nos normes belges ou à lʼouvrage prétendu remarquable, mais sûrement remarqué de Mme Lipmanne, nʼa probablement jamais imaginé que ce signe placé en fin de phrase lʼest aussi en fin de mot... sauf si la phrase ne contient aucun mot... mais alors, peut-on encore parler de phrase ?
Peut-on dès lors encore parler dʼun caractère distinctif ?
Les ouvrages mentionnés émanent, parait-il, de gens éminents et compétents... et ce sont eux qui vous disent comment écrire correctement !?!

 

Les tendances européennes et interinstitutionnelles

Sans que nous devions considérer cette approche comme une norme, nous pouvons y trouver une volonté européenne de rapprocher les vingt-quatre langues de notre Union européenne.

 

 

Le code de rédaction interinstitutionnel

* 10.1.9. points de suspension

— ils remplacent une fin de phrase ou d’énumération, dans le sens de «etc.», ou servent à indiquer un arrêt dans l’expression de la pensée, quel qu’en soit le motif; ils sont alors collés à la dernière lettre qui les précède
— ils remplacent un nom ou un mot entier que l’on veut taire; ils sont alors précédés et suivis de l’espace normale
— ils remplacent la fin d’un nom dont on ne donne que l’initiale; ils sont alors collés à l’initiale
— associés aux crochets, ils remplacent un passage omis dans une citation

 

 

Le Cedefop

* Les crochets sont utilisés [...], dans les citations, pour encadrer les points de suspension signalant une suppression

 

 

* + * + * + * + *

En résumé

Les points de suspension :

  1. sont au nombre de trois et jamais suivis dʼun point final
    en dʼautres mots, ils remplacent le point final, sʼils terminent la phrase ;
  2. ne sont jamais précédés ni dʼune virgule, ni dʼun point-virgule ;
  3. ne peuvent jamais suivre lʼabréviation etc. (qui elle, doit se terminer par un point abréviatif) ;
  4. collent au texte qui les précède
    en dʼautres mots, pas dʼespace avant ;
    une seule dérogation : si les points de suspension sont mis pour remplacer un mot unique, ils sont précédés et suivis d’une espace normale (p. ex. « affaire ... contre … » ou dans un erratum « au lieu de … (faute commise), lire … (faute corrigée) ») ;
  5. sont suivis dʼune espace sécable ;
  6. entourés de crochets (sans espaces intérieurs aux crochets), ils indiquent une interruption dans une citation ;
  7. sont suivis dʼune capitale, sʼils mettent fin à la phrase interrompue,
    et suivis dʼun bas de casse, si la phrase interrompue se poursuit.

 

* + * + * + * + *

 

[1] cf. http://www.la-ponctuation.com/points-suspension.html,
http://www.synapse-fr.com/manuels/P_SUSP.htm,

[2] cf. https://books.google.be/books?id=JQEJXFINXD8C&pg=PA195&lpg=PA195&dq=%22einen+Abstand+vor+und+nach+jeder+Ellipse%22&source=bl&ots=xSbFzWZ-Ay&sig=M444Bie5R6c3wnUPnDWKDK6rnuk&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjOiKq05JzMAhWsDsAKHYAaCGwQ6AEIGzAA#v=onepage&q=%22einen%20Abstand%20vor%20und%20nach%20jeder%20Ellipse%22&f=false

[11] Merci encore à Maxime pour cette précision.

[12] , Jean Dumont, Vade-mecum du typographe, Bruxelles, A. Lesigne, 1915, 4e éd. (1re éd. 1891), ouvrage souvent appelé « bible des typographes belges d’antan » (598 pages à lire en ligne)

[13] Dans la tradition typographique, le mot deux-points est un nom singulier, beaucoup de dictionnaires le confirment sans précision et notent n m inv. , dʼautres sont plus précis et affirment singulier et pluriel identiques.
La raison est simple : il sʼagit de désigner un seul signe de ponctuation, donc usage du singulier, comme le point-virgule, la parenthèse ouvrante ou le guillemet fermant. Les signes de ponctuation au pluriel sont ceux qui sont doubles, mais dans le sens où ils se présentent par paires, mais avec des graphies différentes pour lʼouvrant et le fermant : écrire entre parenthèses, ouvrir les guillemets...
À ceux qui seraient tentés de nous contredire en parlant des points de suspension, nous rappellerons que les points de suspension sʼappellent lʼellipse en typographie et en français [voir http://fr.wiktionary.org/wiki/ellipse], donc singulier aussi... et son écriture en langage HTML est … pour horizontal ellipsis..., et certains parlent même du point de suspension.



 

Remarquons que les normes belges, auxquelles nous avons fait allusion dans notre page de départ, ont simplifié (et donc négligé les normes de la langue française) en affirmant qu’il n’y avait pas d’espace avant les caractères qui doivent être précédés d’une espace fine... un « compromis à la belge", pardon un « compromis à la belge » (à force de couper la poire en deux...) , car en typographie néerlandaise, il n’y a pas d’espace devant ces caractères-là.

 

[14] LegalWorld, Du bon usage des citations et des emprunts de textes et d’idées ou d’opinion de l’interdiction du plagiat http://www.legalworld.be/legalworld/guide-des-citations-et-references.html?LangType=2060&SubID=1

Sources :

 

* + * + * + * +

 

 



Voir aussi :

et les caractères spéciaux avec "alt"... toujours utile... touche alt

caractère
capitale
À Â Ç È É Ê Ë Î Ï Ô Ù Û Ü
alt + 4 chiffr. 0192 0194 0199 0200 0201 0202 0203 0206 0207 0212 0217 0219 0220
alt + 3 chiffr. 183 182 128 212 144 210 211 215 216 226 235 234 154
 
caractère
bas d casse
à â ç è é ê ë î ï ô ù û ü
alt + 4 chiffr. 0224 0226 0231 0232 0233 0234 0235 0238 0239 0244 0249 0251 0252
alt + 3 chiffr. 133 131 135 138 130 136 137 140 139 147 151 150 129
 
caractère
autre
« » œ æ Œ Æ esp.
inséc.
"
alt + 4 chiffr. 0171 0187 0156 0230 0140 0198 0133 0160 0147 0148 0034 0145 0146
alt + 2 ou 3 chiffr. 174 175 339 145 338 146 / 255 / / 34 / /
 
caractère
autre
¡ ¿ ¼ ½ ¾ ± ñ Ñ . .
alt + 4 chiffr. 0150 0151 0161 0191 0188 0189 0190 0177 0241 0209 0128 0 0
alt + 2 ou 3 chiffr.     173 168 172 171 243 241 164 165 / / /

Si vous n'avez pas de pavé numérique sur un ordi portable,
il suffit d'appuyer sur les touches Fn et NumLK (Inser) en même temps,
et le pavé numérique sur les touches
7(7)   8(8)   9(9)   0(/)
U(4)   I(5)   O(6)   P(*)
  J(1) K(2)   L(3)   M(-)

  ?(0)           /(.)   §+(+)
(la dernière ligne est différente selon les claviers belges, français...)
sera activé
et les raccourcis Alt + code chiffré fonctionneront.

 

 

abréviations fl avant | Orthotypographie accueil fl arrère |   guillemetshome_typo