Conseils de typographie

Jacques Attali
À demi-mot
cuy copyleft
  See You Why?  

Le blogue de l'express



 

En recherchant quelqu'un qui défendrait la langue française quel ne fut pas mon étonnement de découvrir ce blogue de Jacques Attali, dans lequel nous avons compté plus de fautes que de paragraphes...

Le texte du 13/07/2015, découvert ce mardi 18/07/2017

D'abord un lien direct vers la page découverte du propos de Jacques Attali :

 

Ensuite, un "copier-coller" de cet article qui aura tendance à disparaitre si l'auteur ou l'éditeur du texte prend connaissance de notre analyse pédagogique de son contenu.

A demi-mot

Une maladie extrêmement grave menace de gagner toute la société française. Peu a peu, sans qu on y prenne garde, elle s’insinue partout. Bientôt, elle aura fait tant de dégâts que ses dommages seront irréversibles.
Cette maladie, si surprenante, apparemment si insignifiante et anecdotique, est celle qui consiste en utiliser de plus en plus , pour s’exprimer, des abréviations, des demi-mots, au lieu des mots complets.
Cette manie se cantonnait d’abord a certains milieux. En particulier ceux du monde du spectacle, de la communication et de la publicité. On parle depuis longtemps d’une expo, de ciné, de com, de pub. Puis on a parlé de distrib, de prod, de conso, conf, redac, medoc, proto.
Cette manie, apparemment inoffensive, gagne désormais tous les milieux, même les plus légitimes. J’ai ainsi entendu récemment un grand policier, responsable du GIGN, parler de « terro » pour designer des terroristes.
De fait, chacun d’entre nous peut compléter cette liste avec ses propres tics et ceux de ses amis.
On peut trouver cela sans importance. On peut penser que d’autres sujets méritent d’avantage d’attention,
Ce
n’est pas mon avis. Il ne faut jamais négliger de traquer les signaux faibles de changement. Et les tics de langage en font partie. Aussi, cette nouvelle manie mérite-t-elle au moins d’être décryptée, comprise, remise dans son contexte.
Elle cache une volonté de faire croire en une compétence ou une expérience particulière, qui serait masquée, et que l’abréviation désignerait comme signifiante, pour un milieu restreint. Elle veut signifier aussi que le mot complet serait si souvent utilisé par ces professionnels qu’il serait légitime, pour eux, de l’abréger; parce qu’entre professionnels, on se comprend. Et parce que ceux qui ne le sont pas doivent reconnaitre par là, la compétence spécifique de ceux qui parlent ainsi.
Ceux qui ont un vrai vocabulaire spécifique, comme les médecins, ou les avocats, n’ont pas besoin de ce leurre. Et pourtant, certains désormais s’y plient. Comme si parler a demi mot était devenu une condition nécessaire et suffisante pour faire reconnaitre une légitimité.
notre
langue, et notre façon de parler en seront irréversiblement atteint. Et d’autres choses, bien plus grave encore.
Si on n’y prend garde, notre langue, et notre façon de parler en seront irréversiblement atteints. Et d’autres choses plus graves s’y joueront.
D’abord, chacun pensera bientôt que ne pas le faire est signe d’incompétence ou d’inexpérience; et on verra ces abréviations se glisser dans tous les métiers a la recherche de reconnaissance. La politique n’en sera pas exclue. Les professeurs dans les écoles seront contraints de s’incliner et d’accepter ce vocabulaire , et même de le créer eux mêmes. On parle déjà depuis longtemps de « pedago » et de « prof ». Bien d’autres demi-mots s’y multiplient.
Ensuite parce qu’une langue se vide de sa valeur si les mots sont amputés et ne disent plus tout ce qu’ils ont a dire. Ceux qui n’utilisent que 300 mots n’utiliseront alors bientôt plus que 300 demi mots. Qui a quoi a y gagner?
Aussi parce que cela révélè une société de l’apparence, de la fausse compétence. Dites vous bien que, quand vous entendrez un professionnel utiliser une telle abréviation, c’est souvent parce qu’il veut faire croire a une compétence et a une expérience inexistante.
Enfin, parce que cela valorise au-delà du légitime des métiers nouveaux, remarquablement rémunéré même s’il n’exigent aucune compétence. particulière.
Rien n’est plus utile pour soi et pour les autres que de déployer les mots dans tous leurs dimensions. Les mutiler, les piétiner, n’annoncent rien de bon. Les défendre est une petite bataille nécessaire. Et la démocratie n’exige rien d’autres qu’une infinité de ces combats en apparence dérisoire, en réalité essentiels.
 

 

les fautes

    1. Le titre « À demi-mot » commence par la préposition "à" qui doit être accentuée. Tout caractère accentué en minuscule doit l'être aussi si converti en capitales...
      cf. nos pages spéciales “capitales accentuées” ou “en début de phrase, la préposition 'à' doit être accentuée”.
    2. La locution adverbiale « peu à peu » réunit deux adverbes par la préposition “à”, comme le fait « petit à petit »: le “à” est donc la préposition qui doit être accentuée.
    3. L’apostrophe est un signe typographique de ponctuation, un diacritique, voire une lettre. Issue d’une ponctuation de l’alphabet grec qui indique l’élision (qui consiste à remplacer la voyelle finale d'un mot par une apostrophe lorsqu'il est placé devant un mot commençant par une voyelle ou un h muet), elle a été empruntée par d’autres écritures, dont l’alphabet latin principalement.
    4. La virgule, comme le point final, sont des signes de ponctuation qui demandent l'espace après, mais qui n'en demandent pas avant.
    5. Un nouvel exemple de la non accentuation de la préposition “à”...
    6. Rédac et médoc sont des abréviations de rédaction et de médicament... pourquoi omettre les accents en abréviations, comme dans c-à-d (c'est-à-dire), bàt (bon à tirer), tél. (téléphone) ou ciné employé à la ligne précédente?
    7. Désigner, verbe transitif, pour indiquer, signaler, qualifier demande l'accent... rien à voir avec le franglais qui désigne un stylicien.
    8. Une virgule ne termine jamais une phrase, ni un paragraphe et ne peut donc jamais être suivie d'une majuscule.
    9. Un point-virgule demande une espace avant, de préférence fine, mais insécable, à défaut.

Nombreuses sont les hésitations quant à la façon d'écrire les noms composés, trop fréquentes sont aussi les divergences entre les dictionnaires. Un scripteur francophone se demande encore aujourd'hui
* s'il y a lieu d'utiliser un trait d'union ou
* si le mot composé est actuellement écrit en un mot, sans espace ni trait d'union, par agglutination ou soudure ou enfin,
* si ce nom se compose de mots distincts, avec espace, dont chaque élément conserve sa graphie propre.
On notera cependant que la tendance de la langue est à la soudure et à la suppression des traits d'union.

N'oublions pas, dans notre langue française,
d'une part, que le trait d'union est souvent le passage obligé entre la simple justaposition de mots (exemple : porte feuille en deux mots, devenu porte-feuille en 1718 dans le Dictionnaire de l'Académie) et la graphie soudée en un seul mot (portefeuille, depuis 1935 [Dictionnaire - Académie]) et
d'autre part, que l'Académie française a cru bon d'ajouter aux réformes orthographiques de 1990 : « La soudure est étendue ; au-delà des cas cités dans cette règle, les auteurs de dictionnaires sont invités à privilégier la graphie soudée », ce qui en dit long sur les intentions futures de cette dernière.

N'essayons pas de justifier par la logique l'emploi ou non d'un trait d'union.
Rares sont ceux qui songeraient encore à écrire extraordinaire en deux mots – extra-ordinaire – comme c’était le cas par le passé. Mais, dès l'instant où l'on commence à faire allusion à des portemonnaies ou à un porte-avion, l'hésitation apparait et les dictionnaires divergent dans leur réponse : en un mot ou en deux, avec ou sans trait d'union, avec 's' au singulier ou sans 's' au pluriel ? Les portemonnaies portent de la monnaie, mais le porte-avion porte des avions... Heureusement, les anciens porte-monnaie et porte-avions s'écrivent aujourd'hui sans 's' s'ils sont au singulier et avec la forme du pluriel s'ils sont au pluriel.
Selon l'ancienne orthographe, avant 1990, on devait écrire un cure-dent, mais un cure-ongles, un coffre-fort mais un château fort, un pied de nez ou un raz de marée mais un rez-de-chaussée, les États-Unis mais les États Arabes Unis (Dubaï)... malheureusement 1990 n'a pas tout résolu...

 

Typo du trait d'union

Espaces :
aucun avant,
aucun après.

En cas de césure (coupure d'un mot trop long en fin de ligne) :
pas d'espace avant,
pas d'espace en début de la ligne suivante.
 

Emploi du trait d'union

Unir les parties d'un même mot (mots composés) qui ne peuvent plus être séparées [un mot composé est l'union de deux mots pour n'en former qu'un seul nouveau, de sens différent (aucun millepatte n'a jamais eu 1000 pattes, le record des quelque 10 000 espèces d'arthropodes est détenu par un Illacme plenipes, femelle, comptant 752 pattes)] :
    [Ex. : vis-à-vis, mille-pattes (devenu millepatte), cure-dent (sans 's'), cure-ongles (avec 's', devenu cure-ongle), peut-être, belle-mère, prie-Dieu, etc.]

Unir le verbe et le sujet, en cas d'inversion sujet-verbe :
    [Ex. : me dit-il, dussè-je mourir, partirez-vous ?, me trompè-je, etc.]

Unir le verbe et certains compléments pronominaux qui le suivent immédiatement, à condition que ces compléments pronominaux se rapportent au dit verbe :
    [Ex. : dis-le-moi, écarte-toi, donne-le-lui, etc., MAIS va le voir, faites-moi lui parler]

Pour unir deux prénoms qui ne doivent former qu'un seul prénom double ou composé :
    [Ex. : Jean-Jacques Rousseau]

Pour unir des points cardinaux en vue de désigner des directions intermédiaires :
    [EX. : Du sud-est, ce matin, les vents sont passés au nord-est]

Pour éviter la répétition de partie de mots :
    [Ex. : Nous étudierons le micro- et macroéconomie, les sexa- et octogénaires ]

Pour les longs mots, en cas de césure, pour indiquer qu'il n'y a plus de place sur la ligne et que la fin du mot se trouve à la ligne suivante.

Pour les nombres (adjectifs numéraux), on utilise un trait d'union entre deux éléments successifs pour les nombres composés, quels qu'ils soient, sans oublier que millier, million ou milliard sont des noms qui ne suivent donc pas cette règle des adjectifs numéraux :
    [Ex. : trente-trois milliards cinq-cents millions six-cent-nonante-sept-mille]
    [Ex. : mille-cent vingt-septièmes (1100/27)]

Pour rappel, jusqu'en 1990, même si l'Académie accepte encore que l'on utilise l'ancienne orthographe, on ne plaçait le trait d'union que pour les nombres inférieurs à 100, à la condition que les éléments ne soient pas séparés par un 'et', ce qui ne permettait pas de distinguer :
vingt et un tiers (20 + 1/3) de vingt-et-un tiers (21/3), ici en orthographe actuelle,
ni
mille-cent-vingt-septième (1127e), de mille-cent-vingt septièmes (1120/7), de mille-cent vingt-septièmes (1100/27), ni de mille cent-vingt-septièmes (1000/127), ici en orthographe actuelle.

Cette orthographe doit être légalement enseignée en France, Belgique, Suisse et Canada... essayons d'aider nos enfants en n'employant plus l'ancienne orthographe, qui n'était ni plus facile, ni plus logique ni plus rationnelle que cette nouvelle orthographe rendue obligatoire dans nos enseignements francophones.

Encadrer un 't' euphonique :
    [Ex. : va-t-en, viendra-t-il ?, a-t-il réussi ?, qu'y a-t-il ?]

Pour les lieux géographiques ou noms de rue, voire des moments dans l'année, entre les différentes composantes d'un mot qui contient 'saint', ou des noms et prénoms (en France), etc. :
    [Ex. : Impasse Sant-Pierre, mont Saint-Michel, rue George-Clémenceau, planter pommes de terre à la Saint-Joseph]

Pour réunir des entités distinctes géographiques :
    [Ex. : Les régions Nord-Pas de Calais et Provence-Alpes-Côte d'Azur sont très différentes.

Non usage du trait d'union

Il ne faut pas de trait d’union après les préfixes suivants 

Il ne faut plus de trait d’union dans les onomatopées : 
    [ex. : tictac, dingdong]

Il ne faut plus de trait d’union dans les mots d'origine étrangère : 
    [ex. : weekend, chichekébab, hotdog, apriori]

 

 

trait d'union faible

Certains typographes font allusion au trait d'union faible, lorsqu'il s'agit d'unir par un trait d'union des entités qui contiennent déjà un trait d'union (ex. : Frasnes-lez-Anvaing  Montrœul-sur-Haine).
La majorité des typographes qui en parlent proposent l'emploi du tiret encadré d'espaces insécables (de préférence fines) 
(ex. : Frasnes-lez-Anvaing  Montrœul-sur-Haine ou Frasnes-lez-Anvaing — Montrœul-sur-Haine) ;
plus rares sont ceux qui préconisent l'emploi du tiret sans espaces qui l'entourent 
(ex. : Frasnes-lez-Anvaing–Montrœul-sur-Haine) ;
plus rares encore sont ceux qui suggèrent la répétition du trait d'union, mais encadré cette fois d'espaces insécables
(ex. : Frasnes-lez-Anvaing - Montrœul-sur-Haine).
 

 

trait d'union avec quasi

Une règle mal connue concernant le trait d'union :
* indispensable devant un nom :
    [Ex. : une quasi-certitude, ]
* inutile devant un adjectif ou un adverbe :
    [Ex. : je suis quasi certain, il ne vient quasi jamais, ]

 

 

 

trait d'union avec non

Une règle mal connue concernant le trait d'union :
* indispensable devant un nom :
    [Ex. : une non-certitude, la non-conformité d'un produit, ]
* inutile devant un adjectif ou un adverbe :
    [Ex. : ce sera un candidat non élu , un produit non conforme, ]

 

trait d'union insécable

Le trait d'union insécable agit de façon semblable à l'espace insécable dont nous avons traité à maintes reprises (voir notre page ponctuation et espaces). Il n'est en effet pas rare d'introduire dans un texte une référence, un numéro de dossier que l'on ne souhaite pas voir scindé au cas où l'élément risque d'apparaitre en fin de ligne. Unies par un trait d'union insécable, les deux parties du mot ou de l'expression seront rejetées ensemble sur la ligne suivante au lieu d'être séparées au niveau du trait d'union.

 

trait d'union conditionnel

Le trait d'union conditionnel est un caractère invisible mais qui indique où une coupure de mot (ou césure) est permise. Il devient visible, sous forme de trait d'union, lorsque la disposition du texte exige cette césure du mot. Certains auteurs appellent aussi ce trait d'union conditionnel, « trait d'union virtuel » ou « signe de césure conditionnelle ».

Les traitements de texte modernes n'ont pas besoin de ce caractère facultatif, puisqu'ils possèdent un logiciel de césure de mots propre à la langue utilisée. Les navigateurs semblent ne pas disposer de cet outil et demandent donc l'emploi du trait d'union conditionnel pour les longs mots, surtout s'ils sont écrits dans des colonnes étroites.

Ci-dessous, trois fois le même texte de trois fois la même phrase, écrits chaque fois dans une colonne large de 248 pixels...

Texte sans l'usage de traits d'union conditionnels :

En droit français, on trouve le mot contraventionnalisations qui signifie, dans la répartition tripartite des infractions, qu'une infraction (délit ou crime) est requalifiée en contravention. En droit français, on trouve le mot contraventionnalisations qui signifie, dans la répartition tripartite des infractions, qu'une infraction (délit ou crime) est requalifiée en contravention. En droit français, on trouve le mot contraventionnalisations qui signifie, dans la répartition tripartite des infractions, qu'une infraction (délit ou crime) est requalifiée en contravention.

Quelle horreur... espace anormalement étiré pour garder la justification...

qui, corrigé par l’emploi de traits d'union conditionnels uniquement dans le mot le plus long (noté en italiques) deviendra :

En droit français, on trouve le mot contra­vention­nali­sations qui signifie, dans la répartition tripartite des infractions, qu'une infraction (délit ou crime) est requalifiée en contravention. En droit français, on trouve le mot contra­vention­nali­sations qui signifie, dans la répartition tripartite des infractions, qu'une infraction (délit ou crime) est requalifiée en contravention. En droit français, on trouve le mot contra­vention­nali­sations qui signifie, dans la répartition tripartite des infractions, qu'une infraction (délit ou crime) est requalifiée en contravention.

Déjà mieux, non ? Mais si peu...

et, en plaçant des traits d'union conditionnels dans tous les mots qui comptent plusieurs syllabes :

En droit fran­çais, on trou­ve le mot con­tra­ven­tion­na­li­sa­tions qui si­gni­fie, dans la ré­par­ti­tion tri­par­tite des in­frac­tions, qu'une in­frac­tion (dé­lit ou cri­me) est re­qua­li­fiée en con­tra­ven­tion. En droit fran­çais, on trou­ve le mot con­tra­ven­tion­na­li­sa­tions qui si­gni­fie, dans la ré­par­ti­tion tri­par­tite des in­frac­tions, qu'une in­frac­tion (dé­lit ou cri­me) est re­qua­li­fiée en con­tra­ven­tion. En droit fran­çais, on trou­ve le mot con­tra­ven­tion­na­li­sa­tions qui si­gni­fie, dans la ré­par­ti­tion tri­par­tite des in­frac­tions, qu'une in­frac­tion (dé­lit ou cri­me) est re­qua­li­fiée en con­tra­ven­tion.

... les navigateurs n'abusent pas de l'emploi offert de la césure conditionnelle... nettement mieux

Évidemment, au niveau de la source HTML, il faudra écrire : « est re&shy;qua&shy;li&shy;fi&eacute;e en con&shy;tra&shy;ven&shy;tion.</strong></p> », le &shy; marquant chaque trait d'union conditionnel possible (shy = soft hyphen en anglais).
 


 

 

Tirets, oui mais longs ou moyens ?

Les tirets, dans la typographie ancienne, n'existaient que sous leur forme de tirets longs... inutile, donc, de nuancer tirets longs ou moyens... les tirets moyens n'étaient acceptés qu'en cas de marges étroites... cette école a parfois été appelée "cadratinistes".

Nous avons déjà défini le cadratin, comme étant un caractère dont la chasse valait le corps, donc aussi large que haut... — d'où son nom français dérivé de quadratus, carré — ce qui revient à dire la largeur du caractère 'M', d'où son appellation anglophone de "em-dash" quand il s'agit d'un tiret. Le demi-cadratin définit un caractère dont la chasse vaut la moitié du corps... soit la largeur d'un traditionnel 'N' et son appellation anglophone de "en-dash".

Est ensuite apparut l'école des "semi-cadratinistes" pour qui, tous les tirets devaient apparaitre sous leur forme moyenne, à savoir le demi cadratin.

La typographie actuelle semble se situer entre ces deux extrêmes. Tous les tirets admis sont des semi-cadratins ou moyens, sauf ceux qui marquent le changement d'interlocuteur dans un dialogue, qui restent cadratins... alors que les tirets d'incise sont tantôt cadratins, tantôt semi-cadratins.
 

 

les tirets et les espaces

Question espaces, les tirets demandent tous :
espace avant : oui,
espace après : oui.

Le lecteur aura compris que, pour les tirets d'énumération, de liste ou de marque de changement d'interlocuteur dans les dialogues, comme ces tirets se placent toujours en début d'un nouvel alinéa, l'espace avant n'a pas lieu d'être, ni la spécificité de l'insécable après (comme le font pourtant de nombreux typographes)...
sauf qu'insécable, l'espace a une largeur fixe et ne varie donc pas en cas de justification : caractéristique qui permet un alignement plus correct en cas de dialogue ou énumération.
 

 

tirets d'incise

Les tirets d'incise jouent le rôle de parenthèses, mais assurent une meilleure mise en évidence de l'incise que les parenthèses. Contrairement aux parenthèses qui collent au texte qu'elles encadrent, car utilisées sans espace intérieure, les tirets d'incise doivent aussi coller au texte qu'ils encadrent, cela malgré l'espace intérieure. Donc, dans le cas des incises, le tiret doit toujours se trouver sur la même ligne que le contenu de l’incise :
dès lors, il ne peut se rencontrer seul à la fin d’une ligne s’il ouvre une incise (sur la ligne suivante)
comme il ne peut être seul au début d’une ligne s’il ferme une incise (sur la ligne précédente).
Pour prévenir ce problème, on insérera une espace insécable, voire fine, du côté où le tiret touche l’incise, c'est-à-dire à droite du tiret ouvrant l'incise et à gauche du tiret fermant l'incise.

Si l’incise termine la phrase, il n’y a pas de tiret de fermeture avant la ponctuation finale.

Certains ouvrages traitant de typographie précisent qu'au cas où une incise est suivie d'une virgule, on n'inclut pas d'espace après le tiret fermant. Cette précision nous parait inutile pour qui connait la règle du deuxième signe (déjà mentionnée et illustrée plusieurs fois dans nos pages, cf. ponctuation et espaces) : « Si plusieurs signes de ponctuation se suivent et si les règles se contredisent, on emploiera la règle du deuxième signe. », puisque si la virgule suit le tiret d'incise, c'est la règle de la virgule (deuxième signe) qui prime.

De chasse généralement semi cadratine, on trouve encore – mais rarement – le tiret long pour les tirets d'incise.
De chasse généralement semi cadratine, on trouve encore — mais rarement — le tiret long pour les tirets d'incise.

Le chou-fleur est comestible (trait d'union pour le nom composé).
Le chou  fleur de la plante du même nom  est comestible (tiret encadrant un élément annexe).
 

 

les tirets de dialogue

Seul cas où les tirets longs sont encore utilisés dans toute typographie correcte de notre langue française.

Comme nous l'avons déjà signalé au niveau de notre page spéciale guillemets, une typographie rigoureuse exigerait qu'en cas de dialogue, celui-ci commence par un guillemet ouvrant. Ce principe est devenu désuet et le début du dialogue se marque aujourd'hui par un premier tiret cadratin, dans un nouvel alinéa.
 

 

le signe moins

signe moinsOn trouve aujourd'hui de trop nombreux rédacteurs qui, s'ils doivent écrire un signe 'moins' utilisent le trait d'union, ce qui est une grossière erreur typographique. Voici, en quelques mots, la raison de l'erreur si l'on emploie l'un pour l'autre.

En principe, dans toute police de caractères respectable, les chiffres et signes arithmétiques (+, −, =, <, ≠, × et autres ÷) ont une même chasse (une même largeur de caractères). Utiliser un trait d'union à la place du signe moins, c'est rendre impossible l'alignement vertical des valeurs dans un tableau, le trait d'union est plus étroit que le signe moins... le tiret moyen s'en approche, mais il n'est pas la perfection.

 

xx

 

 

Sites belges qui traitent des tirets et traits d'union

Nombreux sont ceux qui confondent 'trait d'union' et tirets, même si le texte qu'ils écrivent semble prouver le contraire. Évidemment, si l'on appelle 'tiret court' un 'trait d'union', la confusion devient totale. Comme d'habitude, nous repèrerons rapidement les sites belges qui traitent de tirets et traits d'union, en typographie ou dactylographie (« tiret "trait d union" dactylo typo site:.be »), sans les parenthèses ni les guillemets extérieurs, mais avec les guillemets encadrant "trait d union", évidemment). On découvrira, dans l'ordre, les résultats dans lesquels nous rechercherons les mots visés :

1.- Normes typographiques - Idelux :
www.idelux-aive.be/servlet/Repository/normestypo2014?ID=42192

Ce document a déjà fait l'objet d'une analyse préalable (voir ici). On y lit :

p. 15 : Règle n°4 Les parenthèses, crochets, accolades, deux tirets (incise) prennent une espace à l’extérieur mais pas à l’intérieur.

qui va à l'encontre, pour les tirets d'incise, de la typographie de la langue française qui demande des espaces extérieures fortes (ou normales), mais des espaces intérieures insécables (voir plus bas), règle contredite quelques pages plus loin, où on lit :

p. 19 : Notez qu’on laisse une espace entre le tiret et le mot ou la phrase qui suit. Le tiret moyen est également utilisé pour les incises (une espace avant et après).

Pas très convaincant de dire blanc et noir à quelques pages d'intervalle.

2.- La typo en normes - Serge Paulus :
https://www.serge-paulus.be/cours/typo_normative_H.pdf

Ce document est une mise-à-jour du document qui a déjà fait l'objet d'une analyse préalable (voir ici). On y lit :

p. 15 : Trait d’union, mots composés (tiret court)
p. 18 : Listes (tiret moyen)
p. 18 : Incises (tiret moyen, option ou alt majuscule tiret)
p. 18 : Dialogues (tiret long, option ou alt tiret)

L'auteur fait même allusion aux tirets conditionnels.

3.- CUY - orthotypographie ponctuation espaces :
http://cuy.be/orthotypo/orthotypo_ponct_esp.htm

Nous nous refusons de commenter nos propres pages.

4.- La typo en normes - CUY? :
http://www.cuy.be/orthotypo/pix/typo_normative.pdf

Nous n'allons pas commenter cette page à nouveau, il s'agit de l'ancienne version de la page de Serge, mentionnée en 2. ci-dessus (version de 2008, alors que celle mentionnée ci-avant, révisée, date de 2014).

5.- La mise en forme des paragraphes :
http://www.brunette.brucity.be/bockstael/aeb/pages/06_mise_en_forme_%20paragraphe.pdf

Qui reprend les mêmes titres Trait d’union, mots composés (tiret court) et exemples que Serge.

6.- Les normes dactylographiques - einet :
http://www.einet.be/sitesperso/tremblez/normes_dactylographiques.htm

Nous n'allons pas commenter cette page à nouveau, qui écrit qu'il faut faire blanc, mais fait noir dans son texte... (déjà rapidement analysé ici). Concernant les tirets, on lit « 

Trait d'union
0
0
Dépêche-toi
Tiret
1
1
Jean - mon frère - vient ce soir
Tiret (de ... à ...)
1
1
Il vient de 10.00 - 12.00 heures
 », avec chaque fois un trait d'union en lieu et place d'un tiret...

 

7.- Comment rédiger un document - Enseignons.be :
http://www.enseignons.be/upload/secondaire/informatique/redaction.pdf

Cette page rappelle judicieusement que
« Attention ! Ne confondez pas tiret et trait d’union (tab. 1).
nom du caractère caractère commande en Word
trait d’union - touche du clavier
tiret semi cadratin caractères spéciaux
tiret cadratin caractères spéciaux
TAB. 1 :
Tirets et trait d’union
Allez dans le menu Insertion, puis Caractères spéciaux. . . puis onglet Caractères spéciaux.
Le tiret semi cadratin est plus récent d’usage que le tiret cadratin. La mode est en effet d’adopter des signes plus étroits. Donc, le tiret cadratin donnera une touche plus classique à votre document, le tiret semi cadratin une touche plus moderne. Le plus souvent on commence la liste par un symbole « : ». Dans ce cas on ne met pas de majuscule aux débuts des lignes, et on termine chaque ligne par « ; » sauf la dernière, par « . ».
Exemple. Parmi les ondes électromagnétiques, on distingue notamment :
– les rayons X ;
– les rayons gamma ;
– la lumière visible ;
– les infrarouges.
[NDLR : pour un commentaire plus détaillé, voir notre page spéciale énumération]

 

8.- Citer un article :
https://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/bisp/documents/Citer_un_article.pdf

On y lit
« Répétition du nom et du prénom de l'auteur. Dans les listes bibliographiques, on ne donne qu'une seule fois le nom et le prénom (abrégé) d'un auteur.
Pour les ouvrages subséquents, on met un tiret à la place du nom et du prénom, sans le faire suivre d'une virgule (car le tiret tient lieu de ponctuation). On écrira donc:
CHEVALIER, F., La philosophie arabe, Paris, Seuil, 1984.
- Le nominalisme cartésien, Paris, Fayard, 1986.
- Le monde chrétien au XVe siècle, Genève, Droz, 1988. »

9.- La présentation matérielle du mémoire A. Indications - Langues ... :
http://www.class.ulg.ac.be/enseignement/ressources/memoire_extrait.pdf

Ne traite de l'usage des tirets qu'en note de bas de page.

10.- Tfe ens - Haute Ecole de Bruxelles :
http://www.heb.be/documents/df_annexes/Tfe09-10_ENS.pdf

Nous refusons de commenter un fichier qui prétend défendre la typographie, mais qui :

 

 

 



Voir aussi :

et les caractères spéciaux avec "alt"... toujours utile... touche alt

caractère
capitale
À Â Ç È É Ê Ë Î Ï Ô Ù Û Ü
alt + 4 chiffr. 0192 0194 0199 0200 0201 0202 0203 0206 0207 0212 0217 0219 0220
alt + 3 chiffr. 183 182 128 212 144 210 211 215 216 226 235 234 154
 
caractère
bas d casse
à â ç è é ê ë î ï ô ù û ü
alt + 4 chiffr. 0224 0226 0231 0232 0233 0234 0235 0238 0239 0244 0249 0251 0252
alt + 3 chiffr. 133 131 135 138 130 136 137 140 139 147 151 150 129
 
caractère
autre
« » œ æ Œ Æ esp.
inséc.
"
alt + 4 chiffr. 0171 0187 0156 0230 0140 0198 0133 0160 0147 0148 0034 0145 0146
alt + 2 ou 3 chiffr. 174 175 339 145 338 146 / 255 / / 34 / /
 
caractère
autre
¡ ¿ ¼ ½ ¾ ± ñ Ñ . .
alt + 4 chiffr. 0150 0151 0161 0191 0188 0189 0190 0177 0241 0209 0128 0 0
alt + 2 ou 3 chiffr.     173 168 172 171 243 241 164 165 / / /

Si vous n'avez pas de pavé numérique sur un ordi portable,
il suffit d'appuyer sur les touches Fn et NumLK (Inser) en même temps,
et le pavé numérique sur les touches
7(7)   8(8)   9(9)   0(/)
U(4)   I(5)   O(6)   P(*)
  J(1) K(2)   L(3)   M(-)

  ?(0)           /(.)   §+(+)
(la dernière ligne est différente selon les claviers belges, français...)
sera activé
et les raccourcis Alt + code chiffré fonctionneront.

 

 

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