♦    Sommaire

 

♦     Huitième étape : le marché : royaume du consommateur et du producteur...

♦     Introduction, objectifs et mots-clefs

♦     La demande et l'offre : La détermination de l'équilibre du marché

♦     Le marché de concurrence pure et parfaite

♦     De la concurrence parfaite à la concurrence imparfaite

♦     Le fonctionnement de la concurrence imparfaite

♦     Le rôle des prix

♦     Les limites du marché dans la satisfaction des besoins

♦     La production non marchande dans les pays développés

♦     Le marché : une construction historique

♦     Marché, organisations et institutions

♦     L'extension du marché et sa critique

♦     À retenir...

♦     Exercices et travaux

♦     Évaluation des connaissances et savoir-faire

♦     Voir aussi...

♦     Ce que les programmes en disent...

♦     Table des matières

 

 

 

 

 

 

     ♦    Huitième étape : le marché : royaume du consommateur et du producteur...

 

Les acteurs et les rôles des agents économiques sont fixés.   Certains mots comme expansion, croissance, récession, stabilité des prix, inflation, compétitivité, échanges extérieurs, causent bien des soucis à nos ministres des Finances (nos grands argentiers), mais aussi aux ménages et aux entreprises.  L'économie pourrait-elle parvenir à un fonctionnement régulier ?  L'histoire commence par Mme Van Vlees qui rêve d'être la reine de l'économie.

 

  1. Mme Van Vlees fait son marché
  2. Mme Van Vlees rêve
  3. Mme Van Vlees devant la réalité
  4. L'entreprise "Pacher" maîtrise son marché
  5. De quelles ressources disposons-nous ?

 

 

 

I.    Mme Van Vlees fait son marché

 

 

I.           Tous les matins.  Mme Van Vlees fait son marché.  Aujourd'hui, elle a décidé d'acheter des pêches.  Une mauvaise surprise l'attend : chez son marchand habituel, les pêches valent 90 BEF le kilo.  Elle va voir chez d'autres fournisseurs, marchande le prix, menace d'aller chez le vendeur voisin où elle prétend que les prix sont inférieurs ou du moins qu'elle obtiendra un meilleur prix, rien n'y fait, les pêches sont à 90 BEF.  Or, elle ne voulait y consacrer au maximum que 60 BEF.  Elle décide de n'en acheter que 650 g.  Les enfants Van Vlees, qui adorent les pêches, ne seront pas très satisfaits, mais Mme Van Vlees doit répartir l'argent dont elle dispose entre toutes les dépenses qu'elle doit faire (pain, viande, fromage, légumes.  lait...) de telle manière que tous les besoins soient satisfaits au mieux.

 

Relisez ce texte et notez ce qu'a fait Mme Van Vlees..

 

II.         Lorsque le prix des pêches baissera, elle en achètera davantage ; par exemple, lorsque le prix tombera à 40 BEF, elle en achèterait 1 kg et demi, s'il tombe à 30 BEF, elle en achètera 2 kg et les enfants Van Vlees pourront, comme elle dit, s'en enlever l'envie".  Toutefois, est-il imaginable que si le prix des pêches tombe à 10 BEF, elle en achète 6 kg ?

 

III.       Par contre, certaines ménagères, qui disposent de moins d'argent que Mme Van Vlees et qui ne pouvaient acheter des pêches quand elles étaient à 90 BEF et même à 40 BEF, en achèteraient volontiers si les pêches valaient 30 BEF et, à plus forte raison, à 10 BEF.  Aussi plus le _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des pêches baisse, plus la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ augmente.  Si l'on essaye de noter, sur le marché de Mme Van Vlees (c-à-d par l'ensemble des ménages [et pas uniquement Mme Van Vlees] qui souhaiteraient manger des pêches), quelles sont les quantités demandées pour chaque niveau de prix, on obtient la statistique suivante :

 

Prix (Bef/kg)

90

78

65

52

40

30

10

Quantités demandées (kg)

200

300

400

800

1200

1700

2000

 

$$$ graphique

 

Reportez sur ce graphique les points représentant chacune des intentions d'achat des ménagères (l'ensemble) pour chaque prix.  En joignant les divers points, vous obtiendrez la courbe de la pêche sur le marché où achète Mme Van Vlees.

 

IV.       De quels facteurs dépend la forme de cette courbe ?

 

V.         Est-ce que toutes les demandes des divers biens offerts sur le marché varient aussi fortement lorsque les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des produits demandés baissent ou que le _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des acheteurs augmente? Oui- Non.   Citez un bien dont la demande varie peu actuellement lorsque son prix augmente ou baisse, ou encore lorsque le revenu des acheteurs augmente : le _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Citez par contre, un bien dont la demande augmenterait très fortement si son _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ baissait sensiblement ou si le _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des acheteurs augmentait très fortement : l' _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Lorsque la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ d'un produit varie très fortement en fonction du _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ou du _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, on dit que son élasticité au prix ou au revenu est forte.  Lorsque la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ d'un produit varie très faiblement ou pas du tout en fonction du _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ou du _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ on dit que son élasticité est _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ou _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VI.       Mais revenons aux achats de Mme Van Vlees.  Lorsque les pêches se vendent 10 BEF le kilo, la demande sur le marché où elle fait ses achats est de 2000 kilos.  Mais la plupart des producteurs de pêches n'ont pas intérêt à vendre à ce prix, car, compte tenu du coût des transports et de la marge des commerçants, et en supposant que celle-ci soit très réduite, il ne leur reste que 3 BEF par kilo !  À ce prix, le producteur de pêches ne couvre même pas le _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ du ramassage.  Il y aura cependant quelques caisses offertes, celles qui étaient déjà ramassées ou en magasin lorsque les prix ont été établis, à peine 200 kilos.  Au fur et à mesure que le prix de vente des pêches _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, plus de producteurs auront avantage à vendre des pêches ; d'abord ceux qui ont des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de production relativement faibles et qui font des bénéfices même si les prix sont bas ; puis les producteurs lointains qui couvrent leurs _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de transports seulement si le prix s'élève au-dessus de 37 BEF et progressivement, si le prix _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, des producteurs de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ nombreux enverront leurs pêches sur le marché où s'approvisionne Mme Van Vlees.  Par contre.  si le prix _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, ils seront de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ nombreux.

 

VII.     On peut donc constater, sur le marché où s'approvisionne Mme Van Vlees, que pour chaque prix des pêches il y a un niveau d'offre de la part des producteurs.  Tracez la courbe de l'offre des pêches.

$$$$$

COURBE DE L'OFFRE DES PÊCHES

 

 

 

VIII.   La courbe de l'offre des pêches dépend :

1    _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2    _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

3    _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Lorsqu'une offre varie fortement en fonction du prix, on dit qu'elle est très_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ au prix ; lorsqu'une offre varie peu quand le prix varie, on dit qu'elle est peu_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ au prix.

 

IX.       Reportez sur un graphique les variations de l'offre et de la demande de pêches.  Que se passe-t-il si le prix est de 40 BEF ?  Les producteurs offrent _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ kilos de pêches, mais il n'y en a que _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ kilos qui sont vendables au prix de 40 BEF.  Les commerçants et les producteurs essaient d'écouler chacun leur stock de pêches en offrant des prix plus_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, en se faisant_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Progressivement, les prix _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Du même coup, les arrivages de pêches se _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ plus rares, et lorsque les stocks sont presque  _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ , les prix remontent rapidement, ce qui provoque de nouvelles arrivées de pêches.  À quel niveau le prix des pêches aura-t-il tendance à se stabiliser ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _BEF.  Pourquoi ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   On dit qu'on atteint un prix d'équilibre.  Ce prix correspond à l'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ (ou au _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _) des courbes d'offre et de demande. 

 

 

i)                (1) elle regarde les prix affichés chez les divers vendeurs et marchande les prix : elle les met en concurrence                        (2) devant la hausse des prix, elle réduit ses intentions d'achat, elle n'achètera pas 1 kg, mais une livre et demie                        (3) elle répartit ses dépenses entre les divers achats qu'elle doit faire, afin que tous les besoins de la famille Van Vlees soient satisfaits le mieux possible.                             En résumé, Mme Van Vlees est dans ce cas une ménagère exemplaire

ii)               Non, car même en aimant beaucoup les pêches, les Durant ne parviendraient pas à les consommer avant qu'elles ne soient gâtées.  Elles profitera de la baisse du prix des pêches pour satisfaire mieux d'autres besoins notamment des besoins nouveaux

 

$$$$$ graphique

 

iii)              prix                         demande
voir graphe ci-dessus
demande

iv)              (1) de la réaction de la demande aux variations du prix des pêches       (2) de la réaction de la demande aux variations du revenu des acheteurs de pêches                           (3) et finalement, de la puissance du besoin, voire du désir que ressentent les acheteurs de consommer des pêches, c-à-d de l'utilité qu'ils attachent à la consommation des pêches par rapport aux autres consommations

v)               prix                         revenu                   non                        pneu             prix                         revenu                   l'automobile (ou l'alcool, hélas…), la télévision Stéréo Nicam                              demande                prix       revenu                   demande                prix                        revenu          faible                      nulle

vi)              coût                        s'élève                    coûts                      coûts             s'élèvent                  plus en plus                          baisse           moins en moins

vii)             
$$$$

viii)           (1) du prix des pêches,          (2) du coût de production (et du ramassage)                            (3) du coût des transports                    élastique       élastique                 consommation                      utilité                     de production et de transports…et bien sûr, la capacité de production

ix)              
$$$$
2 000 kilos                   1 200 kilos                            bas                concurrence                          baissent                 font               épuisés                    52,5 BEF                              parce qu'à ce niveau des prix, il y a égalité entre l'offre et la demande                     intersection (croisement)

 

 

relais

 

Sur les marchés de consommation, à chaque niveau de prix correspond un niveau différent de l'offre et de la demande.

Normalement, plus le prix est élevé, plus la demande est faible et l'offre forte.

Le niveau de la demande dépend tout à la fois de l'argent dont dispose les consommateurs, des besoins ressentis et de la satisfaction qu'ils pensent en retirer (dans notre exemple, les pêches) par rapport à la satisfaction que leur procurerait l'achat d'un autre bien, s'ils y affectaient l'argent qu'ils comptent consacrer à cet achat (par exemple, Mme Van Vlees se demande si ses enfants seront plus heureux de ne consommer qu'une livre et demie de pêches alors que, pour le même prix, elle pourrait leur apporter 2 kilos de pommes, qu'ils aiment moins que les pêches).  Ce sont des facteurs extrêmement subjectifs.

Quand la demande varie fortement, lorsque le prix ou le revenu dont on dispose varie, on dit que la demande est très élastique au prix ou revenu.  Dans le cas contraire, on dit que l'élasticité de la demande au prix ou au revenu est faible.

Le niveau de l'offre varie en fonction des coûts de production et de transport des produits.  Quand l'offre varie fortement lorsque le prix varie, on dit que l'offre est fortement élastique au prix ; si l'offre ne varie pas ou presque pas, on dit que l'élasticité de l'offre par rapport au prix est nulle ou faible.

Normalement sur un marché donné, où il y a concurrence entre les producteurs, l'offre et la demande tendent à se stabiliser autour d'un prix d'équilibre.  Ce prix est celui pour lequel les intentions d'achat des demandeurs et les intentions de ventes des offreurs sont égales ; il est situé à l'intersection des courbes d'offre et de demande.

 

 

 

test de progression

 

Voici les offres et les demandes de tomates sur le marché d'une petite ville :

 

Prix (Bef)

75

45

37,5

30

22,5

15

4,5

Quantité offerte (kg)

1000

990

980

950

900

850

800

Quantité demandée (kg)

100

300

500

700

900

1100

1300

 

 

1.    Faites la courbe des offres et des demandes.

2.    À quel niveau se situe le prix d'équilibre du marché ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _BEF

3.    Comment qualifiez-vous l'élasticité de l'offre par rapport aux prix ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

4.    Comment qualifiez-vous l'élasticité de la demande par rapport aux prix ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

$$$$solution  ? ?

COURBE DE LA DEMANDE ET DE L'OFFRE DES TOMATES

 

 

 

 

II. Mme Van Vlees rêve

 

I.           Après le repas de midi, la vaisselle faite, Mme Van Vlees se repose et rêve tout éveillée.  "Au fond, se dit-elle, lorsque je désire acheter davantage d'un produit et qu'en même temps que moi d'autres ménagères augmentent leur demande de ce produit, que se passe-t-il ?"  Dans un premier temps, avant qu'une plus grande quantité de ce produit apparaisse sur le marché, le prix du produit désiré _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, puisqu'il y a plus de demande que d'offre. 

 

II.         Si le prix d'un produit _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, comment réagissent les consommateurs ?  Ils _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ leur demande, car certains d'entre eux ne peuvent plus ou ne veulent plus acheter au nouveau prix.  Il y a un _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ immédiat entre l'offre et la demande, mais à un prix plus _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ qu'auparavant.

 

III.        Que signifie une hausse de prix pour les entrepreneurs ?  Qu'il y a, au niveau antérieur des prix, une _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, nécessitant un accroissement de la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Les variations de prix sont en quelque sorte les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ données par les consommateurs aux entrepreneurs quand ils désirent que la production soit _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

IV.       Ainsi, lorsque les prix augmentent, les entrepreneurs se forcent-ils à augmenter leur production, ce qui nécessite plus de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de production, de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ et de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Ils transmettent l'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ du consommateur :

1.    au marché des biens de production, en y achetant plus de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, plus d'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, plus de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ pour produire davantage ;

2.    aux institutions financières en leur _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ plus d'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ pour investir ;

3.    au marché du travail en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ les h_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de travail et en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des travailleurs supplémentaires.

Progressivement, l' _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ du consommateur est transmis par l'intermédiaire des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ à l'ensemble de l'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

V.         Au bout d'un certain temps, les entrepreneurs se présentent devant leurs "maîtres", les consommateurs, avec une production accrue.  Que se passe-t-il si les entrepreneurs ont mal interprété les ordres du consommateur en produisant plus de biens que n'en demandaient les consommateurs ?  En d'autres termes, s'il y a un excès de l'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ sur la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ?  Il y a _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ et _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des prix. 

 

VI.       La _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des prix a, comme la hausse des prix, une double conséquence :

1.    Dans l'immédiat :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

2.    Pour les entrepreneurs :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VII.     Les entrepreneurs transmettent ce nouvel ordre des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ au reste de l'économie, ils _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ leur production.  Les entrepreneurs dont les coûts de production sont supérieurs au nouveau prix ne font plus de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, mais des pertes, ils peuvent être acculés à la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Comment appelle-t-on les entreprises dont les coûts de production par suite de leur manque d'organisation et de modernisation sont si élevés qu'elles n'ont aucune marge de sécurité et sont au bord de la faillite ?  Les entreprises m_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VIII.   Progressivement, à travers une série d'adaptations successives de la production, nous arrivons à un _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ stable entre l'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ et la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   On aboutit alors à un prix d_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   En définitive, Mme Van Vlees, à qui nous avons prêté un rêve bien peu distrayant, a imaginé :

1.    que le m_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ assure, grâce au mécanisme des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, l'équilibre entre la production disponible et les revenus disponibles ;

2.    que les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, en faisant varier leur demande, règlent le fonctionnement du marché.

Les consommateurs seraient donc les maîtres du fonctionnement de l'économie : le client est toujours _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _!  Hélas, nous le verrons plus loin, ce n'est qu'un beau rêve !

 

 

i)                augmente

ii)               augmente                diminuent                              rééquilibre                   élevé

iii)              demande insatisfaite                             production                            ordres                              augmentée

iv)              biens                       travail                    capitaux                 ordre            (1) plus de matières premières, plus d'énergie, plus de machines            (2) empruntant plus d'argent                (3) allongeant les horaires de travail et en embauchant                            ordre                     entrepreneurs       l'économie

v)               offre                        demande                mévente                 baisse

vi)              baisse                     (1) dans l'immédiat, la demande augmente et il y a un rééquilibre entre l'offre et la demande, les produits invendus trouvent acheteurs                     (2) pour les entrepreneurs, la baisse des prix est le signe qu'ils ont trop produit.

vii)             consommateurs                      diminuent                              bénéfices (=profits)                      faillite                    marginales

viii)           équilibre                 offre                       demande                d'équilibre       marché                  prix                        consommateurs            roi(reine)

 

 

relais

 

Le rêve de Mme Van Vlees est, en fait, celui des économistes libéraux qui refusent l'intervention de l'État.  Ils furent très nombreux au XIXème siècle et sont fort rares aujourd'hui.  Ces économistes pensent qu'à travers le marché, les consommateurs, grâce au mécanisme des prix, transmettent leurs ordres aux entrepreneurs (vendeurs ou producteurs) qui ajustent alors la production aux désirs du consommateur, roi de l'économie.

 

Ces entrepreneurs (vendeurs ou producteurs) peuvent se tromper, mais à travers une série d'oscillations successives de la production, entraînant des hausses et des baisses de prix, il y a une égalisation de l'offre et de la demande, qui se prolongera tant qu'un élément de déséquilibre (innovation permettant une baisse de prix, arrivée de nouveaux consommateurs, changement dans les besoins, etc.) n'y mettra pas fin.  On aboutit, grâce au mécanisme des marchés à un prix d'équilibre stable.

 

Pour les libéraux, ce prix d'équilibre est le meilleur possible : à ce prix, aucun consommateur présent ne peut et ne veut acheter plus qu'il ne le fait, car les besoins sont satisfaits.  Aucune entreprise ne désire produire plus qu'elle ne le fait, car le profit est juste suffisant pour maintenir la production.  Les entrepreneurs (vendeurs ou producteurs)[1], ne faisant guère de profit, sont donc peu incités à accroître la production.  I1 n'y a plus de chômeurs, de matières premières ou de machines invendues, sinon le prix des salaires, des matières premières et des machines baisserait ; les entrepreneurs, voyant leurs coûts de production diminuer, seraient incités à produire plus, l'offre augmenterait et le prix du marché serait à nouveau déstabilisé.

 

Pour fonder ce raisonnement, les libéraux supposent que toutes les entreprises et les travailleurs se font une concurrence acharnée, que sitôt qu'une entreprise espère pouvoir vendre plus en baissant ses prix, elle le fait, que les travailleurs en chômage tenaient à avoir du travail en proposant des salaires plus bas, ce qui entraîne une baisse générale des salaires, qu'aucune entreprise n'est capable d'empêcher une baisse ou une hausse des prix, qu'il y a Concurrence Pure et Parfaite.

 

S'il y a concurrence pure et parfaite, les libéraux prétendent que l'État n'a aucun besoin d'intervenir dans l'économie et que, par une série d'automatismes, celle-ci évoluera spontanément vers un équilibre stable qui sera le meilleur possible.

 

L'État doit se contenter d'assurer la sécurité intérieure et extérieure, il ne doit être qu'un simple gendarme.

 

 

test de progression

 

Avec des flèches en pointillé, tracez le circuit des ordres des consommateurs voulant plus de produits.

 

 

 

 

 

III.  Mme Van Vlees devant la réalité

 

I.           Le rêve de Mme Van Vlees, en fait celui des libéraux, n'est qu'un beau rêve.  Que constatons-nous, en effet, lorsque les entrepreneurs réagissent à une hausse des prix ?  Tracez les conséquences de leurs réactions sur ce graphique.

$$$$

Conséquences :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

II.         Ainsi, lorsque la demande _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ à s'accroître, il y a de fortes chances pour que cet accroissement se _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, entraînant une nouvelle _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de la demande et ainsi de suite.

 

III.       Tracez maintenant les réactions des entrepreneurs à une baisse des prix.

$$$$

Conséquences :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

IV.       Ainsi, lorsque la demande _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ à diminuer, il y a de fortes chances pour que cette diminution se _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, entraînant une nouvelle _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de la demande et ainsi de suite.  Qu'il s'agisse des réactions des entrepreneurs à la hausse ou à la baisse des prix, les libéraux ont oublié les conséquences sur la demande elle-même de l'adaptation de la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ à la demande.  Livrée à elle-même, la machine économique ne tend pas à résorber _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ les déséquilibres mais à les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Dans le cas d'une expansion, l'amplification de la hausse des prix initiale sera encore plus forte si il n'existe pas de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ inemployée.  On appelle ce mouvement un mouvement cumulatif.

 

V.         Mais les désenchantements de Mme Van Vlees ne sont pas terminés pour autant.  Sa royauté est d'autant plus compromise que les entrepreneurs ne peuvent pas attendre docilement ses ordres.  En effet :

1.    que suppose l'investissement en capitaux fixes ? du _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ; il faut _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ longtemps à l'avance ce qu'on va produire, le _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ du marché n'est à ce moment là qu'un piètre indicateur des désirs des consommateurs.  Il faut ensuite a_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ pendant des années ;

2.    une partie importante de la demande sur les marchés est fonction non des achats des ménages, mais des achats des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Le comportement des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ n'est donc pas très indicatif pour les entreprises qui produisent en vue de ces marchés, il vaut mieux pour elles se référer au _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de l'État.

3.    dans le cas de besoins nouveaux, le comportement des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ est là encore d'un intérêt médiocre.

 

VI.       Les entrepreneurs d'aujourd'hui face aux aléas de l'économie, sont donc dans une situation fort inconfortable : le p_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ du marché n'est pas un bon indicateur ;   les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ sont d'autant plus grands que les sommes à investir sont de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ grandes.

 

VII.     Comment les entreprises ont-elles réagi pour couvrir ces risques ?

1.    en devenant de plus en plus _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ grâce à la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

2.    en s'e_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ entre elles ;

3.    en faisant _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ sur l'État pour obtenir des commandes ou des avantages fiscaux ;

4.    en faisant de la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ pour créer de nouveaux besoins et attirer les consommateurs sans avoir à _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ leurs _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

5.    en un mot, en tentant de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ à leur profit le fonctionnement de la machine économique, les entrepreneurs cherchent à devenir les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de l'économie.

 

VIII.   Grâce à leur action pour _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ l'économie, les entrepreneurs ont évité de subir la loi du _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ mais, du même coup, la belle ordonnance des libéraux a été totalement détruite.

 

 

i)                () les entrepreneurs demandent plus de crédits pour investir ; ils achètent plus de matières premières et de marchandises ; ils distribuent plus de salaires et cette augmentation des revenus est encore accrue par les profits nouveaux réalisés par les entreprises ;                      () les ménages dépensent plus d'agent, la demande augmente à nouveau ;   la demande augmentant à nouveau, les prix s'élèvent à nouveau et le processus d'expansion se poursuit.
$$$$$
Il n'y a pas tendance à une résorption progressive du déséquilibre, mais amplification du déséquilibre initial entre l'offre et la demande au sein du processus d'expansion générale.

ii)               commence                              poursuive                              augmentation

iii)              () les entrepreneurs demandent moins de crédits pour investir ; ils achètent moins de matières premières et de marchandises ; ils distribuent moins de salaires, il y a chômage et cette diminution des revenus est encore aggravée par les non-profits  réalisés par les entreprises ;                          () les ménages dépensent moins d'agent, la demande diminue à nouveau ;   la demande diminuant à nouveau, les prix baissent à nouveau et le processus de récession se poursuit.
$$$$$
Il n'y a pas tendance à une résorption progressive du déséquilibre, mais amplification du déséquilibre initial entre l'offre et la demande au sein du processus de récession générale.

iv)              commence                              prolonge                               réduction       production (de l'offre)                          automatiquement (spontanément)                            amplifier                capacité de production

v)               temps                      prévoir                   prix                        amortir         administrations                      consommateurs                     budget          consommateurs

vi)              prix                         risques                   plus en plus

vii)             grandes                  concentration                       entendant                     pression                  publicité                 baisser                   prix               maîtriser                 rois

viii)           maîtriser                 marché (ou du consommateur, dans l'optique libérale cela revient au même

 

 

relais

 

La théorie libérale repose, en fait, sur deux postulats :

 

1    le consommateur est le maître de l'économie ;

 

2    les adaptations successives de la production aux demandes du consommateur n'affectent pas les revenus monétaires de celui-ci.

 

Ces deux postulats sont erronés :

 

·      L'entrepreneur ne peut pas aujourd'hui attendre patiemment le verdict du marché, c'est-à-dire du consommateur.  Les investissements sont si importants que pour diminuer les risques il est amené à maîtriser l'économie en devenant de plus en plus puissant, en faisant de la publicité, en essayant d'avoir des commandes publiques, etc.

 

Par toute une série de moyens, il change la signification et le rôle du marché.  S'il n'agissait pas ainsi, il ne pourrait pas investir et il ferait courir des risques graves non seulement à son entreprise et à ses ouvriers, mais encore à l'ensemble de l'économie nationale.

 

·      Par ailleurs, les adaptations de la production à la demande tendent à provoquer des changements dans la demande elle-même.  Au lieu d'oscillations de l'offre et des prix autour d'un point d'équilibre, nous sommes en présence de mouvements cumulatifs d'expansion ou de récession qui tendent à perpétuer le mouvement initial.

 

Ainsi, il n'y a pas dans la réalité un réglage spontané et automatique de la machine économique qui permettrait à l'État de ne pas intervenir.

 

L'erreur des libéraux provient d'une transposition dans l'économie actuelle de théories valables pour l'industrie naissante de l'Angleterre du XVIIIème siècle.  À cette époque, l'industrie ne nécessitait pas des investissements aussi importants qu'aujourd'hui.  Les entreprises, beaucoup plus petites que de nos jours, n'avaient pas les moyens de dominer efficacement la vie économique.  Par ailleurs, l'industrie britannique travaillait essentiellement pour l'exportation et les groupes privilégiés anglais.  Les salariés, mal payés, n'étaient pas ses clients comme le sont aujourd'hui les salariés de l'industrie.  Lorsque le chômage s'accroissait, cela n'entraînait pas une baisse sensible de la demande des industries, et une hausse de salaires ne provoquait pas un accroissement de la demande de biens manufacturés.

 

La vérité d'hier est devenue l'erreur d'aujourd'hui.

 

 

test de progression

 

Examinons un mouvement cumulatif.

 

Supposons un investissement de 100 millions dans une industrie qui aboutit progressivement à une distribution de revenus (salaires, profits, intérêts) de 100 millions.

 

Supposons que les ménages épargnent 50% de leur revenu (cela simplifiera les calculs)!

 

Les ménages recevant 100 millions, épargnent donc 50 millions et en dépensent 50 qui vont aux entreprises et se transforment progressivement en revenus (salaires, profits, intérêts...).  Nous supposons qu'il y a toujours une capacité de production inutilisée suffisante.

 

Complétez le tableau suivant :

$$$$

Après le 8ème tour de circuit, quel sera le montant total des revenus distribués grâce à l'investissement initial ?

100 + 50 + _ _ _ _ _ _ _ + _ _ _ _ _ _ _ _ _ + _ _ _ _ _ _ _ _ _  + _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ + _ _ _ _ _ _ _ _ _ + _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ = _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

1.      L'effet cumulatif a donc pratiquement entraîné une _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ par deux de l'investissement initial.  On parle à ce propos d'effet de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2.     Que se serait-il passé s'il n'y avait pas eu de capacité de production inutilisée ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

 

 

 

 

IV.   L'entreprise "Pacher" maîtrise son marché

 

I.           Si vous vous rappelez l'histoire de l'entreprise Pacher, vous vous souvenez sans doute que pour survivre elle a dû accepter de devenir une filiale de la grande firme internationale Lipsphil.  Grâce à cette liaison, elle a pu trouver plus facilement de l'argent et résoudre le problème du _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de ses nouveaux investissements.  En effet, une grande entreprise a, d'une part, des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ propres plus importants et, d'autre part, lorsqu'elle demande un crédit, elle a plus de poids auprès des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, elle discute avec un pouvoir contractuel plus _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

II.         Mais ce n'est pas le seul avantage qu'a apporté à l'entreprise Pacher sa liaison avec la firme Lipsphil.  Quels sont les autres avantages ? Pensez notamment aux actions de cette firme moins imaginaire que la firme Lipsphil qu'est la grande firme internationale Philips.

1.    en ce qui concerne ses fournisseurs :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2.    en ce qui concerne son réseau commercial :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

3.    en ce qui concerne les acheteurs des postes Pacher :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

4.    en ce qui concerne les produits nouveaux :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

III.       Tout ce qu'une petite ou moyenne entreprise ne peut faire, une _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _le peut.  La maîtrise des marchés dont dépend l'entreprise et plus généralement de son environnement est le premier avantage de la c_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Cette c_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ n'est cependant pas le seul moyen pour une entreprise de maîtriser l'économie.  Elle peut aussi s'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ avec d'autres entreprises pour se répartir les tâches, avoir des services de recherche ou des réseaux de vente communs, éviter la baisse des prix, etc.

Elle peut, en outre, grâce à des relations, obtenir des contrats publics et des avantages fiscaux, en d'autres termes maîtriser l'économie grâce à une intervention de l'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ en sa faveur.  Toutes ces actions permettent d'atténuer, voire d'éviter les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ que  comportent la vie et la croissance d'une entreprise moderne.

 

IV.       En relisant les avantages que donne à la firme Pacher sa liaison avec la firme Lipsphil , essayez de découvrir des formes nouvelles de concurrence pratiquées par l'entreprise Pacher.

1.    à propos de son réseau commercial :

a)_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
 
b)_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2.    à propos des acheteurs _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

3.    à propos de la recherche _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

V.         Il y a encore d'autres formes de concurrence.

1.    Lorsqu'une firme qui vend des lessives baisse d'abord le prix de la lessive "Bersil", puis celui de la lessive "Umo" en relevant le prix de la lessive "Bersil", à quelle forme de concurrence se livre-t-elle ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2.    Lorsque la même firme met sa lessive dans des paquets luxueux, à quelle forme de concurrence se livre-t-elle ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

3.    Lorsqu'une firme de dentifrices lance un nouveau dentifrice rayé de rouge, à quelle forme de concurrence se livre-t-elle ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

4.    Lorsqu'une firme automobile lance un nouveau modèle qui diffère du précédent seulement part la gamme de couleurs et la forme du capot, à quelle forme de concurrence se livre-t-elle ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

5.    Quand un supermarché offre à ses clients la possibilité d'utiliser un parking gratuit, une garderie d'enfants, des escalators, des chariots pour transporter leurs achats jusqu'à leur voiture, à quelle forme de concurrence se livre-t-il ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

6.    Lorsqu'une grande firme industrielle offre à ses salariés des avantages sociaux (congés payés supplémentaires, salaires plus élevés) que ses concurrents ne pourront que difficilement accorder, à quelle forme de concurrence se livre-t-elle ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VI.       Quelles sont, parmi les nouvelles formes de concurrence que nous venons de citer, celles qui influent sur les prix ?  Concurrence pouvant aboutir à une baisse de prix_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _Concurrence risquant d'aboutir à une hausse des prix_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VII.     La concurrence actuelle n'exclut pas la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _des prix, mais, en fait, ses nouvelles formes aboutissent souvent à des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _de coûts de production qui freinent la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _des prix et risquent parfois d'entraîner des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de prix.  Cette atténuation de la concurrence par la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ est rendue possible par la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des marchés et de l'environnement économique par les entreprises dont la puissance (ou l'_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _) est telle qu'elles peuvent éviter, lorsqu'elles se font concurrence, de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ les prix, ce qui facilite les problèmes de prévision et d'amortissement.

 

VIII.   En fait, la concurrence par les prix existe surtout lorsque des entrepreneurs sont trop faibles pour pouvoir maîtriser leur marché et éviter des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ meurtrières.  Par contre, lorsqu'il n'y a plus qu'une seule entreprise dans une branche, c'est-à-dire lorsque cette entreprise_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ la production de cette branche, elle peut imposer n'importe quel _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _n'entraînant pas une diminution trop grave de la demande et lui permettant de réaliser de substantiels bénéfices.

 

IX.       Entre le _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ qui existe lorsque les entrepreneurs sont trop faibles pour imposer leur volonté (situation de concurrence parfaite), et le prix qui existe lorsqu'il n'y a plus qu'un producteur (_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ) , il y a toute une gamme de prix.  Ces prix expriment moins l'équilibre entre les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ offertes et demandées sur le marché que la capacité des producteurs à maîtriser le marché.  Le prix exprime aujourd'hui plus le résultat d'un rapport de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ que d'un équilibre de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

i)                financement                           fonds                      institutions financières       élevé

ii)               (1 fournisseurs) l'entreprise Pacher bénéficie du pouvoir contractuel de la firme Lipsphil qui, achetant en grande quantité, peut imposer des prix moins élévés à ses fournisseurs                  (2 réseau commercial) Pacher bénéficie de l'énorme organisation d'une firme internationale : à la place de quelques représentants, elle peut utiliser un quadrillage complet du territoire national et international, comprenant des commerçants ayant l'exclusivité de la firme Lipsphil et de ses filiales (Whirpool, Saba,…), ainsi que des services de réparations permettant de véritables services après-vente       (3 acheteurs) Pacher bénéficie de l'énorme effort de publicité de Lipsphil                (4 produits nouveaux) service de recherche de Lipsphil permet de suivre le progrès, voire de multiplier les innovations et les produits nouveaux (entrées et sorties numériques, réception parabolique, écrans digitaux plats…)

iii)              grande                    concentration                       concentration              étendre                   État                        risques

iv)              (1a. mise en place du réseau commercial) il ne distribue que les produits de la marque Lipsphil et couvre un territoire beaucoup plus vaste       (1b. service après-vente efficace) un acheteur aime toujours savoir qu'en cas de problème, son poste sera vite et bien réparé                      (2. par la publicité) elle conditionne le client en lui assurant que les produits Lipsphil (et donc Pacher) sont meilleurs et totalement différents des produits vendus par les autres marques                         (3. par l'innovation) elle permet de multiplier les produits nouveaux et les améliorations attractives ou encore de faire baisser les prix de revient

v)               (1) pseudo-concurrence qui attire successivement des consommateurs sur chacun des produits et incite à acheter le produit qui baisse (souvent, le prix normal est le plus bas)                    (2) concurrence par la présentation et l'emballage, qui donne du prestige même à un produit banal            (3) concurrence par l'innovation commerciale                   (4) concurrence par la mode                       (5) concurrence par adjonction de services qui s'ajoutent à son produit principal                 (6) concurrence par les avantages sociaux ; elle force les concurrents à payer des avantages à son personnel, au delà de ses possibilités financières ; les concurrents ne peuvent consacrer à l'investissement ou à la recherche les montants qu'ils doivent y consacrer, affaiblissent donc leur capacité de croissance et de résistance à la grande firme

vi)              (1. baisse) par l'innovation (production à moindre coût) ; pseudo-concurrence ; par l'innovation commerciale ; par des réseaux commerciaux mieux organisés, si cela n'accroît pas la marge du dépositaire, ni des présentations plus onéreuses                     (2. hausse) par l'innovation, si cela aboutit à des produits meilleurs mais plus chers ; par la publicité ; par l'adjonction de services complémentaires ; par des présentations prestigieuses ; par la mode (car changements dans la production) ; par les avantages sociaux ; cependant, si ces surcoûts permettent de vendre plus, ils pourront être amortis sur une plus grande quantité… et donc faire baisser les prix

vii)             baisse                     hausses                  baisse                    hausses         baisse des prix                       maîtrise                  entente          baisser

viii)           baisses de prix                       monopolise                           prix

ix)              prix                         monopole                              quantités                forces  quantités

 

 

relais

 

Pour éviter les conséquences désastreuses d'une erreur de prévision, les entreprises modernes tentent de maîtriser le marché et l'ensemble de leur environnement.  Nous retrouvons ici les phénomènes de concentration et d'entente d'entreprises que nous avons déjà eu l'occasion de rencontrer.

Si les entreprises tentent de maîtriser la production, la circulation et les échanges de biens, le prix ne sera plus le résultat de la simple confrontation des quantités offertes et demandées, mais l'expression du degré de domination exercé par une entreprise ou un groupe d'entreprises sur le marché des biens de consommation ou celui des biens de production.

Lorsqu'un producteur a éliminé tous ses concurrents et qu'il est devenu l'unique vendeur, il devient tout-puissant et le prix, fixé par le producteur en fonction de ses coûts existants et des bénéfices désirés, est un prix de monopole.

 

 

À l'opposé, si les entrepreneurs sont trop faibles pour exercer la moindre influence sur le marché, on retrouve une situation proche de celle de la théorie libérale, le prix est celui qui résulte d'une concurrence pure et parfaite.

Entre ces deux situations se trouve une multitude d'autres types de prix reflétant l'infinie variété des rapports de force.  Dans ces conditions, le prix et ses variations peuvent difficilement constituer un indicateur fidèle des besoins de consommation.

Cela ne signifie nullement que la concurrence a disparu, elle prend de nouvelles formes (concurrence de la publicité, de l'innovation technique ou commerciale, des services adjoints, de la politique sociale, etc.).  Or, la plupart de ces nouvelles formes, contrairement à la concurrence classique, risque d'entraîner des hausses de prix.

 

 

 

test de progression

 

Supposons un marché, celui de l'automobile, où il n'existe que quatre firmes.  Chaque firme pourrait, en baissant ses prix sur un de ses modèles, s'emparer du marché de la firme sortant un modèle identique, mais les deux autres firmes pourraient alors s'unir pour l'attaquer et, éventuellement, lui causer des pertes irréparables.

 

1.    Une firme a-t-elle avantage à se lancer dans une concurrence par les prix ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2.    Quelles sont les formes de concurrence qui peuvent se substituer à la concurrence par les prix ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

3.    Comment chaque firme doit-elle maintenir son potentiel d'attaque et de riposte ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

 

V. De quelles ressources disposons-nous ?

 

I.           Tentons maintenant une récapitulation de ce qui est offert et demandé sur le marché belge au cours d'une année.

 

Offres des divers agents économiques :

= Production de biens de c_ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

= Production de biens de production destinés à être i_ _ _ _ _ _ _  dans la production de l'année ;

= Production de biens de production destinés à servir dans une production f_ _ _ _ _ ;

= Production de biens pour les ad_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

= Utilisation des _ _ _ _ _ _ _ constitués pendant les périodes précédentes ;

= Im_ _ _ _ _ _ _ _

 

Demandes des divers agents économiques :

= Consommation des _ _ _ _ _ _ _ _ _ et des _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

= Demande des entreprises en biens de _ _ _ _ _ _ _ _ intégrés dans la production de l'année ;

= Investissements en capitaux fixes des _ _ _ _ _ _ _ _ et des _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

= Constitution de _ _ _ _ _ _ _ en vue d'une _ _ _ _ _ _ _ _ _ future ;

= Ex_ _ _ _ _ _ _ _

 

II.         Ce tableau peut être simplifié en ne tenant pas compte des biens _ _ _ _ _ _ _ _ _ qui disparaissent au cours du _ _ _ _ _ _ _ _ _ de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de l'année et dont le prix est nécessairement inclus dans le prix des autres productions.  En effet, les entreprises les intègrent normalement dans les prix des biens qu'elles produisent.

 

III.       L'exclusion des biens i_ _ _ _ _ _ _ _ permet de mieux calculer le volume de la production.  En effet, avant cette opération, il arrive que l'on compte deux fois certains biens.  Illustrons ces doubles comptes par un exemple.

 

Une fermière a une poule, laquelle a pondu douze oeufs qui sont devenus douze poussins.  Puis, les poussins sont devenus des poulets qu'elle a vendus.

 

Doit-on dire que la production a été de douze _ _ _ _ _ _ _ _, douze _ _ _ _ _ _ _ _ _ et douze _ _ _ _ _ _ _ _ _  ou, plus justement, que la production de l'élevage de la fermière s'élève à douze _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ?

 

La production ne comprend donc pas les biens _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ dans le processus de production au cours de l'année où elle est réalisée.

 

IV.       Par ailleurs, on peut regrouper les opérations de stockage et de déstockage en _ _ _ _ _ _ _ _ _ des stocks.

 

Si les achats pour des stocks au cours de la période de production qui nous intéresse ont été plus importants que l'utilisation que l'on a faite des stocks accumulés lors des périodes précédentes, on doit considérer qu'il y a _ _ _ _ _ _ _ _ _ des stocks et, dans le cas contraire, _ _ _ _ _ _ _ _ _ des stocks.

 

V.         On obtient ainsi :

 

ressources :

= la production des _ _ _ _ _ _ _ _ _ et _ _ _ _ _ _ _ _  et réalisée par les entreprises,

= les i_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

L'ensemble représente les ressources disponibles.

 

emplois :

= la consommation des m_ _ _ _ _ _ et des a_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

= les inv_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

= les variations de stock ; elles peuvent être soit _ _ _ _ _ _ _ _, soit _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;

= les e_ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

L'ensemble représente les emplois.

 

VI.       Comme il y a par définition _ _ _ _ _ _ _ _ entre les emplois et les ressources, plus le volume des ressources disponibles est important, plus on peut satisfaire les _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ des agents économiques.

 

En économie, le premier problème qui se pose est de savoir si la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ peut être accrue et si nous pouvons, grâce à un accroissement des ventes à l'_ _ _ _ _ _ _ , augmenter nos _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VII.     Mais cette augmentation ne va pas sans aléas :

-- on peut ne pas parvenir à accroître la _ _ _ _ _ _ _ _ ;

-- parfois, si l'on réalise une création de _ _ _ _ _ _ _ _ trop importante, les _ _ _ _ _ _ _ _ économiques peuvent posséder trop de monnaie pour acquérir la production offerte.  Dans ce cas, il risque d'y avoir _ _ _ _ _ _ _ _ des prix ;

-- parfois les agents économiques risquent de ne pas posséder assez de monnaie.  Il peut y avoir alors _ _ _ _ _ _ _ et celle-ci peut engendrer du _ _ _ _ _ _ _ _ pour les travailleurs ;

 

Lorsqu'il y a trop ou pas assez de _ _ _ _ _ _ _ _, il y a d_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ entre les offres et les demandes et la manière dont sera établie l'_ _ _ _ _ _ _ _ entre les ressources et les emplois en sera profondément affectée.

 

 

i)                consommation                       intégrés                  future                     administrations                stocks                     importations                         ménages                           administrations                     biens intermédiaires (ou de production)                      entreprises                            administrations                             stocks                     production                            exportations

ii)                intermédiaires                                      processus de production

iii)               intermédiaires                       douze oeufs                           douze poussins                douze poulets                        douze poulets         intermédiaires

iv)               variations                                            augmentation                               diminution

v)                biens et services                                   importations                         ménages                           administrations                     investissements            augmentations                       diminutions                           exportations

vi)               égalité (équilibre)  demandes (désirs, besoins)                  production       étranger                 importations

vii)              production             monnaie                                agents                           hausse                   mévente                 chômage monnaie                 déséquilibre                                    égalité

 

 

 

relais

 

Dans une économie, il y a un certain nombre de ressources qui peuvent être réparties en divers emplois possibles.  Le tableau des emplois et ressources résume cette répartition.

Les ressources disponibles représentent la masse maximale de biens et de services à partager entre les emplois possibles.  On peut tout au plus utiliser des stocks antérieurs.  Il est possible que certains agents économiques désirent pour leurs emplois plus de ressources ; ainsi, les ménages peuvent souhaiter une consommation plus importante ; mais, les ressources étant insuffisantes, ils doivent se contenter d'une consommation moindre.  Si, par contre, les ressources sont trop abondantes, cela peut se traduire par un gonflement des stocks d'invendus.  Comme il s'agit des mêmes biens qui se trouvent en emplois et en ressources, ce tableau est fatalement équilibré.

 

Le bon fonctionnement d'une économie pose donc de multiples problèmes : l'un d'eux est de savoir si les ressources et plus spécialement la production s'accroîtront ; y aura-t-il toujours plus de biens destinés à satisfaire les besoins légitimement croissants des agents économiques et tout spécialement ceux des ménages ? En d'autres termes, y aura-t-il croissance économique ?

 

Cette croissance économique, si délicate à réaliser, peut être déséquilibrée si les agents économiques ont trop ou pas suffisamment de monnaie.

 

NB : Dans le tableau ci-contre, nous avons fait intervenir divers éléments que nous avions négligés dans une première approche : d'une part, les consommations et les investissements des institutions financières, que ne peuvent être assimilées aux autres entreprises par suite du rôle particulier qu'elles assument.

D'autre part, les investissements en logements que l'on peut assimiler dans une première approche aux investissements des entreprises puisqu'un logement est considéré comme une entreprise (cf.  $$$$), mais qui cependant gagnent à en être distingués.  Comme ces investissements sont le plus souvent réalisés par des ménages, on parle parfois à ce propos d'investissements des ménages.

 

$$$$ voir Wauthy p240

 

TABLEAU DES EMPLOIS RESSOURCE

DE L'ÉCONOMIE FRANÇAISE EN 1972 (en

 

Ressources

 

Production intérieure brute

I importations

Total

 

Emplois

 

Consommation

dont

--ménages

--administrations

-- institutions financières

Formation brute du capital fixe

dont

--entreprises

--ménages

--administrations

--institutions financières

Variation des stocks

Exportations

r°ta I

 

 

 

test de progression

 

À ce point de découverte de l'économie, tracez sur le feuillet situé en fin de l'étape 1, le schéma de l'économie et coloriez le.

Faites le avec soin.  Il doit souvent vous rendre service.  Dans ce but, nous y avons placé un certain nombre de points de repère.  Faites en bon usage.

 

 

jaune : les agents et l'étranger
bleu pâle : flux de revenus
rouge : flux de biens
violet : impôts et cotisations sociales
vert : flux de demandes
bleu marine : les autres flux

 

N O T I O N S    A C Q U I S E S

concurrence
concurrence pure et parfaite
courbe de demande
courbe d'offre

élasticité de la demande
élasticité de l'offre
entreprise marginale
formes de concurrence
libéraux
monopole
mouvement cumulatif
multiplicateur
prix d'équilibre

 

 

 

 

                                                I N F O R M A T I O N S

C O M P L E M E N T A I R E S

 

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    Introduction, objectifs et mots-clefs

 

Le marché est un lieu de rencontre d'une demande et d'une offre de biens et de services économiques.  Généralement, l'échange s'effectue sur le marché au moyen d'un bien particulier, la monnaie, qui possède trois fonctions de base : unité de compte, réserve de valeur, intermédiaire des échanges.  Ainsi, par l'intermédiaire de la monnaie, le marché fixe un prix permettant d'équilibrer l'offre et la demande du bien ou du service concerné.

 

Pour y voir plus clair dans une situation complexe où s'enchevêtrent de multiples phénomènes, il faut d'abord en faire une description simplifiée.  Les économistes parlent de "modèles" pour désigner ces représentations simplifiées de la réalité.  La seconde section de ce chapitre va décrire le fonctionnement des marchés à partir du modèle dit de concurrence pure et parfaite, sorte de marché "idéal" qui fait abstraction de bien des aspects concrets des échanges réels.

 

Comment le prix équilibre-t-il l'offre et la demande ?  Qu'est-ce que l'élasticité-prix ?  Quelle est la "Loi de l'offre et de la demande" ?  Quels sont les coûts de production ?  Coûts fixes, coûts variables, coût total, coûts unitaires, coûts moyens, coût marginal ?  Quel est l'optimum de production de l'entreprise ?  Que sont les économies d'échelle ?  Comment fonctionne un marché de concurrence pure et parfaite ?

 

L'étude d'un modèle de marché reposant sur des hypothèses peu réalistes est peu satisfaisante.  II nous faut maintenant concevoir le marché à partir d'un autre modèle plus réaliste : celui de la concurrence imparfaite.  La prise en compte de nouvelles hypothèses nous conduit à étudier le fonctionnement de la concurrence imparfaite (monopole et oligopole).  Le caractère imparfait de la plupart des marchés nous amène à réexaminer le rôle des prix.  Nous en étudierons les variations de prix et quantités, les prix administrés, la rigidité et la flexibilité des prix, la filière inversée, etc...  Au terme de ces analyses, il importe de savoir dans quelle mesure les mécanismes de marché permettent de satisfaire les besoins humains, mais en créent aussi, comment on ne répond qu'aux besoins solvables ; quelles sont les injustices et exclusions du marché.

 

Parce que le marché ne peut répondre à tous les besoins, une économie non marchande (économie domestique, production des administrations) joue un rôle important dans les sociétés développées contemporaines.

$$$$

Après avoir étudié le marché et ses modèles, ses mécanismes et ses limites, nous le replacerons ensuite dans une autre perspective.  Nous aborderons la construction historique des marchés et échanges (y compris les relations entre le marché et le capitalisme), les rapports unissant le marché à divers types d'organisations et institutions spécifiques et une analyse critique de l'extension du marché et de sa logique marchande.

 

Il faut, en règle générale, s'affranchir de l'idée que le marché se construit et se régule spontanément : des organisations spécifiques son nécessaires à son bon fonctionnement.  Ces organisations et institutions, liées au marché, entretiennent avec lui des rapports complexes.  L'extension du marché pose des problèmes sociaux, moraux et politiques.  Certains y voient un progrès à la mesure du désencastrement qu'il implique ; d'autres y voient un danger.

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    La demande et l'offre : La détermination de l'équilibre du marché

 

  1. La relation entre la demande et le prix
  2. La relation entre l'offre et la demande
  3. L'équilibre de l'offre et de la demande
  4. La transaction commerciale, de la demande de prix à la facture
  5. Quelques pistes méthodologiques

 

 

 

I.    La relation entre la demande et le prix

 

  1. Qu'est ce que la demande ?
  2. La demande est fonction du prix d'achat

 

A.             Qu'est ce que la demande ?

 

Tous les agents (entreprises, ménages, administrations) ont besoin de biens et de services qu'ils ne produisent pas eux mêmes.  C'est ainsi que les ménages achètent des biens de consommation et des services à des entreprises.  Les entreprises, quant à elles, achètent à d'autres entreprises spécialisées des biens d'équipement et des consommations intermédiaires (matières premières, énergie, services divers).  Les administrations se procurent également auprès des entreprises les biens et les services dont elles ont besoin.  Dans tous ces cas, ces agents expriment une demande de produits.

 

Demande : quantité d'un bien qu'un agent désire acquérir à un prix donné.

 

À chaque instant, l'économie d'un pays est ainsi traversée d'une myriade de demandes émanant de la multitude d'agents qui la composent et portant sur une infinie variété de biens et de services.  Nous étudierons d'abord la demande d'un seul produit exprimée par un seul agent (une personne ou un ménage) pour nous intéresser ensuite à l'ensemble des demandes de ce même produit émanant de tous les agents présents dans l'économie.

 

B.              La demande est fonction du prix d'achat

La demande d'un produit par un agent // La demande d'un produit par l'ensemble des agents // L'élasticité de la demande par rapport au prix

 

1.              La demande d'un produit par un agent

 

Supposons que Pierre désire acheter des pommes.  Plus les pommes seront chères, moins Pierre pourra en acheter, car son budget est limité : comme tout agent économique, il est soumis à une contrainte budgétaire.  Les quantités demandées par Pierre en fonction du prix des pommes sont les suivantes :

 

prix (en BEF)

10

20

30

40

50

60

quantités (en kilos)

5

4

3

2

1

0

 

La figure ci après représente, en fonction du prix du kilo, la demande de pommes émanant de Pierre.  On peut y lire, par exemple, que, prix de 4 F/kg, Pierre serait disposé à acheter 2 kg de pommes.  Par convention, contrairement à l'usage mathématique, la fonction (la quantité demandée) est en abscisse et la variable de prix du kilo est en ordonnée.

$$$$

 

 

2.              La demande d'un produit par l'ensemble des agents

 

Agnès aussi aime les pommes, mais elle ne dispose pas du même budget et n'exprime pas sa préférence pour les pommes de la même manière que Pierre.  Le tableau suivant rassemble les demandes de chacun.  Dans sa dernière colonne, il fait la somme des demandes individuelles de Pierre et d'Agnès, somme qui constitue la demande agrégée de pommes.  La représentation graphique de la demande de Pierre, de celle d'Agnès et de leur demande agrégée est la suivante :

 

$$$$

 

Cette description de la demande de pommes correspond à une donnée empirique fréquente ; elle tend à montrer que les acheteurs réagissent tous de la même manière : ils diminuent leurs achats quand le prix augmente et, inversement, achètent davantage quand le prix baisse.

 

En règle générale, la demande d'un produit est une fonction décroissante de son prix.

 

3.              L'élasticité de la demande par rapport au prix

 

Soit deux grandeurs X et Y mesurant deux variables, comme le prix d'un produit et sa demande.  L'élasticité de X par rapport à Y mesure comment la grandeur X réagit à une variation de Y.  L'élasticité relie donc le taux de variation de X à celui de Y.

 

Élasticité (cas général) : on appelle élasticité de X par rapport à Y le quotient de la variation relative de X par la variation relative de Y.  On peut aussi l'exprimer comme le rapport des taux de variation de X et de Y.

 

ex/y  = taux de variation de X

               taux de variation de Y

 

L'élasticité se calcule de la manière suivante : Supposons que X passe de X0 à X1, et Y de Y0 à Y1

 

·            la variation absolue dX de X est :                    dX = X1  X0,

·            la variation relative de X est :                                         (X1  X0 ) / X0  ,                         notée :  dX/X

 

·            la variation absolue dY de Y est :                    dY = Y1  Y0,

·            la variation relative de X est :                                         (Y1  Y0 ) / Y0  ,                         notée :  dY/Y

 

L'élasticité de X par rapport à Y est donc :   

 

Le signe et la valeur absolue de l'élasticité nous permettent de mesurer le sens et l'ampleur de la réaction de X à la variation de Y.  Signification du signe et de la valeur de l'élasticité :

·      e>0   :             X et Y varient dans le même sens

·      e<0   :             X et Y varient en sens contraire

·      e=0   :             X est inélastique ou rigide par rapport à Y

·      0<|e| < 1         X est peu élastique ou assez rigide par rapport à Y

·      |e| = 1              égalité des variations de X et de Y

·      |e| > 1              X est élastique par rapport à Y

 

Revenons à la courbe de demande agrégée de pommes qui synthétise les demandes individuelles.

$$$$

 

De quel pourcentage la demande baisse-t-elle quand le prix passe de 30 à 40 francs, c'est-à-dire quelle est, sur la portion AB de courbe, l'élasticité de la demande de produit par rapport au prix ?  Soit D la quantité demandée au prix p et dD la variation de la demande correspondant à la variation dp du prix.  Nous obtenons l'élasticité de la demande par port au prix eP , en calculant :

 

 

Cela signifie que, lorsque le prix augmente de 33 %, la demande baisse de 40 %, c'est à dire 1,2 fois plus que le prix n'augmente.

 

Faisons le même calcul entre C et D.  Le prix augmente de 100 % (de 10 à 20 francs), ce qui provoque une baisse de 41,6 % de la demande.  L'élasticité est donc de  0,416/1, soit  0,4 environ.  Dans ce cas la variation relative de la demande est plus faible que celle du prix : l'élasticité prix de la demande est toujours négative, mais la réponse de la demande à la hausse du prix est devenue assez rigide.

 

L'élasticité de la demande par rapport au prix est généralement négative.  Le signe  que nous retrouvons constamment est la preuve de la "normalité" de la demande de pommes : les consommateurs, Pierre et Agnès, achètent moins de fruits quand leur prix augmente.

 

Cependant, l'élasticité peut être positive dans trois cas dits "anormaux" :

   lorsque se produit un phénomène de snobisme attaché à certains biens, de luxe notamment : la demande augmente quand le prix devient plus élevé (ex.  : certains parfums, bijoux, objets d'art) ;

   dans le cas de biens remplacés par des biens plus appréciés vers lesquels se porte la demande (par exemple, le beurre remplace la margarine bien que le prix de cette dernière baisse) ;

   lorsqu'un produit fait l'objet d'une spéculation soit à la hausse (quand le prix augmente, la demande augmente car les acheteurs craignent une hausse encore plus (forte) soit à la baisse (les agents attendent une baisse plus forte pour acheter, si bien que les prix ont beau baisser, cela n'empêche pas, pendant un temps, la chute de la demande).  Exemples : actions à la Bourse, tableaux de maître, biens immobiliers.

Dans tous ces cas, variation des prix et variation de la demande sont de même signe, l'élasticité est donc positive.

 

$$$$$

 

Nous observons aussi, dans le cas de la demande de pommes, que l'élasticité de la demande par rapport au prix varie tout au long de la courbe de demande ; autrement dit, elle est différente pour chaque niveau de prix.  La demande est très élastique pour un prix passant de 30 à 40 francs, et relativement peu élastique lorsque le prix passe de 10 à 20 francs.

 

C'est le cas le plus fréquent.  Cependant trois types de courbes ont une élasticité constante :

·      l'hyperbole équilatère a une élasticité de  1, la demande baisse toujours du même pourcentage que l'augmentation du prix ;

·      la droite horizontale a une élasticité infinie : la demande à un prix donné peut prendre n'importe quelle valeur ;

·      la droite verticale : quel que soit le prix, la demande reste la même, elle est totalement inélastique.

 

 

 

II. La relation entre l'offre et la demande

 

A. Qu'est ce que l'offre ?
B. L'offre, fonction du prix de vente

 

A.             Qu'est ce que l'offre ?

 

L'offre est la contrepartie de la demande lors de l'échange : le produit est offert contre de la monnaie.

Sur les différents marchés (pour le cas des marchés de capitaux, voir l'étape 6, et pour l'économie non marchande, voir l'étape 8, les offreurs sont les ménages et les entreprises, auxquels on ajoutera l'État.  Les ménages offrent du travail, de l'épargne, des services de logement.  Les entreprises offrent essentiellement des biens et des services marchands.  L'État offre des services non marchands (enseignement, sécurité,…)

 

Comme dans l'étude de la demande, et pour les mêmes raisons de simplification, abstraction sera faite, dans un premier temps, de la nature concrète et de la diversité des offres, pour ne considérer qu'une offre abstraite de produits, réduite à ses éléments fondamentaux : la quantité des produits offerts et leur prix.

 

Offre : quantité d'un bien qu'un agent désire vendre sur le marché à un prix donné.

 

B.              L'offre, fonction du prix de vente

L'offre d'un produit par un producteur // L'offre d'un produit par l'ensemble des producteurs // L'élasticité de l'offre par rapport au prix

 

1.              L'offre d'un produit par un producteur

 

L'offre est normalement une fonction croissante du prix.  En effet, plus le prix d'un produit est élevé, plus, pour un coût de production donné, il est intéressant pour un producteur d'en vendre : son bénéfice croît.

 

En reprenant l'exemple des pommes, un producteur doit normalement offrir su le marché d'autant plus de pommes que le prix du kilo est plus élevé.  Ainsi Philippe arboriculteur, offre les quantités suivantes en fonction du prix :

 

prix (en BEF)

10

20

30

40

50

60

quantités (en kilos)

1

2

3

4

5

6

 

La courbe d'offre exprimée en fonction du prix a donc la forme suivante :

$$$$$

 

2.              L'offre d'un produit par l'ensemble des producteurs

 

Il est possible de passer des courbes d'offre individuelles à la courbe d'offre agrégée par le même processus étudié ci dessus pour la demande.  Soient deux producteurs Philippe et Annie dont les offres exprimées en fonction des prix sont les suivantes :

 

$$$$

 

Les courbes représentatives sont les suivantes :

 

 

3.              L'élasticité de l'offre par rapport au prix

 

Si O est la quantité offerte, dO la variation de cette quantité entre deux points de la courbe, P le prix initial et DP, la variation de prix, l'élasticité de l'offre par rapport au prix eO, se définit ainsi :

 

 

$$$$$

 

La courbe d'offre étant normalement croissante quand le prix de vente augmente, l'élasticité de l'offre par rapport au prix est généralement positive : eO > 0.  En règle générale, l'élasticité de l'offre par rapport au prix n'est pas constante et varie avec les prix de vente.  Par exemple sur notre courbe d'offre de pommes :

 entre 1 et 2 francs, l'élasticité est de +1 : l'offre augmente au même rythme que le prix ;

 en revanche, quand le prix passe de 40 à 50 francs, l'élasticité n'est que de 0,85.

Cependant, on rencontre des courbes d'offre à élasticité constante.  Si 0 < e < 1, l'offre est peu élastique par rapport au prix ;   si e >> + 1, l'offre est très élastique.

 

La valeur de l'élasticité de l'offre dépend de plusieurs facteurs :

·      si les stocks sont importants, les entreprises peuvent augmenter facilement leur offre quand le prix augmente ;

·      de même si l'entreprise dispose d'une capacité de production inutilisée, elle pourra rapidement mobiliser ses facteurs de production (travail et capital) et profiter de la hausse des prix ;

·      inversement, l'offre est rigide si l'entreprise n'a pas de stocks et tourne à pleine capacité.

 

Comme dans le cas de la demande, nous pouvons avoir des élasticités "anormales" de l'offre, c'est à dire négatives : l'offre augmente alors que le prix baisse, ou l'offre diminue alors que le prix augmente.

   L'offre peut augmenter quand le prix baisse, lorsque les producteurs cherchent à maintenir leur recette totale malgré la baisse des prix.  Exemple : à la suite d'une baisse des prix agricoles, les agriculteurs vont tenter de vendre des quantités plus importantes, afin de maintenir leur revenu au même niveau.

   L'offre peut diminuer alors que les prix augmentent, par exemple, lorsque les producteurs, qui anticipent une hausse prolongée des prix, stockent leurs produits pour bénéficier de plus values ultérieures.  Exemple : dans les pays de l'Est, touchés par l'hyperinflation, les entreprises stockent et aggravent la pénurie.

 

 

 

III.    L'équilibre de l'offre et de la demande

 

A. La détermination de l'équilibre du marché
B. Quantités échangées et prix d'équilibre
C. Cet équilibre est stable : si le prix s'écarte de son niveau d'équilibre, il tend à y revenir automatiquement
D. Équilibre stable mais interactif et complexe

 

Idée méthodologique de Stefano Chiaramonte (promo  ?) : Je demande aux élèves de se rendre au supermarché, à l' hypermarché, à l'épicerie et au marché de leur ville, afin d'observer les prix au kilo des pommes, des bananes, des pommes de terre et d'autres aliments et de noter le prix.

 

Normalement, selon que ce soit au supermarché, à l'épicerie du coin ou au marché, les prix de ces aliments seront différents.

 

Il s'agira alors de voir pourquoi les prix sont différents et les différents facteurs pouvant influencer le prix dont notamment l'offre et la demande.

 

Ce petit exercice de recherche sera fait avant d'aborder le chapitre concernant l'offre et la demande et pourra servir de phase de motivation.

 

 

 

 

A.             La détermination de l'équilibre du marché

 

La courbe de demande et la courbe d'offre "normales" étant respectivement décroissante et croissante en fonction du prix peuvent avoir un point d'intersection E où les quantités demandées et offertes sont égales à QO, pour un prix PO.  Sur notre marché des pommes, nous trouvons facilement ce point d'équilibre : au prix de 3 francs par kilo les demandes de Pierre et d'Agnès et les offres de Philippe et d'Annie s'équilibrent ; 5 kilogrammes seront échangés contre une somme globale de 150 francs.

 

Dans la représentation graphique des fonctions d'offre et de demande, le prix d'équilibre est obtenu par l'intersection des deux courbes.

 

$$$$$

 

B.              Quantités échangées et prix d'équilibre

 

Sur le marché d'un produit donné, le prix d'équilibre est celui qui permet l'égalité entre les quantités offertes et demandées.

Si les producteurs acceptent le prix d'équilibre, ils peuvent vendre la totalité de leur production.  De même, la demande de tous les acheteurs, qui sont prêts à payer ce prix, est satisfaite.

Du côté des offreurs, il n'y a donc ni surproduction ni sous production.  Symétriquement, du côté des acheteurs, il ne peut y avoir de sous ni de surconsommation.  Le marché est parfaitement équilibré.

 

C.             Cet équilibre est stable : si le prix s'écarte de son niveau d'équilibre, il tend à y revenir automatiquement

Le prix varie à court terme // À plus long terme, si la fonction de demande se modifie, l'offre s'y adapte

Cette situation du marché est dite d'équilibre pour une raison supplémentaire : si le marché s'en éloigne, il a tendance à y revenir sous l'effet de forces de rappel automatiques.

 

1.              Le prix varie à court terme

 

Les courbes d'offre et de demande restent inchangées, mais nous supposons qu'une perturbation quelconque (une période d'intempérie, par exemple) a pour effet d'augmenter temporairement le prix à un niveau P' supérieur au prix d'équilibre Pe.

$$$$$

 

Pour ce prix, les acheteurs réduisent leur demande de Qe à Q'D.  Constatant ce prix, les producteurs ont alors intérêt à augmenter leur offre de Qe à Q'O, (par exemple ils déstockent).  L'offre devient alors supérieure à la demande (Q', > Q',).  À la pénurie accidentelle initiale succède une situation de surproduction (représentée par la zone I) et les producteurs ne parviennent pas à vendre la quantité Q'O  Q'D ; ils vont donc réduire leur prix jusqu'à Pe

Inversement, si le prix du marché est inférieur au prix d'équilibre (P" < Pe), il y aura une insuffisance de la quantité offerte (Q"O) par rapport à la quantité demandée (Q"D), face à cet excès de demande (Q"D Q"D), les producteurs pourront sans difficulté augmenter le prix, qui remontera à Pe.

 

On retrouve ici la "loi de l'offre et de la demande" : si l'offre est supérieure à la demande, le prix baisse ; si la demande est supérieure à l'offre, le prix augmente.  Cette "loi" exprime comment les variations du prix ont un rôle régulateur (voir la définition de régulation à l'étape 9) en permettant un retour automatique à l'équilibre de l'offre et de la demande.

 

2.              À plus long terme, si la fonction de demande se modifie, l'offre s'y adapte

 

Supposons par  exemple, que pour une raison quelconque (changement de goût des consommateurs, accroissement de leur revenu,...) la demande augmente.  Cela signifie que, par rapport à la situation précédente, les consommateurs sont prêts à acheter une quantité supérieure au même prix, ou, ce qui revient au même, à payer plus cher pour une même quantité de produit.  Graphiquement, on obtient ainsi un nouveau prix d'équilibre P'e supérieur à Pe.

Si le prix r équilibre augmente, les profits des entreprises en feront autant.  Les entreprises seront alors incitées à produire davantage ou, si elles ne le font pas, de nouveaux concurrents seront attirés par ce marché devenu plus rentable (cf.  section 2).  Au bout d'un certain délai (le temps que de nouveaux facteurs de production soient mobilisés entre autre de main d'oeuvre supplémentaire, nouveaux investissements), on aura une fonction d'offre plus élevée que la fonction initiale et le prix d'équilibre tendra à revenir à son niveau antérieur, comme le montre le schéma suivant.  L'adaptation de l'offre aux modifications de la demande :

 

$$$$

 

Un écart se creuse entre la demande, qui a augmenté, et l'offre, restée inchangée.  Le point d'équilibre passe de E à E', correspondant à la nouvelle quantité et au nouveau prix d'équilibre Q'e et P'O .

 

Mais ce nouvel équilibre peut s'avérer provisoire si l'élévation du prix attire de nouveaux offreurs.  La courbe d'offre peut alors passer de O à O' (pour chaque niveau de prix l'offre augmente) et un nouveau prix d'équilibre P"e va s'établir, plus bas que le précédent, P'e.  Si l'augmentation de l'offre est suffisante, il se peut que P"e = Pe.

 

$$$$

 

Inversement, une augmentation initiale de l'offre devrait se traduire dans un premier temps par une diminution du prix, ce qui attirerait de nouveaux acheteurs.  Cette augmentation "réflexe" de la demande tend à faire remonter le prix vers son niveau initial.

 

$$$$$$

 

Ces mécanismes de réalisation automatique de l'équilibre supposent cependant que nul obstacle ne vienne s'opposer aux ajustements réciproques de l'offre et de la demande.  Il faut pour cela que le marché soit de concurrence pure et parfaite.

 

D.             Équilibre stable mais interactif et complexe

 

 

 

On a illustré l'ensemble de ces relations par le schéma ci-dessus qui représente non pas des flux mais un système de forces qui se propagent d'une variable à l'autre et qui finissent par se confronter sur un marché. Dire que ce système est autorégulé, c'est donc dire que si un marché est momentanément déséquilibré, la variation qui en résulte tendra normalement à contrecarrer la cause du déséquilibre initial, à moins que le perturbateur ne dispose d'une force démesurée... comme l'État.

 

 

 

IV.    La transaction commerciale, de la demande de prix à la facture

proposée par Quentin Meert (promo 99)

 

  1. Introduction
  2. Schéma de la transaction commerciale
  3. Conditions de vente
  4. Les documents de la transaction commerciale

 

 

A.             Introduction

 

En matière commerciale, la complexité de la vie des affaires impose que des documents écrits traduisent toutes les opérations possibles.

Leur utilité est évidente dans bien des domaines :

♦      preuve en cas de litige.

♦      justification vis-à-vis du fisc.

♦      confirmation d'entretiens oraux.

♦      informations des clients et des fournisseurs.

♦      ...

La plupart de ces documents sont standardisés et à quelques nuances près, reprennent toutes les données indispensables. Il s'agit avant tout des documents bancaires, des déclarations à la T.V.A., des déclarations fiscales,...

D'autres documents, émis par les entreprises elles-mêmes, peuvent être différents dans leur présentation mais reprendront toutes les données : le nom et l'adresse de l'expéditeur et du destinataire, l'objet du document, la référence de ce dernier,... Il s'agit des bons de commandes, des factures, ... de manière générale de toute la correspondance commerciale.

 

Dans ce travail, j'expliquerai l'utilité de tous les documents commerciaux. Je citerai tous les éléments indispensables à chaque document. Je donnerai également des pistes méthodologiques pour les étudier avec les élèves.

 

 

B.              Schéma de la transaction commerciale

 

Le schéma de la transaction commerciale montre l'ordre chronologique des différents documents commerciaux. Il permet aux élèves de voir l'ordre logique des documents.

 

Zone de Texte: V
E
N
D
E
U
R
(S)

Zone de Texte: A
C
H
E
T
E
U
R

------------------------------------à

Demandes de prix

ß------------------------------------

Offres de prix

 

 

Comparaison d'offres de prix

---------------------------------à

Bon de commande

ß---------------------------------

Note d'envoi

ß---------------------------------

Facture

 

 

 

C.             Conditions de vente

 

Presque tous les documents commerciaux renferment des conditions de vente. Il est très important de les connaître car selon celles-ci, une offre pourra être plus intéressante qu'une autre.

De plus, le fait qu'elles soient notées sur les documents commerciaux évite les conflits entre l'acheteur et le vendeur.

 

 

1.  La qualité.

 

Afin d'éviter toute confusion entre deux articles, il est indispensable de donner un maximum de précisions sur la qualité du (des)  produit(s).

Elle peut par exemple, être déterminée par une marque de fabrication, par un numéro.

Ex : une banane chiquita

            une pompe 1255.500

            un crayon noir N°7

 

Attention : il ne faut pas confondre la qualité de la marchandise avec sa désignation. La désignation ne fait que donner le " type " de marchandises. Elle détermine " de manière générale " la marchandise.

Ainsi dans les exemples ci-dessus : " banane ", " pompe " et " crayon noir " correspondent à la désignation de la marchandise.

 

2.  La quantité.

 

La quantité peut-être exprimée par

 

 un nombre de pièces                                      exemple : 3 crayons.

 unité(s) de poids                                                            exemple : 2 kg de pommes.

 capacité                                                                           exemple : 2 litres de lait.

 longueur                                                                          exemple : 1 m de tissu.

 superficie.                                                        exemple : 1 m² de terrain.

 unité(s) de volume                                         exemple : 3 m³ d'eau.

 

Quand la quantité est exprimée en poids, on distingue :

 

 la tare : qui est le poids de l'emballage.

 le poids net : qui est le poids de la marchandise.

 le poids brut : qui est le poids de la marchandise et de l'emballage.

 

3.  Le prix

 

 Si le prix se calcule à la pièce, ou  par unité de poids, de volume, de longueur, ... : on parlera du prix unitaire.

On parlera de prix global lorsque le prix concerne la quantité entière de la marchandise.

 

Sur le prix, le vendeur peut accorder certaines bonifications :

une remise : c'est une réduction de prix accordée pour des achats réguliers ou pour des grandes quantités.

Exemple : achat de 50 bouteilles de vin.

un rabais : c'est une réduction accordée lorsque la qualité de la marchandise ne correspond pas exactement aux conditions de vente.

Exemple : achat d'une étagère qui a une griffe.

une ristourne : c'est une réduction accordée à tous les clients pendant une période déterminée.

Exemple : achat d'un article soldé.

un escompte : c'est une réduction accordée en cas de paiement avant la date de paiement.

Exemple : si l'acheteur paie dans les huit jours qui suivent la facture au lieu de trois semaines.

 

4.  Les conditions de paiement.

 

L'acheteur et le vendeur doivent également se mettre d'accord sur

 le mode de paiement ( en espèces, par virements, chèques,...).

 l'échéance, c'est à dire la date de paiement.

Voici les 5 échéances les plus couramment utilisées.

a)        Paiement au grand comptant.

 

 

 

 

 

Le paiement a lieu au moment de la livraison de la marchandise.

 

b)        Paiement au comptant.

 

 

 

 

Le paiement a lieu dans les huit jours qui suivent la livraison.

 

c)        Paiement à terme.

 

 

 

 

Le paiement a lieu 1, 2 ou trois mois après la livraison.

 

 

d)        Paiement à tempérament.

 

 

 

 

Le paiement se fait en plusieurs fois : un acompte lors de la commande (minimum 15 %) et le solde en plusieurs mensualités (au moins 4) d'un montant fixe.

 

e)        Paiement à date fixe.

 

 

 

 

 

Le paiement est prévu à une date précise.

 

 

 5) La livraison

 

Le transport de la marchandise s'effectue par camion, bateau, avion, chemin de fer. Ce transport occasionne des frais. Il est important pour l'acheteur de savoir qui va payer ces frais.

Ces derniers seront à charge de l'acheteur et/ou du vendeur en fonction des conditions de vente qui peuvent être:

♦      franco ( suivi d'un nom de lieu) : dans ce cas, le vendeur paie les frais de transport jusqu'au lieu indiqué.

♦      non franco: l'acheteur paie les frais de transport.

 

Exemples:

♦      Prix franco domicile : le vendeur paie les frais de transport de la marchandise jusqu'au domicile de l'acheteur. Ce dernier n'a donc rien à payer.

♦      Prix franco mise sur camion : le vendeur paie les frais de transport jusque la mise sur camion. L'acheteur doit donc payer le transport en camion et le déchargement.

♦      Prix en nos magasins : Les prix sont faits sans le transport (puisque ce sont les prix dans le magasin). S'il y a un transport, c'est l'acheteur qui doit le payer.

♦      Port payé : c'est une formule par laquelle le vendeur paie les frais de transport mais les facture à l'acheteur. L'acheteur paie donc tous les frais de transport.

 

 

Selon que les frais soient compris ou pas, une offre peut être plus intéressante qu'une autre.

 

Exemple :

Un cafetier nivellois reçoit les offres suivantes de 4 grossistes importateurs à Anvers

 

1.         307 BEF le kg, en magasin.

2.         309 BEF le kg, franco sur wagon gare de départ.

3.         315 BEF le kg, franco gare de destination à Nivelles.

4.         324 BEF le kg, franco domicile.

 

Coût du transport :

♦      - des entrepôts à la gare d'Anvers, mise sur wagon : 4 BEF le kg.

♦      - chemin de fer Anvers-Nivelles : 5 BEF le kg.

♦      - Transport par camion de la gare de Nivelles au domicile de l'acheteur : 6 BEF le kg.

 

Rien qu'en regardant le prix au kg du café dans les offres, c'est la première offre la plus intéressante. Mais en tenant compte du transport, c'est la deuxième la plus avantageuse, suivie de près par la troisième offre.

 

♦       307 BEF + 4BEF + 5 BEF + 6 BEF = 322 BEF le kg.

♦       309 BEF + 5 BEF + 6 BEF = 320 BEF le kg.

♦       315 BEF + 6 BEF = 321 BEF le kg.

♦       324 BEF le kg

 

D.             Les documents de la transaction commerciale

Demande de prix // Offre de prix // Comparaison d'offres de prix // Bon de commande // Note d'envoi // Facture // Notes de crédit et notes de débit

 

1.              Demande de prix

 

La demande prix est un document au moyen duquel un commerçant s'adresse à un ou plusieurs fournisseurs et leur demande leurs conditions de vente.

Dans certains cas, l'acheteur communique des conditions particulières d'achat.

 

La demande de prix est destinée à faire approvisionner le stock de l'entreprise aux meilleures conditions. Lorsqu'une entreprise doit s'approvisionner pour la première fois d'un article, elle envoie une demande de prix à plusieurs firmes afin de pouvoir comparer les différentes offres de prix et choisir la plus intéressante.

 

Dans une demande de prix, les noms et adresses de l'expéditeur (acheteur) et de la firme contactée doivent être indiqués. Souvent, l'expéditeur mentionne également les renseignements qui figurent obligatoirement sur une facture (numéro de registre de commerce, numéro de T.V.A., numéro de compte bancaire) ainsi que le numéro de téléphone.

La demande de prix devra aussi avoir :

♦       une phrase du genre : " Veuillez, je vous prie, me remettre vos prix et conditions pour la fourniture de ... "

♦       la désignation et la qualité de la marchandise.

♦       la quantité de marchandises.

♦       les conditions éventuelles de la transaction.

♦       une formule de politesse.

 

Une demande de prix peut également se faire par

♦       téléphone.

♦       fax.

♦       internet.

♦       lors du passage d'un représentant de commerce.

♦       lors de la visite chez un fournisseur.

 

 

2.              Offre de prix

 

L'offre de prix est un document précisant à l'acheteur éventuel à quelles conditions la marchandise demandée peut lui être fournie.

 

L'offre de prix représente la réponse à une demande de prix. Des précisions sont donc fournies concernant :

♦       la quantité et la qualité des articles;

♦       leur prix :            - prix unitaire;
                              - réduction éventuelle;

♦       le délai et le mode de livraison;

♦       le délai de paiement.

 

De manière plus générale, le vendeur précise ses conditions de vente.

L'offre de prix mentionnera, comme la demande prix, les noms et adresses de l'éventuel fournisseur et de celui qui a fait la demande de prix.

 

L'offre de prix constitue un engagement de livrer aux conditions données. Il est donc très important qu'elle soit rédigée clairement et de façon très précise.

 

 

3.              Comparaison d'offres de prix

 

La comparaison d'offre de prix est un document rédigé par l'acheteur pour l'aider à choisir la meilleure offre de prix.

 

La comparaison entre les offres se fait en tenant compte :

 

♦       des prix globaux H.T.V.A.

♦       des prix après déduction des remises ou escomptes éventuels et après addition des frais annexes (transport, emballage,..).

♦       des conditions de vente.

 

 

4.              Bon de commande

 

Après avoir examiné les différentes offres de prix (avec la comparaison des offres de prix), le commerçant choisit la plus intéressante en fonction de ses besoins. Il rédige alors un bon de commande en double exemplaire, un pour le fournisseur et un pour lui.

Ce dernier permet la tenue à jour de ses commandes, la vérification de la conformité des fournitures à la commande, etc.

 

Bien que les commandes verbales (direct ou par téléphone) soient valables, il est préférable de rédiger par écrit les commandes ( en cas de contestation, seuls les écrits représentent des preuves aux yeux de la loi).

 

Le bon de commande est un document par lequel les parties (acheteur et vendeur) conviennent d'une transaction commerciale.

 

Il se présente parfois sous la forme d'une simple lettre. Mais très souvent :

♦       les fournisseurs mettent à la disposition de leurs clients, des bons de commandes rédigés et imprimés en fonction de leur organisation commerciale

♦       les clients impriment eux-mêmes des bons de commande selon une disposition conforme à leur classement et à leur organisation.

 

Outre les noms, adresses et éventuellement des renseignements complémentaires des clients et fournisseurs, le bon de commande désignera clairement les conditions de vente.

 

Pour les mêmes raisons que pour l'offre de prix, le bon de commande doit être rédigé de façon claire et précise.

 

 

5.              Note d'envoi

 

La note d'envoi est un document rédigé par le vendeur ( fournisseur) et qui accompagne la marchandise. Elle permet à l'acheteur de vérifier la conformité de la livraison par rapport à la commande.

 

Comme il est de règle pour tous les documents commerciaux, les noms et adresses des deux parties figurent sur la note d'envoi.

Comme il ne s'agit que du contrôle de la livraison, seuls les éléments suivants sont repris :

♦       la quantité et la qualité (éventuellement le prix unitaire) des articles.

♦       le mode de transport.

 

La note d'envoi est rédigée en double exemplaire et est signée à la fois par le fournisseur et par le client. Elle peut donc servir de preuve de livraison au fournisseur et également lui être utile pour l'établissement de sa facture.

 

 

6.              Facture

 

     a) Définition.

 

La facture est un document établi par le vendeur et qui contient le détail des marchandises fournies, leurs prix et les conditions de vente.

La facture établit le compte entre le vendeur et l'acheteur.

 

La facture est le document le plus important de tous les documents commerciaux. C'est en plus un document légal et obligatoire.

 

     b) Contenu.

 

La facture se compose :

 

- de l'en-tête qui comprend :

 pour le vendeur, au minimum les mentions suivantes qui constituent une obligation légale : nom, adresse, numéro de registre de commerce (R.C.), numéro de T.V.A. et numéro d'un compte bancaire.

 pour l'acheteur, nom et adresse suivi du mot : DOIT

 le lieu et la date de rédaction de la facture ainsi que son numéro d'ordre.

 

- du corps qui reprend :

la désignation  et la qualité des marchandises.

les quantités et les prix des marchandises.

les réductions de prix.

la base imposable de la T.V.A.

le(s) taux de T.V.A. et son montant.

le montant total à payer par l'acheteur.

 

     c) Conservation.

 

Le commerçant doit inscrire dans le facturier de sortie les montants des factures envoyées aux clients, et en conserver le double.

Les factures reçues des fournisseurs sont aussi conservées et leur montant doit être inscrit dans le facturier d'entrée.

Toutes les factures doivent être conservées pendant 10 ans (à partir du premier janvier qui suit leur date d'émission) pour le contrôle de l'administration fiscale.

 

           

d) Calcul du montant à payer d'une facture.

 

        Les emballages.

 

Suivant que les emballages soient repris ou non, ces derniers peuvent être soumis à la TVA.

Ainsi les emballages non repris sont facturés et soumis à la TVA. Le vendeur les perd, c'est comme s'il vendait de la marchandise en plus.

Exemples : Les emballages en plastique.

                 Les paquets cadeaux.

Les emballages repris sont facturés et non soumis à la TVA. L'acheteur achète les emballages mais il pourra plus tard les revendre.

            Exemple : Les bacs de bière.

 

Attention : Si les emballages repris ne sont pas rendus à un moment ou à un autre, ils deviennent des emballages non repris. L'acheteur devra donc payer la T.V.A. de ceux-ci.

 

       L'escompte.

 

L'escompte est une réduction de prix accordée par le vendeur si l'acheteur paie avant l'échéance (date de paiement). Il n'est pas soumis à la T.V.A. mais il doit être compris dans le montant total à payer.

            Dans les factures avec escompte, on ajoute à la fin de celles-ci, la phrase : "Si paiement dans les x jours, alors le montant de cette facture sera diminuée de 123 BEF".

(123=escompte).

 

Somme totale du prix des marchandises

- Remise, rabais et ristourne

+ Transport

+ Emballage non repris

--------------------------------------------------

(SOUS TOTAL)

- Escompte

--------------------------------------------------

Base taxable

+ T.V.A.

+ Emballage repris

+ Escompte

----------------------------------------------------

Montant à payer

 

Exercice

      

Un fermier (rue du marais, 10 à Nivelles) a besoin d'engrais pour fertiliser ses champs. Il commande à l'entreprise Semaille (9 rue étroite à Naast), 20 sacs d'engrais spécifique pour le blé à 1.250 BEF, 10 pour le maïs à 1.100 BEF et 15 sacs d'engrais complet à 1.350 BEF. Durant ce mois là, Semaille fait une ristourne de 4% pour tout achat au-dessus de 5.000 BEF. Les sacs lui coûtent 10 BEF. Faites la facture que recevra ce fermier si le transport est de 2.000 BEF et si la palette sur laquelle on a amené l'engrais coûte 500 BEF. L'entreprise Semaille accorde en plus un escompte de 2% si on paie la facture avant la fin du mois. Le taux de TVA est de 21 %.[2]

            56 250

            -  2 250

            +    450

            + 2 000

            -------------

            56 450

            -  1 129

            -------------

            53 321

            + 11 617

            +     500

            -------------

            65438

 

 

7.              Notes de crédit et notes de débit

 

 

a) Introduction

 

Lors de la rédaction de la facture, le vendeur peut commettre une erreur. Cette erreur peut être en faveur de l'acheteur ou en faveur du vendeur.

Il existe des documents pour corriger ces erreurs : la note de débit et la note de crédit.   

 

b) Note de débit

      

       Définition

 

            Une note de débit est un document qui informe l'acheteur de l'augmentation d'une facture initialement envoyée.

 

       Exemples

 

            On envoie une note de débit à chaque fois que l'on veut informer l'acheteur de l'augmentation d'une précédente facture. Les motifs de ce changement sont multiples : oubli d'une partie de la marchandise lors de la rédaction de la facture, rectification du taux de T.V.A., _ _ _

 

c) Note de crédit

 

       Définition

 

            Une note de crédit est un document qui informe l'acheteur de la diminution d'une facture initialement envoyée.

 

Exemples

 

            Comme pour les notes de débit, il y a beaucoup de motifs pour envoyer ce document.

             Citons :   

- le retour de la marchandise au vendeur pour non conformité.

                - pour tenir compte d'un rabais obtenu après la rédaction de la facture.

                - dans l'exemple de départ, le cas où 5 palettes sont facturées.

                - une erreur.

                - _ _ _

 

d) Remarque

 

Les notes de débit et les notes de crédit ne peuvent être rédigées que par le vendeur. 

 

e) La T.V.A.

 

Dans ces documents figure aussi la T.V.A., il ne faut pas l'oublier.

La facture initiale comprenait une T.V.A., calculée sur le montant total des marchandises.

On considère la note de débit comme une nouvelle facture; la T.V.A. est calculée sur le montant de celle-ci. La dette envers l'administration TVA augmentera.

Pour les notes de crédit, on les considère comme des diminutions de factures. La T.V.A. se calculera sur le montant de la réduction. Avec une note de crédit, c'est l'administration T.V.A. qui doit de l'argent. On a payé de trop lors de la facture initiale.

 

 

Idée méthodologique de Stefano Chiaramonte : Avant d'entamer ce chapitre, j'introduis une situation problème en classe.

En fait, je pose la question suivante aux élèves:

 

® "Nous allons acheter des ordinateurs pour la classe; comment allons-nous nous y prendre?"

 

À partir de cela, les élèves donnent des éléments de réponse qui ne doivent pas forcément être données dans l'ordre.

 

Une fois les termes "Demande de prix", "Offre de prix", "Comparaison d'offre de prix", "Bon de commande", "Note d'envoi" et "Facture" figurant au tableau, je demande aux élèves:

® "Qui va faire les différentes démarches?", à savoir le rôle de l'acheteur et du vendeur.

 

Dès lors, il s'agira de mettre les différentes étapes de la transaction commerciale dans l'ordre. Ainsi, le schéma de la transaction commerciale apparaîtra au tableau et cela par le biais des élèves.

 

 

 

 

 

V.    Quelques pistes méthodologiques

proposées par Catherine Lagneau (promo 98)

 

  1. Le jeu de l'élasticité
    B. Mini-entreprise
    C. Concurrence
    D. Quick et Mc Donald's
    E. Absorber le marché

 

 

A.             Le jeu de l'élasticité

Matériel // Principe // Le jeu peut alors commencer... // Solutions

 

1.              Matériel:

· Tableau et craies

· Boîte à événements

· Cartons-points

· Aimants

· Panneau central (en papier) avec deux double feuilles transparentes

 

                            q

 

 

 

 

p

                    Panneau central                              Feuille transparente "Offre"                  Feuille transparente "Demande"

 

2.              Principe:

Les élèves se mettent en groupes (4 groupes de 4 ou 5)

Un secrétaire est désigné dans chaque groupe.

Une boîte à événements est posée sur une table centrale

 

Événements:     

n  Augmentation du pouvoir d'achat des ménages

n  Augmentation du degré de rareté du pétrole

n  Diminution de la population due à une guerre

n  Epidémie de grippes

n  Diminution des taxes

n  Augmentation du prix des cigarettes

n  Gelée au mois de mai (vente de fruits)

n  Prévision d'une canicule (vente de bouteille d'eau)

n  Crash-Test de la Mercedes Classe A

 

Le tableau est divisé en 5 secteurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Groupe 1                Groupe 2           Panneau central            Groupe 3             Groupe 4

 

L'élève secrétaire reproduit dans le secteur de son équipe le panneau central.

Chaque élève reçoit 3 feuilles à compléter au fur et à mesure du jeu, au moment des corrections.

Pour les 9 parties du jeu, chaque élève devra compléter: l'événement, les nouvelles courbes et éventuellement la remarque.

 

3.              Le jeu peut alors commencer...

 

Un élève tire au hasard un papier de la boîte et lit tout haut l'événement à la classe.

Les équipes ont 2 minutes pour se concerter et réfléchir à la façon de déplacer les deux courbes.

Le secrétaire trace la ou les nouvelles courbes sur le secteur-tableau de son équipe.

 

Le professeur gère la mise en commun en faisant s'exprimer les élèves sur les positions des courbes.

Chaque fois qu'une équipe a découvert le déplacement correct et a su justifier sa réponse elle reçoit un point.

 

Les courbes sont placées correctement sur le panneau central quand les 4 équipes ont expliqué leurs réponses.

Les élèves prennent note sur leur feuille de synthèse de la position et de la remarque éventuelle pour chacun des cas (3 feuilles).

Le jeu de l'élasticité

1)     _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _




rem:_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2)     _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _




rem:_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

3)     _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _




rem:_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

L'équipe gagnante est celle qui a récolté le plus de points.

  

4.              Solutions

Événement

Offre

Demande

Qté d'équilibre

Prix d'équilibre

Augmentation du pouvoir d'achat des ménages

è

ì

ì

ì

Augmentation du degré de rareté du pétrole

î

è

î

ì

Diminution de la population due à une guerre

è

î

î

î

Epidémie de grippes

 

 

 

 

Diminution des taxes

è

 

 

 

Augmentation du prix des cigarettes

è

î ?

 

 

Gelée au mois de mai (vente de fruits)

î

è ?

 

 

Prévision d'une canicule (vente de bouteille d'eau)

è

ì

 

 

Crash-Test de la Mercedes Classe A

è ?

î

 

 

 

B.              Mini-entreprise

Réaliser le graphique cartésien de la petite entreprise gérée par les élèves comprenant les courbes suivantes: Profit, Cm, CM, RT, CT.

 

C.             Concurrence

Lecture de la fiche n°126 du Journal Le Soir du 12/12/96

Questions

1)  Qu'est ce que la libre concurrence ?

2)  Pourquoi les aides publiques belges ont-elles été contestées ?

3)  Quelles sont les conditions pour qu'il y ait libre concurrence ?

 

D.             Quick et Mc Donald's

· Emission Envoyé Spécial: Planète Mc Do

·  Lecture de l'article du Trends Tendances "Les vaches maigres" du 12 mars 1998, pages 20 à 24

 

Questions

1)  Il y a plusieurs causes à la chute du succès du marché du hamburger, quelles sont-elles ?

2)  Combien de Mc Do et combien de Quick y a-t-il aujourd'hui en Belgique? Et dans le monde ?

3)  Quelles sont les 2 nouveautés de Quick d'un point de vue commercial ?

4)  Grâce à qui quand et où Quick  a-t-il vu le jour ?

5)  Grâce à qui quand et où Mc Do a-t-il vu le jour ?

6)  Quelles sont les causes de l'essoufflement Mc Do ?

7)  Quel élément t'a étonné dans le texte ?

 

E.              Absorber le marché

Lecture de l'article du Trends Tendances "Absorber le marché" du 12 mars 1998, pages 66-67

 

Questions

1)  Quelle est l'innovation de ce produit ?

2)  Quelle a été leur stratégie de marketing ?

3)  Quels sont les concurrents de ce nouveaux produit ?

4)  Combien de rouleaux de papier essuie-tout consomme un ménage moyen par an ?

5)  L'esthétique du papier essuie-tout a-t-il de l'importance ? Pourquoi ?

 

 

 

 

 

  

     ♦    Le marché de concurrence pure et parfaite

 

 

  1. Les critères de la concurrence pure et parfaite
  2. L'entreprise face au marché : la recherche de l'optimum

 

 

 

I.    Les critères de la concurrence pure et parfaite

 

 

  1. Les trois critères de la concurrence pure
  2. Les deux critères de la concurrence parfaite

 

A.             Les trois critères de la concurrence pure

L'atomicité du marché // L'homogénéité du produit // La libre entrée sur le marché

 

1.              L'atomicité du marché

 

On entend par là que les agents (entreprises et ménages) ont une taille très réduite de telle sorte qu'ils ne peuvent agir sur les conditions de fonctionnement du marché.  C'est ainsi que les entreprises sont petites et de taille équivalente : ni entreprise dominante, ni entente entre les entreprises pour fixer les prix et les quantités.  De même, du côté des acheteurs, chacun est isolé, il n'y a donc pas de coalitions, du type association de consommateurs par exemple, qui permettraient d'obtenir un abaissement des prix.

Atomicité : existence d'une offre et d'une demande composée d'éléments nombreux et suffisamment petits pour qu'une modification individuelle de l'offre et/ou de la demande ne puisse déterminer une variation de l'offre ou de la demande globales.

En d'autres termes, les agents (entreprises et ménages) ont une taille très réduite et sont isolés (pas d'association) de sorte que les prix et les quantités ne sont pas influencés.

 

2.              L'homogénéité du produit

 

Tous les produits de la même catégorie sont indifférenciés comme les grains d'un sac de blé.  Ils sont, en d'autres termes, rigoureusement identiques.  Par exemple, dans un tel marché il ne peut y avoir de marques distinctives, de publicité, etc. car toute diversification entraînerait un choix préférentiel de la part des acheteurs.

Les produits proposés par l'offre sont homogènes (identiques). Toute diversification entraînerait un choix préférentiel de la part des acheteurs.

 

3.              La libre entrée sur le marché

 

Il y a libre entrée lorsque le marché est ouvert à la concurrence de toute entreprise qui souhaiterait s'y implanter.  Cette liberté d'entrée suppose notamment qu'il n'y a pas de réglementation contraignante pour l'implantation d'une nouvelle entreprise sur le marché.  Cela suppose aussi des conditions financières qui ne soient pas prohibitives : le " ticket d'entrée " (investissement minimal) sur le marché ne doit pas être trop élevé, ce qui est cohérent avec la condition d'atomicité.

Les trois critères de la concurrence pure ont en commun de représenter une situation où les agents économiques sont soumis, sans pouvoir réagir volontairement et efficacement, au fonctionnement automatique du marché.

 

B.              Les deux critères de la concurrence parfaite

La transparence du marché // La mobilité des facteurs

 

1.              La transparence du marché

 

Un marché est "transparent" lorsque toutes ses caractéristiques sont connues des agents économiques : qualité des produits, quantités offertes et demandées aux différents prix.  Cela suppose donc que toutes ces informations soient disponibles, circulent rapidement et sans coût.

 

2.              La mobilité des facteurs

 

Les facteurs de production, capital et travail, doivent pouvoir se déplacer sans obstacle d'une activité à une autre.  Si, par exemple, il apparaît qu'une industrie devient moins rentable, les facteurs qui y sont utilisés doivent pouvoir être transférés vers une autre activité, plus florissante et rémunératrice.

L'accès (ou la sortie) au marché est libre, à condition de respecter les règles de loyauté.

L'offre et la demande s'adaptent sans entrave et sans intervention extérieure, notamment celle de l'État (voir annexe).

 

Si les cinq critères sont réunis simultanément, on se trouve en présence d'un marché de concurrence pure et parfaite.

 

CONCURRENCE PURE ET PARFAITE :

n    Concurrence pure :

♦    atomicité

♦    homogénéité du produit

♦    libre entrée sur le marché

n    Concurrence parfaite :

♦    transparence du marché

♦    mobilité des facteurs

 

 

 

II. L'entreprise face au marché : la recherche de l'optimum

 

Nous venons de constater que la concurrence pure et parfaite empêche l'entreprise d'agir sur le marché.  Elle ne peut donc qu'en accepter les conditions et s'y adapter du mieux possible.  En particulier, le prix du produit qu'elle vend lui étant imposé par le marché, elle ne peut, pour augmenter son profit, qu'abaisser ses coûts de production.

 

L'étude qui va suivre des coûts de production de l'entreprise se situe dans le court terme, c'est à dire dans une période de temps durant laquelle la taille de l'entreprise, ses équipements (machines, bâtiments, etc.) ne changent pas.

 

  1. L'entreprise a des rendements variables
  2. L'entreprise calcule ses coûts de production
  3. Comment l'entreprise détermine t elle son optimum de production ?
  4. Économies et déséconomies d'échelle

 

A.             L'entreprise a des rendements variables

 

Évolution de la production et du rendement d'une entreprise

 

N

Nombre d'ouvriers

Q

Production

totale

Rm

Rendement

marginal

RM

Rendement

moyen

0

0

-

-

1

10

10

10

2

24

14

12

3

42

18

14

4

56

14

14

5

60

4

12

6

66

6

11

7

66

0

9,4

 

Le rendement marginal (Rm) correspond à l'accroissement de la production obtenu par unité productive supplémentaire (par ouvriers en plus).

 

 

Exemple : pour N = 3, on a Rm =  = 18

Rmq : ici, DN est toujours égal à 1 (on ajoute 1 ouvrier à la fois).

 

Le rendement moyen (RM) représente la production moyenne réalisée par unité productive employée.

 

 

Exemple : pour N = 7, on a       RM =     66 = 9,4

                                                                       7

 

Représentation graphique

 

 

 

 

 

Analysons les rendements.

Le rendement moyen RM décroît à partir du moment où

 

Rm < RM

 

En A (quand le nombre d'ouvriers = 4), RM et Rm sont égaux à 14.

En A, la production additionnelle (ce qui est produit en plus par ouvrier en plus - correspond à Rm) est équivalente à la production moyenne (ce qui est produit par ouvrier - correspond à RM).

Cela correspond au niveau de recette maximum.

 

 

Principe

Lorsque l'utilisation d'un facteur de production (T) augmente - les autres restant fixes - la quantité additionnelle de production (Rm) croît dans un premier temps avant de passer par un maximum puis de décroître pour éventuellement devenir négative.

Le rendement est d'abord croissant puis décroissant.

 

B.              L'entreprise calcule ses coûts de production

Les coûts globaux : coûts fixes et variables, coûts totaux // Les coûts unitaires

 

1.              Les coûts globaux : coûts fixes et variables, coûts totaux

 

Une entreprise, quelle que soit la quantité qu'elle produit, est obligée d'engager un minimum incompressible de dépenses ; il s'agit des coûts fixes.

 

Coût fixe global : dépense engagée quelle que soit la quantité produite par l'entreprise.

 

C'est ainsi qu'il lui faut disposer d'un local.  Peu importe qu'elle produise en grandes ou en faibles quantités, ou même arrête momentanément sa production, il lui faudra payer les charges d'emprunt pour l'achat du local ou en payer le loyer.  De même, elle devra faire face à des charges fixes telles que des frais de gardiennage, d'entretien du matériel, d'assurance, d'impôts fonciers, etc.

 

 

 

 

 

Coût variable global : par opposition au coût fixe, le coût variable change avec la quantité produite.

 

Par exemple, pour augmenter sa production, une entreprise devra payer plus d'heures de travail et acheter plus de matières premières et d'énergie.

 

On distingue deux sortes de coûts variables : les coûts proportionnels et les coûts non proportionnels.  On peut supposer ainsi que l'utilisation des matières premières est strictement proportionnelle à la production, alors que les coûts de main-d'oeuvre augmentent plus que proportionnellement, du fait, par exemple, du paiement d'heures supplémentaires à des taux majorés.

 

 

 

Le coût total regroupe les coûts fixes et les coûts variables.

 

Coût total global : le coût total est la somme des deux types de coûts :

 coûts fixes globaux

 coûts variables globaux (proportionnels et non proportionnels).

 

Le tableau suivant représente, sous une forme très simplifiée, les différents coûts globaux d'une entreprise en fonction des quantités qu'elle peut produire avec ses équipements.

 

 

Quantités

produites

Q

Coûts

fixes

CF

Coûts

variables

CV

Coût

total

CT

Coût

moyen

CM

Coût marginal

Cm

Coût variable

moyen

CVM

0

50

0

50

-

-

-

1

50

30

80

80

30

30

2

50

50

100

50

20

25

3

50

67

117

39

17

22,3

4

50

82

132

33

15

20,5

5

50

95

145

29

13

19

6

50

136

186

31

41

22,6

7

50

181

231

33

45

25,8

8

50

238

288

36

57

29,7

9

50

310

360

40

72

34,4

 

 

Représentons sur un graphique les coûts globaux.

 

 

 

 

Trois caractéristiques apparaissent sur ce graphique :

·      les coûts globaux fixes sont représentés, comme il se doit, par une droite parallèle à l'axe des quantités ;

·      il n'y a de coût variable qu'à partir du moment où l'entreprise produit.  On pourrait poser ici que la quantité minimale est de 1 000 unités ;

·      la courbe des coûts totaux comporte deux parties : la première n'est concave qu'à 4 unités, la seconde est convexe.  Cela semble indiquer que, dans la première partie, les coûts totaux augmentent moins rapidement que la production, que c'est l'inverse qui se produit dans la seconde partie.  Cette caractéristique va être précisée par l'étude des coûts unitaires.

 

2.              Les coûts unitaires

 

Un coût global ne donne pas d'indication sur le prix de revient du produit, il faut pour obtenir ce dernier calculer les coûts unitaires.

 

Tout d'abord, les coûts moyens s'obtiennent en divisant les coûts globaux par la quantité produite q.  Si CF est le coût fixe, CV le coût variable et CT le coût total, on obtient les coûts moyens suivants :

 

Le coût moyen (CM) correspond au coût par unité produite.

 

 

Le coût marginal (Cm) représente l'accroissement du coût total issu de la production d'une unité supplémentaire ; coût de la dernière unité produite ; c'est le supplément de coût engendré par la production d'une unité supplémentaire.  Cet autre coût unitaire joue un grand rôle dans l'analyse de la production de l'entreprise.

 

 

Le coût variable moyen (CVM) correspond au coût variable par unité produite.

Le coût fixe moyen (CFM) correspond au coût fixe par unité produite.

 

 

 

Le coût variable moyen détermine le seuil de fermeture de l'entreprise.  En effet, en cas de cessation d'activité, l'entreprise supporte toujours les coûts fixes.

® perte = CF

 

Si elle poursuit ses activités, ® perte = CF + CV - RT (recette totale)

L'entreprise ne doit fermer que si                 CV > RT

ou          

càd      CVM > PU (prix unitaire)

 

 

Représentons sur un graphique les coûts unitaires, pour les mêmes données que ci-dessus.

 

 

 

Remarquons que le coût moyen continue de décroître tant que le coût marginal lui est inférieur.

 

$$$$$

 

Pratiquement, quand la production augmente de q à q', si CTq est le coût total pour la production q et CTq' le coût total pour la production q', le coût marginal Cm pour la production q' sera :

Cm = CTq'  CTq       q' q

Pour la première unité produite, le coût marginal est égal au coût variable moyen.

À partir des coûts globaux précédents, il est possible de calculer les coûts unitaires marginaux :

 

$$$$

 

Leur représentation graphique est la suivante :

 

$$$$

 

En reportant la courbe du coût marginal sur le graphique des coûts moyens on observe qu'elle coupe la courbe CVM et la courbe CTM en leur point le plus bas.

 

 

C.             Comment l'entreprise détermine t elle son optimum de production ?

La recette et le bénéfice de l'entreprise // Comment déterminer l'optimum de l'entreprise? // L'entreprise face au marché de concurrence pure et parfait

Recherchons maintenant quelle quantité l'entreprise doit produire pour obtenir un bénéfice maximal.

 

1.              La recette et le bénéfice de l'entreprise

 

Puisque, par hypothèse, l'entreprise est située sur un marché de concurrence pure et parfaite, elle n'est pas maîtresse du prix P auquel elle vend son produit.  Donc, quelle que soit sa production, la courbe du prix tracée sur le graphique des coûts unitaires est une droite horizontale.

 

Pour l'entreprise, le prix du marché représente à la fois :

   sa recette moyenne, puisque c'est ce que rapporte en moyenne chaque unité du produit ;

   sa recette marginale, puisque c'est ce que rapporte la dernière unité vendue.

 

Enfin, du fait de l'atomicité du marché, l'entreprise, quelle que soit sa production, n'éprouve aucune difficulté à l'écouler : la demande est parfaitement élastique.

Le bénéfice moyen de l'entreprise est donc la différence P  CTM.

Sur chaque unité supplémentaire, le bénéfice marginal est égal à P  Cm.

 

 

Par exemple, si le prix du marché est de 3 euros et si l'entreprise vend 6 000 unités du produit,

- son coût total moyen CE est de 2 euros ;

- son coût marginal CD de 0,5 euro ;

- son bénéfice moyen EB est donc de : 3 - 2 = 1 euro

- son bénéfice marginal DB est de 3 - 0,5 = 2,5 euros ;

- son chiffre d'affaires est de : 6 000 x 3 = 18 000 euros, représenté par le rectangle OABC ;

- son coût total est OCEE', soit 6 000 x 2 = 12 000 euros ;

- son bénéfice total est : E'EBA, c'est-à-dire 6 000 euros.

 

2.              Comment déterminer l'optimum de l'entreprise ?

 

Quelle est la quantité que l'entreprise a intérêt à produire ? Celle qui lui procurera le bénéfice maximal.

 

Optimum de production de l'entreprise : quantité de production qui procure le maximum de bénéfice (ou le minimum de perte).

 

En supposant toujours un prix de marché de 3 francs, cherchons quelle est la valeur de cet optimum.  Nous voyons sur le graphique que l'entreprise réalise un bénéfice tant que le prix est supérieur au coût total moyen.  Ceci est réalisé pour une production comprise entre 3 500 et 13 000 unités (segment VW sur l'axe des quantités).

Nous allons démontrer que la production qui donnera un bénéfice maximal est de 10 000 unités et correspond au point J d'intersection entre la courbe du coût marginal et la droite de prix.  En effet, un entrepreneur rationnel pourra tenir le raisonnement suivant :

• si je produis plus de 10 000 unités, par exemple 11 000, je subis, sur la 11 000e unité vendue, une perte de 1 euro, représentée par le segment KL.  (Le coût de cette unité ou coût marginal est de 4 € pour un prix de 3 €).  Je perds également sur la 10 999e unité et ainsi de suite jusqu'à 10 000 ; ma perte totale est représentée par la surface hachurée JKL ; • mais si je produis moins de 10 000 unités, par exemple 9 000, je me prive pour la 9 00le unité non vendue d'un bénéfice supplémentaire de 1 €, représenté par le segment K'L' et au total d'un bénéfice égal à la surface JK'L' ;

• le point J est donc tel que je ne fais plus aucun bénéfice supplémentaire ni n'encours de perte sur la vente de l'unité marginale.  C'est pour la quantité correspondant au point J que mon bénéfice total est maximal.  L'optimum de mon entreprise est donc la production q = 10 000 unités.

 

 

On peut calculer le bénéfice pour q = 10 000 unités :

- le chiffre d'affaires est : q x P = 30 000 euros ;

- le coût total est : CTM x q = 2 x 10 000 = 20 000 euros ;

- le maximum de bénéfice que peut faire l'entreprise compte tenu de ses coûts et du prix du marché est donc : 30 000 - 20 000 = 10 000 euros.

 

RETENONS

En concurrence pure et parfaite, l'entreprise atteint son optimum pour une quantité produite telle que son coût marginal soit égal au prix du marché.

 

3.              L'entreprise face au marché de concurrence pure et parfaite

 

Pour l'entreprise, les positions respectives de la courbe de prix et des courbes de coûts moyens revêtent une importance capitale.  Soient Pe le prix du marché, CTM le coût total moyen et Cm le coût marginal.  Plusieurs situations sont envisageables :

 

$$$

 

- Le marché détermine un prix d'équilibre Pe entre la demande et l'offre globales.  Ce prix s'impose aux trois entreprises A, B et C.

- L'entreprise A a un minimum de coût total moyen supérieur au prix Pe.  Donc, quelle que soit sa production, elle subit une perte sur chaque unité vendue : elle n'est pas rentable, elle est déficitaire.  Si la situation se prolongeait, l'entreprise A devrait cesser son activité. 

 

 

Si elle produit OQ, sa perte est représentée par le rectangle hachuré KASAPeTA dont l'aire est égale à : (coût moyen - prix du marché) x quantité vendue.

- L'entreprise B a un minimum de coût total moyen égal à Pe.  Elle doit donc produire la quantité OB telle que CTM = Cm = Pe et se contenter d'un bénéfice nul.  On la qualifie d'entreprise marginale.

- Seule l'entreprise C est bénéficiaire si elle produit entre OC et OC'.  Elle réalise, comme nous venons de le voir, un maximum de bénéfice en produisant la quantité OM, telle que Cm = PO.  Son bénéfice est représenté par l'aire du rectangle hachuré JcPeScTc qui est égale à : bénéfice unitaire moyen x quantité vendue.

 

D.             Économies et déséconomies d'échelle

Des économies d'échelle apparaissent // Les déséconomies d'échelle // Rendements d'échelle constants

 

Jusqu'à présent, nous avons raisonné sur la courte période, c'est-à-dire rappelons-le, dans une situation où l'entreprise conserve un équipement inchangé.  Que se passe-t-il en longue période, à long terme, quand l'entreprise modifie son équipement, en particulier quand elle en accroît le volume ? II n'y a plus de coûts véritablement fixes, tous sont susceptibles de varier : il n'y a plus que des coûts variables.

Cependant, l'équipement ne peut augmenter continuellement : il faut du temps pour installer les machines, apprendre à les utiliser, puis les faire fonctionner avant éventuellement d'en changer ou d'en accroître la quantité.  L'entreprise passe donc de façon discontinue d'une taille à une autre plus importante : on dit qu'elle augmente son échelle de production.  Que deviennent alors les coûts de production et comment est modifié l'optimum ? Trois situations sont possibles :

 

1.              Des économies d'échelle apparaissent

 

ÉCONOMIES D'ÉCHELLE : en augmentant l'échelle de sa production, l'entreprise diminue ses coûts et augmente son bénéfice. 

 

C'est ce qu'illustre le schéma suivant : quand l'échelle de production augmente de la situation 1 (échelle AB) à la situation 2 (échelle CD), l'optimum de l'entreprise passe de ql à q2 où le bénéfice moyen K2J2 est plus élevé que le précédent K1J1 avec un bénéfice global K2J2PT supérieur à K1J1PS.

 

Les facteurs provoquant ces économies d'échelle sont variés :

- les équipements plus nombreux permettent d'utiliser plus efficacement le travail, dont la productivité augmente ;

- parce que l'entreprise est plus importante, elle peut se permettre d'embaucher des collaborateurs de haut niveau (des ingénieurs, des spécialistes en ressources humaines, marketing, etc.) qui accroissent son efficacité ;

- les coûts d'équipement sont « étalés » sur des quantités produites plus importantes ;

- produisant davantage, l'entreprise achète davantage de matières premières et d'énergie, ce qui lui permet d'obtenir de ses fournisseurs des prix plus bas. 

 

2.              Les déséconomies d'échelle

 

Cependant, l'augmentation de la taille de l'entreprise n'a pas toujours les effets positifs attendus.  II arrive en particulier que ses coûts d'organisation augmentent très rapidement.  Surtout, les équipements supplémentaires ont pu être surestimés en termes d'efficacité, et sous-estimés en termes de coûts.

L'entreprise est alors victime d'une "crise de croissance", les déséconomies d'échelle qui en résultent peuvent parfois entraîner sa disparition si elle devient durablement déficitaire.  Le schéma suivant représente une situation de déséconomie d'échelle où le bénéfice moyen se réduit de K1J1, à K2J2.

$$$$

 

3.              Rendements d'échelle constants

 

II se peut également que, changeant d'échelle de production, l'entreprise ne fasse qu'équilibrer les coûts supplémentaires qu'entraîne l'augmentation de sa taille par les avantages qu'elle en retire.  Elle connaît alors des rendements d'échelle constants. 

 

Le cas le plus fréquent est le premier, celui où les rendements d'échelle sont croissants.  Les entreprises sont donc incitées à grandir, c'est la cause principale de leur concentration.  On peut dès lors demander si cette tendance à l'augmentation de la taille de l'entreprise reste compatible avec les hypothèses de notre modèle, en particulier avec l'atomicité du marché.

 

 

 

 

 

     ♦    De la concurrence parfaite à la concurrence imparfaite

 

 

  1. Les enseignements du modèle de concurrence pure et parfaite
  2. Les imperfections des marchés

 

 

 

 

I.    Les enseignements du modèle de concurrence pure et parfaite

 

  1. L'équilibre sur un marché
  2. Coûts fixes et rendements croissants
  3. L'interdépendance des marchés

 

A.             L'équilibre sur un marché

 

Si l'on considère un seul produit, et donc un seul marché, nous avons vu au chapitre 7 ($$$$) qu'un équilibre peut se réaliser de telle sorte qu'au prix du marché les offres et les demandes soient égales.  En outre, cet équilibre est stable.

 

B.              Coûts fixes et rendements croissants

 

Des coûts fixes importants peuvent cependant empêcher l'équilibre de se réaliser.

Nous voyons sur la figure suivante que, tant que le prix de vente est inférieur au prix PO, qui couvre tout juste le coût fixe moyen (CFM), aucune firme ne veut faire d'offre sur le marché, car le prix ne permettait pas de dégager un bénéfice.

Seules de grandes entreprises, dégageant des économies d'échelle importantes, peuvent s'y intéresser.  Elles sont disposées, par exemple, à offrir la quantité minimale Qm au prix PO, ce qui ne permet pas aux courbes d'offre et de demande de se croiser.  Autrement dit, sur un tel marché, la concurrence pure et parfaite ne permet pas d'atteindre l'équilibre.

Or, l'économie devenant de plus en plus capitalistique (elle utilise de plus en plus de capital technique), cette situation est fréquente.  Il en est ainsi dans la production de masse standardisée (industrie automobile), ou lorsque des travaux d'infrastructure importants sont nécessaires à l'entreprise pour fonctionner (compagnies de chemin de fer), ou encore lorsque des dépenses de recherche et développement considérables sont indispensables (informatique, industrie aérospatiale, etc.).

Mais que se passe-t-il si l'on considère plusieurs marchés simultanément ?

 

C.             L'interdépendance des marchés

 

Supposons que le prix du blé augmente.  II s'ensuit une série de conséquences en cascade :

·      le revenu des producteurs de blé augmente ;

·      le pouvoir d'achat des consommateurs de blé diminue ;

·      par conséquent, la demande de blé va diminuer pour se porter vers des produits de substitution moins chers tels que maïs, riz, etc. ;

·      l'accroissement de demande sur ces marchés de produits substituables va augmenter leur prix.  Ce qui se répercute sur la demande de maïs et de riz ;

·      le blé peut alors retrouver de son attrait pour le consommateur malgré sa hausse de prix initiale.

Cette succession de variations de prix et de quantités sur les différents marchés conduit-elle à un équilibre général (sur tous les marchés) et qui soit stable !

 

Certains économistes néoclassiques (chap.  7) dits marginalistes, comme Walras et Pareto, ont démontré qu'un équilibre général était possible en concurrence pure et parfaite, à condition notamment que les firmes ne connaissent que des rendements décroissants.  Or, comme nous venons de le voir, beaucoup d'activités exigent des équipements importants entraînant des coûts fixes élevés, qui ne peuvent être supportés que par de grandes firmes produisant en masse, et qui obtiennent ainsi des rendements croissants.

Pour Pareto, cet équilibre permet en outre d'atteindre un optimum économique, c'est-à-dire une situation telle qu'il n'est plus possible d'améliorer la satisfaction d'un individu sans détériorer celle d'un autre.

 

 

II.    Les imperfections des marchés

 

Le modèle de concurrence pure et parfaite est fort éloigné des conditions réelles des marchés actuels.

 

  1. Un peu de grec
  2. La concentration des entreprises et l'organisation des acheteurs
  3. La viscosité des marchés
  4.  La différenciation des produits
    E. L'opacité des marchés
    F. L'immobilité des marchés

 

A.             Un peu de grec

 

 

MONOS

 

POLEIN

 

 

ß

seul

 

 

ß

vendre

 

 

 

OLIGOS

 

OPSONEIN

 

 

ß

peu

 

 

ß

s'approvisionner

 

 

 

B.              La concentration des entreprises et l'organisation des acheteurs

Définition et objectifs de la concentration // Le libre fonctionnement du marché tend à ruiner ses propres fondements // Les formes de la concentration

 

1.              Définition et objectifs de la concentration

 

Concentration : la concentration économique et financière des entreprises est le processus qui permet à un nombre de plus en plus restreint d'entreprises de grande taille d'alimenter une part importante des marchés.

 

La concentration verticale permet à une entreprise de contrôler, en amont, ses fournisseurs (de matières premières notamment) ; en aval, les circuits de distribution de ses produits (Ikea qui rachète des scieries et des entreprises forestières).  La concentration horizontale, par achat d'entreprises semblables, permet d'obtenir des économies d'échelle et d'augmenter la part de marché de l'entreprise (dans le domaine bancaire, B.N.P. et Nagelmakers).  La concentration conglomérale englobe dans un même groupe des entreprises n'ayant aucune liaison technique.  Elle vise, à travers cette diversification, à répartir les risques sur des marchés différents.

 

De Wasseige et Mabille, dans "La concentration économique" (dossiers du CRISP), montrent comment en 10 ans de temps, 36 sociétés productrices et distributrices d'électricité deviennent 4 sociétés, par concentration horizontale.[3]  Nous ne reprenons ici que le cas de l'EBES :

 

Ebes

·        Énergie du Bassin de l'Escaut (1956)

Ø      Société Électricité de l'Escaut

Ø      Centrales électriques de Flandre et de Brabant

Ø      Électricité Campine

·        Électricité du littoral

 

2.              Le libre fonctionnement du marché tend à ruiner ses propres fondements

 

En effet, la concentration des entreprises, qui conduit aux oligopoles et aux monopoles et donc à des marchés imparfaits, découle du fonctionnement libre du marché.  Examinons les circonstances dans lesquelles s'opère cette concentration.

 

La liberté d'entreprendre ne peut empêcher les erreurs de calcul des entrepreneurs et la disparition de leur firme.  Si certains économistes considèrent que ce n'est pas là, à proprement parler, une imperfection dans la mesure où les entreprises les mieux gérées survivent, il n'en reste pas moins que la régulation par la faillite conduit à plus de concentration.  L'économie libérale est secouée périodiquement, depuis le début du XIXe siècle, de crises où sombrent nombre d'entreprises.

 

La liberté de circulation des capitaux permet le rachat d'entreprises en difficulté ou dont le capital n'est pas "verrouillé" (le capital n'est pas détenu par une majorité stable et solidaire d'actionnaires).  Cette circulation des capitaux étant devenue internationale, c'est à l'échelle mondiale que les entreprises se concentrent pour former des firmes multinationales.  Ainsi le fonctionnement libre du marché conduit à l'élimination ou au rachat des entreprises les plus fragiles par les plus fortes.

 

 

3.              Les formes de la concentration

 

Du côté de l'offre, le plus souvent, les marchés sont dominés par quelques grandes firmes qui forment des oligopoles et des ententes (cartels) ou par une seule firme, un monopole.  De leur côté, les acheteurs ne restent pas inertes, ils s'organisent pour défendre leurs intérêts.  Ils peuvent n'être que quelques-uns à se partager l'offre des producteurs et former des oligopsones.  On trouve également des monopsones : un seul acheteur est présent du côté de la demande.

 

 

LES DIFFÉRENTES FORMES DE MARCHÉ

 

 

Un seul vendeur

Un petit nombre de vendeurs

Un très grand nombre de vendeurs

Un seul acheteur

monopole ou monopsone bilatéral

monopsone contrarié

monopsone

Un petit nombre d'acheteurs

monopole contrarié

oligopole ou oligopsone bilatéral

oligopsone

Un très grand nombre d'acheteurs

monopole

oligopole

concurrence atomistique

 

Les monopoles et oligopoles sont implantés sur des marchés où les acheteurs sont très nombreux et inorganisés.  Ainsi, en Belgique, Belgacom a encore le monopole de la distribution de la téléphonie par câble à plusieurs dizaines de millions d'abonnés.  De même, Peugeot, Renault, Opel, VW et une douzaine d'autres firmes étrangères forment un oligopole sur le marché belge de l'automobile.  La plupart des marchés sont d'ailleurs dominés par des oligopoles.

 

Les monopsones et oligopsones sont constitués d'un grand nombre de producteurs face à un seul ou à quelques acheteurs.  La $$$$ ? est le seul débouché pour les producteurs de tabac ; le marché du tabac brut est donc un monopsone.  Les magasins grande surface, en constituant des centrales d'achat, imposent souvent leurs prix aux PME qui les approvisionnent.  Les grandes surfaces forment un oligopsone.

 

Il arrive que monopoles, monopsones, oligopoles et oligopsones soient bilatéraux, quand le nombre de vendeurs et le nombre d'acheteurs sur le marché sont égaux.  Le département de l'aérospatiale fabriquant les fusées stratégiques a pour unique client l'état français.  Ce marché est donc, suivant qu'on le considère du point de vue du producteur ou du point de vue de l'acheteur, un monopole ou un monopsone bilatéral.

On qualifie de contrarié le monopole qui n'a que quelques clients.  Symétriquement, le monopsone contrarié n'a que peu de fournisseurs.  Les offreurs ou les acheteurs sont "contrariés", car ils ne peuvent avoir sur le marché le même pouvoir que le monopole ou le monopsone purs.  Par exemple, le constructeur de matériel ferroviaire "La Brugeoise et Nivelles" jouit d'un monopole en Belgique pour bon nombre de ses produits.  Mais il est "contrarié" par le petit nombre de ses clients : la SNCB et quelques grandes entreprises qui possèdent leur propre parc de wagons ou de locomotives.

La concurrence atomistique n'est donc qu'une des neuf formes de marché et ce n'est pas celle que l'on rencontre le plus fréquemment dans les économies modernes.  Les firmes concentrées ou les acheteurs organisés ne subissent pas sans réaction les -$$$is du marché, ils essaient de les infléchir à leur profit.

 

Enfin, l'état, lui-même producteur de services de biens marchands à travers les entreprises publiques (cfr.  étape 9), intervient pour modifier le fonctionnement des marchés dans le sens qu'il juge conforme à l'intérêt général.

 

C.             La viscosité des marchés

 

Les facteurs de production ne peuvent pas entrer sur les marchés réels ou en sortir sans entrave.  Pour entrer sur certains marchés (celui des automobiles de tourisme, par exemple), les entreprises doivent faire d'énormes investissements, que seuls les plus grands groupes peuvent acquitter.

Le travail n'est pas fluide.  Les travailleurs se sont coalisés en syndicats qui négocient en leur nom les conventions collectives fixant les salaires et les conditions de travail.  Dans ce rôle, les syndicats sont assimilables à des monopoles ou oligopoles qui "vendent" la force de travail aux entreprises et font pression sur l'état pour qu'il adopte des dispositions favorables aux travailleurs : âge minimal pour travailler, conditions de licenciement, salaire minimal, etc.

 

 

D.             La différenciation des produits

 

L'une des conditions de la concurrence pure et parfaite est l'homogénéité des produits.  Or les entreprises s'efforcent généralement de se différencier de leurs concurrentes, en utilisant toutes les techniques juridiques, commerciales et industrielles à leur disposition :

·      elles déposent des marques qui singularisent le produit ;

·      elles utilisent largement la publicité qui vante les mérites vrais ou supposés de leurs produits au détriment des autres de même nature ;

·      elles utilisent les talents des stylistes pour modifier l'aspect du produit, etc.

 

E.              L'opacité des marchés

 

La transparence suppose la parfaite circulation de l'information sur les conditions des marchés.  Or, malgré les techniques de communication et de télécommunication, l'information coûte cher et demande du temps.  Le plus souvent, les agents économiques se contentent donc d'une information partielle, le marché leur est plus ou moins opaque.

 

F.              L'immobilité des marchés

 

Une usine chimique peut difficilement se transformer en usine de tracteurs ou d'équipements ménagers.  De même, un travailleur éprouvera bien des difficultés pour changer de qualification, pour se reconvertir dans une autre branche, etc.  Les facteurs de production sont donc relativement peu mobiles.  On le voit, les marchés réels sont imparfaits.  II s'éloignent plus ou moins des critères de la concurrence pure et parfaite.

 

 

Le modèle de concurrence pure et parfaite indique comment un équilibre stable peut se réaliser sur les marchés.

 

Mais les conditions des marchés réels s'éloignent des conditions de la concurrence pure et parfaite : la plupart des marchés sont imparfaits.

 

 

 

 

 

 

     ♦    Le fonctionnement de la concurrence imparfaite

 

Nous nous limiterons aux deux cas les plus typiques de la concurrence imparfaite : le monopole et l'oligopole, et nous aborderons aussi une réaction d'entreprises situées dans un monde de concurrence atomistique (quasi pur et parfait), qui adopte une forme de concurrence monopolistique.  L'existence de coûts fixes importants empêche les petites entreprises d'entrer sur certains marchés.  Les grandes firmes, qui seules y sont présentes, ne se comportent pas passivement, en subissant la loi du marché, mais de manière active, voire stratégique : elles ont la possibilité de déterminer elles-mêmes les conditions de leur optimum et, en outre, chaque firme agit en fonction de ce que font ou pourraient faire ses rivales actuelles ou potentielles.

 

 

  1. L'analyse du monopole
  2. L'analyse de l'oligopole
  3. L'analyse de la concurrence monopolistique
  4. La concurrence  : une suggestion de leçon

 

 

 

I.    L'analyse du monopole

 

  1. Le monopole : présentation rapide
  2. Le calcul du monopole
  3. Les effets du monopole
  4. La diversité des situations de monopole

 

A.             Le monopole : présentation rapide

Ses origines // Les actions du monopoleur // L'équilibre du monopoleur // Restrictions à l'action du monopoleur

Le régime de monopole est constitué d'une multitude d'acheteurs face à un seul vendeur qui représente la totalité de l'offre.

 

1.              Ses origines

 

·                la situation naturelle (ex. : richesse du sol)

·                la technique (ex. : innovation, brevets)

·                la loi (ex. : monopole de l'État)

·                le fait (ex. : concentration des entreprises)

 

2.              Les actions du monopoleur

 

 

Il recherche un profit maximum en agissant sur les prix ou sur les quantités.

Si le producteur décide de vendre la pièce 300 BEF, il en écoulera 500.

Si le producteur décide de vendre la pièce 200 BEF, il en écoulera 1500.

Si le producteur décide de vendre 3000 pièces, il les écoulera à 100 BEF/pièce.

Si le producteur décide de vendre 1500 pièces, il les écoulera à 200 BEF/pièce.

 

 

Dans le régime du monopole, le vendeur fixe le prix ou la quantité, mais jamais les 2 à la fois.

 

La quantité vendue sera fonction du prix auquel il décide de vendre

 

OU

 

le prix de vente sera fonction de la quantité qu'il est décidé à mettre sur le marché.

 

3.              L'équilibre du monopoleur

 

Il est atteint lorsque la dernière unité vendue rapporte ce qu'elle a coûté, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a plus de bénéfice sur cette dernière unité.

 

4.              Restrictions à l'action du monopoleur

 

Diverses circonstances peuvent freiner le monopoleur dans son action :

·        la possibilité de réduction de la demande (produits obsolètes) ;

·        l'apparition d'une nouvelle concurrence, attirée par la possibilité de profit ;

·        l'existence de produits de substitution ;

·        des lois délimitant la puissance des monopoles (lois antitrust).

 

B.              Le calcul du monopole

 

Sur un marché de monopole, la demande qui s'adresse à la firme est la demande totale du produit, qui est normalement une fonction décroissante du prix.  La courbe de recette moyenne du monopole (recette totale/quantité) est donc sa courbe de prix (P = RM) ; elle est inclinée négativement sur l'axe des abscisses.  Le monopole a donc le choix entre vendre plus mais moins cher ou vendre moins et plus cher.  Pour quel couple prix-quantité va-t-il faire le maximum de bénéfice ?

 

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Nous pouvons tenir le même type de raisonnement que pour l'optimum de la firme en concurrence pure et parfaite : tant que la production d'une unité supplémentaire lui procure un bénéfice additionnel, le monopole a intérêt à produire davantage.  Il lui faut donc comparer, pour chaque quantité produite son coût marginal Cm (cfr.  supra) et sa recette marginale Rm celle que lui procure la vente d'une unité supplémentaire du produit.

Le monopole a intérêt à augmenter sa production jusqu'à ce que son coût marginal soit égal à sa recette marginale.  Le monopole, pour maximiser son profit, a intérêt à produire la quantité A et à la vendre au prix unitaire P.

 

C.             Les effets du monopole

Les effets sur les prix // Les effets sur les quantités

 

1.              Les effets sur les prix

 

Nous avons constaté que le monopole fixe son prix au-dessus du coût marginal, alors qu'en concurrence parfaite, à l'équilibre, le prix est égal au coût marginal.  La différence entre le prix de monopole et le coût marginal constitue donc un surprofit (IK sur la figure) et le prix du marché de monopole peut se révéler supérieur au prix du marché de concurrence.

Cependant, le monopole peut avoir intérêt à fixer un prix plus bas pour éviter que ses surprofits n'attirent des concurrents avec lesquels il devrait partager son marché, ou pour éviter une intervention étatique visant à confisquer par une taxe ou un prix imposé tout ou partie du surprofit.

 

2.              Les effets sur les quantités

 

En situation de concurrence, l'optimum de production des firmes correspond à l'intersection de la droite de prix et la courbe de coût marginal, alors qu'en situation de monopole il se situe à gauche de ce point (en A et non en D).  La quantité produite par un monopole est-elle donc moindre que celle qui serait produite par une multitude de firmes en concurrence ?

Ce n'est pas forcément le cas.  Le monopole peut en effet plus facilement que des petites entreprises abaisser ses coûts de production en achetant ses matières premières à meilleur compte, en obtenant des économies d'échelle, en mettant en oeuvre des techniques modernes.  Aussi, malgré des profits plus élevés, le monopole peut fournir une quantité plus grande, ou équivalente, à un ensemble de firmes en concurrence.

 

D.             La diversité des situations de monopole

Monopoles publics et privés // Un monopole est relatif à la taille du marché considéré // Un monopole est relatif au produit spécifique qu'il vend // Un monopole n'est pas définitivement à l'abri de la concurrence

 

1.              Monopoles publics et privés

 

La plupart des monopoles (Belgacom [jusqu'en 1999], la SNCB en Belgique, EDF, SNCF, etc.  en France) sont publics ; étant sous le contrôle de l'État, ils appliquent, avec plus ou moins d'autonomie dans leur gestion, les directives gouvernementales en matière de tarifs, de production, d'implantation sur le territoire, etc.  Ce contrôle politique limite donc les possibilités d'abus de position dominante.

En revanche, les monopoles privés (Pechiney pour l'aluminium en France) ont en principe toute latitude d'action.  Le risque est grand qu'ils profitent de cette liberté pour pratiquer des prix élevés ou limiter leur production.

 

2.              Un monopole est relatif à la taille du marché considéré

 

Lorsque l'on parle de monopole, on pense généralement à une firme dominant totalement un marché national ; ce n'est pas la seule situation de monopole.  Ainsi l'unique épicier du village a le monopole local du commerce alimentaire de proximité.  Mais il y a bien d'autres épiciers dans le pays.

 

3.              Un monopole est relatif au produit spécifique qu'il vend

 

Or, un produit a le plus souvent des substituts plus ou moins proches.  Ainsi, la SNCB est concurrencée par d'autres moyens de transport : par route, par voie fluviale et par air.

 

4.              Un monopole n'est pas définitivement à l'abri de la concurrence

 

Un nouveau produit place son innovateur dans une situation de monopole.  Mais, s'il obtient du succès, des concurrents ne tarderont pas à menacer son monopole.  S'il est avisé, il protégera son invention par des brevets.  Mais, même dans ce cas, il peut craindre les contrefacteurs (cf.  les produits de luxe : parfums, bijoux) ou les imitateurs qui s'inspireront de lui sans contrevenir aux règles protégeant les inventions (cf.  les produits électroniques grand public : jeux vidéo, micro-ordinateurs).

 

 

 

II. L'analyse de l'oligopole

 

  1. L'oligopole : présentation rapide
  2. L'interdépendance des firmes oligopolistiques
  3. Le calcul de l'oligopole
  4. Les stratégies des oligopoles

 

A.             L'oligopole : présentation rapide

 

Le régime d'oligopole est constitué d'une demande face à un petit nombre de vendeurs.

 

Exemples :

·        le marché des produits pétroliers

·        les 4 grands constructeurs aériens (Boeing, Lockheed, Airbus Industries et Mac Donnell-Douglas), qui sont devenus 3 depuis la fusion en 1997 de Boeing et Mac Donnell-Douglas

·        les 2 salles de cinéma qui, dans un village, se disputent le public, non par le prix des places, mais par la publicité vantant la qualité du film qu'elles présentent (duopole)

·        L'oligopole formé par les quelques vendeurs de bouteilles d'eaux minérales de qualité, de composition et de prix peu différents.  Mais l'une est réputée convenir pour les reins, l'autre pour le foie, l'autre pour l'intestin, …

 

L'oligopole trouve principalement sa source dans la concentration des entreprises.  La fixation des prix résulte, en général, d'un accord (collusion) entre les oligopoleurs faute de quoi une modification de prix est souvent à la base d'une "guerre des prix" (avec fluctuations brusques et fréquentes, à la hausse comme à la baisse).  Ne pensons ici qu'à l'O.P.E.P. qui gère la distribution de pétrole brut dans le monde depuis 1972 (crise pétrolière).

 

 

B.              L'interdépendance des firmes oligopolistiques

 

En situation d'oligopole, chaque firme doit non seulement tenir compte de la réaction de la demande à ses décisions en matière de prix et de quantité, mais aussi de la réaction de ses rivaux.  II y a donc interdépendance des décisions des firmes.

 

Prenons un exemple simple d'oligopole réduit à deux firmes A et B (il s'agit d'un duopole).  En supposant que le produit est homogène et qu'il ne peut y avoir qu'un prix sur le marché, chaque firme ne peut décider que de la quantité à produire.  Mais la quantité produite par A agit sur les conditions de l'optimum de B ; inversement, la quantité produite par B agit sur l'optimum de A.  Sur le schéma suivant (dû au mathématicien Augustin Cournot, en 1838), les quantités produites par la firme A compte tenu des réactions de B sont représentées sur l'axe des abscisses et les quantités produites par B compte tenu des réactions de A sont représentées sur l'axe des ordonnées.

 

$$$$

 

Si B a une production nulle, A produit V, si A ne produit rien, B produit W.  Lorsque A produit OQ,, B réagit en produisant OQ,.  A réagit à son tour en diminuant sa production de Q, à Q,, etc.  Si nous partons d'une production de A nulle, le même processus se déroule sur le haut du graphique.  Le point C d'intersection des deux courbes de réaction de A et B correspond à un équilibre stable des productions des firmes A et B soit, respectivement, OA et OB.

 

 

C.             Le calcul de l'oligopole

 

Nous raisonnerons sur l'exemple le plus simple possible d'oligopole : la branche considérée est composée de deux firmes A et B qui constituent un duopole.

Nous supposerons que A et B se partagent également le marché.  Donc, si D est la droite de demande totale pour le produit, D', droite de demande de chaque firme, est à mi-distance de l'axe des prix et de D.  Quant à Rm, courbe de recette marginale, elle est commune à A et B.  En revanche, les coûts des firmes sont différents.  Soient Cma et Cm, les coûts marginaux de A et de B.

Nous constatons sur la figure qu'aucun prix ne permet d'égaliser la recette marginale et le coût marginal des deux firmes.  II y a donc un conflit de prix.  A voudrait vendre OQa au prix Pa et B préférerait vendre OQb au prix Pb.  Comme Pa > P, la firme A va être obligée de s'aligner sur la firme B sous peine de perdre ses clients.  À moins qu'un compromis ne soit trouvé entre les deux firmes sur un prix intermédiaire.  Cette interaction entre les firmes est bien une caractéristique de l'oligopole : l'une des firmes au moins devra tenir compte dans la fixation de son prix de la réaction de l'autre.

 

$$$$

 

Mais les marchés d'oligopoles sont généralement plus complexes :

·      dans la réalité, on est souvent confronté non pas à 2 mais à n entreprises ;

·      les parts de marchés sont rarement égales ;

·      la firme peut segmenter son marché en offrant un même produit à des prix différents selon la clientèle à laquelle elle s'adresse (ex : Philips (Whirlpool) et Sierra) ;

·      surtout, l'entreprise oligopolistique peut agir sur bien d'autres variables que les quantités ou le prix de vente.  Ainsi des produits bien que similaires se présentent sous des marques différentes.  Chaque entreprise tente alors de fidéliser sa clientèle ou de l'étendre en développant une certaine image de marque ; c'est le cas, sur le marché des lessives, par exemple.

 

Un tel marché est le lieu d'une concurrence spécifique appelée concurrence monopolistique.  C'est en effet une concurrence qui emprunte des traits du monopole et de la concurrence parfaite.  La prise en compte de ces situations très diverses rend complexe l'analyse des marchés d'oligopoles.

 

D.             Les stratégies des oligopoles

Selon le degré de coopération entre les firmes, on peut opérer le classement suivant // Selon le degré d'antagonisme entre firmes, on peut distinguer

Les oligopoles ont le choix entre deux comportements opposés :

·      les firmes coopèrent pour rendre maximum leur profit total (dit profit joint) sur le marché ;

·      les firmes s'opposent, chacune essayant de se tailler dans le profit de la branche la meilleure part possible au détriment des autres.

 

1.              Selon le degré de coopération entre les firmes, on peut opérer le classement suivant :

 

L'oligopole est totalement coordonné, il forme un cartel qui détermine le prix de vente et répartit entre les entreprises les quantités à produire.  Par exemple, l'OPEP, cartel constitué par certains pays producteurs de pétrole, a réussi à imposer un quadruplement des prix du baril entre 1973 et 1974, puis un doublement en 1979-80.

 

L'oligopole est partiellement coordonné.  Deux cas se présentent alors :

·      il existe une firme dominante, soit par sa taille ou son organisation, soit parce qu'elle est considérée par les firmes suiveuses comme représentative du marché (firme "barométrique").  Les firmes de l'oligopole suivent leur chef de file dans sa politique des prix ;

·      il n'y a pas de firme dominante, mais un accord a été passé entre les firmes dans l'intérêt général.

Le résultat commun à toutes ces situations d'oligopole est que la concurrence entre les firmes est très réduite.  Pour le consommateur, cela se traduit par un prix plus élevé qu'en situation de concurrence.

 

2.              Selon le degré d'antagonisme entre firmes, on peut distinguer :

 

Des oligopoles en guerre : les firmes ont une politique agressive particulièrement en matière de prix : chacune essaye d'augmenter sa part de marché au détriment des autres en pratiquant des prix plus bas.  Les firmes les plus fragiles, dont la marge bénéficiaire est faible, peuvent se retrouver en déficit ou disparaître.  La concentration de la branche augmente donc à l'issue de la guerre.  Les consommateurs, dans un premier temps, sont les bénéficiaires du conflit.  Mais ultérieurement, si la concentration a augmenté, il est plus facile aux entreprises survivantes de s'entendre de nouveau et d'augmenter leurs prix.

 

Des oligopoles en paix ou en trêve : les conséquences parfois désastreuses pour les firmes de ces conflits au sein des oligopoles expliquent que les entreprises évitent souvent, par accord tacite ou explicite, de pratiquer une politique agressive des prix.  L'oligopole est en paix ou en trêve jusqu'aux prochaines hostilités.

 

 

 

III.    L'analyse de la concurrence monopolistique

 

Les situations de concurrence monopoliste sont très nombreuses dans la réalité.  Les firmes produisent des biens similaires mais différents par la forme, la couleur, … Chacune est en position de monopole sur "son" marché (il n'y a pas deux dentifrices "à rayures rouges"), mais en concurrence sur la fonction que remplit le produit (les pâtes dentifrices sont en fait très nombreuses sur le marché).

 

Tout dépend de l'impact de la différenciation sur le consommateur. Plus celui-ci est attiré par l'apparence extérieure, l'emballage, le nom, … et plus la firme renforce son pouvoir de monopole.  Si, au contraire, le consommateur est peu sensible à la marque, le degré de monopole est faible et la concurrence entre firmes s'avive.

 

Par la publicité, les entreprises s'efforcent de rendre leur produit "différent" de celui des concurrents de façon à renforcer leur pouvoir de monopole et d'attachement à la marque.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Concurrence

 

 

 

 

 

parfaite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Monopole

 

 

 

 

 

 

 

 

Concurrence

 

 

 

 

 

monopolistique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La concurrence monopolistique est un type de marché sur lequel existent plusieurs biens (de marques différentes) susceptibles de répondre à un même besoin.  Elle apparaît comme un régime de compromis entre la concurrence parfaite avec l'atomicité de son marché et le monopole avec l'hétérogénéité des produits.  Chaque entreprise produit un bien différent de ceux produits par les concurrents et caractérisé par son unicité (sa marque, son emballage, ses spécificité techniques, …)

 

Exemples :

·        les poudres à lessiver : il existe un monopole portant sur un produit individuel et différencié mais fortement concurrencé par d'autres produits individualisés, très concurrents et substituables les uns aux autres.

·        les huiles pour moteur : tendance à la concentration, à la fusion c'est-à-dire à la diminution du nombre de producteurs (= oligopole).

 

1.           Un monopole est relatif au marché considéré : local, national ou international ;

·            il est menacé par des produits de substitution ;

·            il n'y a donc pas de monopole absolu durable dès que l'on considère une échelle de marché suffisante, surtout dans les économies ouvertes contemporaines.

 

2.           La plupart des marchés sont dominés par des oligopoles ;

·            dans un oligopole, chaque firme doit tenir compte, pour décider de ses prix et de ses quantités, de la demande des acheteurs, mais aussi des réactions des autres firmes ;

·            les oligopoles peuvent être plus ou moins coordonnés ;

·            ils peuvent être, selon les circonstances, en paix ou en guerre.

 

 

 

 

IV.    La concurrence  : une suggestion de leçon

 

Idée méthodologique (Sophie Baix ; promotion 1998) : 

Je distribuerais une feuille (à chaque élève) sur laquelle on trouverait 3 ou 4 sociétés dont chacune se trouverait à côté d’un de ses concurrents, exemple :

-Quick et MacDonald’s

-Mobistar et Proximus

-Station Shell et Esso

-Peugeot et Renault

 

Je demanderais aux élèves d’observer attentivement la feuille afin d’essayer de deviner le sujet de la leçon « La concurrence ».

Nous ferions ensuite un brain-storming sur ce sujet afin de définir à partir d’idées, mots-clés « la concurrence ».

 

Afin de répondre aux questions suivantes :

1.      Quels sont les avantages et les inconvénients de la concurrence pour les ménages et les concurrents ?

2.      Quelles sont les conséquences de la concurrence ?

 

Idée méthodologique (suite) :

Je diviserai la classe en huit groupes. Chaque groupe devra présenter une des sociétés de la feuille en essayant d’être original et dans le but que le public (les autres élèves de la classe) vote, choisisse, préfère leur société plutôt que leur concurrent.

La présentation doit durer 5 minutes maximum et il y aura vote après chaque concurrent exemple, après que « Quick » et « MacDo » soient passés.

Dès que tous les élèves sont passés devant la classe, on fera une synthèse écrite qui comprendra notamment, les raisons pour lesquelles on choisit une société plutôt qu’une autre ou/et les façons de présenter son produit.

Enfin, on répondra aux questions notées précédemment.

 

Rem. : après chaque groupe de sociétés (exemple : Quick et MacDo), on discutera de la présentation et donc, des raisons du choix.

Les présentations seront cotées selon les critères suivants :

-        l’originalité ;

-        si la majorité des élèves ont voté pour eux ou pas ;

-        s’ils ont respecté le temps convenu ;

-        si chaque élève était actif ; …

-        le(s) support(s) ; …

 

 

Idée méthodologique (suite) :

Ces critères leur sont dits avant qu’ils préparent leur présentation.

De plus, un temps de réflexion (environ 30 minutes) leur sera accordé afin de s’organiser pour le travail.

 

À partir de cette leçon, il est possible de présenter d’autres sujets tels que l’offre et la demande, la franchise (c’est pourquoi j’ai fait photocopier quelques articles à ce sujet), le leasing et le renting, la production, …

 

 

Idée méthodologique (variante de Stefano Chiaramonte) :

Je garde l'idée de Sophie Baix et toute sa méthodologie.

 

Les modifications sont les suivantes:

♦      Je supprimerais Mobistar et Proximus ® on ne garderait que Quick et Mac Donalds, Station Shell et Esso, Peugeot et Renault.

♦      Ensuite, lorsque tous les élèves ont présenté leur travail, je propose un travail individuel aux élèves. Ce travail serait côté.

Tous les élèves recevront des folders publicitaires des sociétés Mobistar, Proximus et Orange. Les élèves devront alors dire:

♦      En tant que client, quelle société il choisirait + justification du choix.

♦      En tant que P.D.G. d'une des sociétés, quelles idées il mettrait en œuvre pour être les plus compétitifs au niveau des prix.

 

 

 

 

 

     ♦    Le rôle des prix

 

  1. Les variations de prix et de quantités
  2. La rigidité des prix et ses conséquences sur la régulation

 

 

 

I.    Les variations de prix et de quantités

 

  1. Comportement "normal" face à la hausse (baisse) de prix
  2. Automaticité du marché et le comportement de l' "homo oeconomicus"

 

A.             Comportement "normal" face à la hausse (baisse) de prix

 

La hausse d'un prix indique a priori une raréfaction relative du produit : la demande augmente plus vite que l'offre.

·      Logiquement, les producteurs attirés par une perspective de profit plus élevé produiront davantage de ce produit plus rémunérateur.

·      Les consommateurs, au contraire, devraient acheter moins de ce produit plus coûteux.

Inversement, en cas de baisse des prix, un certain nombre d'entreprises dont la production devient non rentable se retirent du marché.  Quant aux consommateurs, leur demande doit augmenter.  Si la concurrence est parfaite, cette augmentation de la production doit à la longue rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande (chap.  7).

 

Par conséquent, depuis Adam Smith, les libéraux préconisent une organisation de l'économie telle que les marchés puissent fonctionner librement pour se rapprocher le plus possible des conditions de la concurrence pure et parfaite : il faut "laisser faire, laisser passer" (devise des physiocrates, milieu du XVIIIe siècle).

·      Laisser faire, c'est-à-dire permettre aux entrepreneurs comme aux consommateurs d'être libres de leurs décisions de produire pour les uns, d'acheter pour les autres.

·      Laisser passer, c'est-à-dire assurer la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux (ne s'agit-il pas de l'objectif de l'Union Européenne, ex Marché Commun).

 

Dans cette économie libérale, l'autorégulation du marché est censée assurer l'ajustement spontané des intérêts divergents des membres de la société, comme si une main invisible, selon l'expression d'Adam Smith, présidait à l'harmonie économique et sociale.

 

B.              Automaticité du marché et le comportement de l' "homo oeconomicus"

La rationalité de l' "homo oeconomicus " // Cette représentation de l' "homo oeconomicus " est sujette à critiques

 

1.              La rationalité de l' "homo oeconomicus "

 

Chaque agent décide d'une action de production, d'achat ou de vente, à partir d'un calcul.  D'un côté, il évalue le coût de son action : par exemple, s'il achète un produit il sacrifie une partie de son encaisse en monnaie.  De l'autre, il calcule l'avantage que lui procure son action, dans notre exemple : l'utilité du produit acheté.  Dans sa forme la plus simple, ce calcul fait abstraction du temps.  En particulier l'agent n'anticipe pas de futures variations de prix.

 

2.              Cette représentation de l' "homo oeconomicus " est sujette à critiques

 

La rationalité des agents n'est pas parfaite.  Chacun agit aussi en fonction de pulsions psychiques : crainte, désir, etc., qui perturbent le calcul rationnel.  Par exemple on n'achète pas un vêtement seulement à cause de son "rapport qualité-prix", mais aussi parce qu'il est à la mode.

 

Un certain nombre d'opérations économiques ne se prêtent guère à un calcul véritable.  Si l'on peut comparer le coût d'un investissement à sa rentabilité (en supposant que l'on dispose d'informations suffisantes sur l'état futur du marché), comment comparer le coût en monnaie de l'achat d'un bien de consommation et son "utilité", qui dépend de l'usage que l'on en fait et qui n'est pas quantifiable ?

 

 

 

II. La rigidité des prix et ses conséquences sur la régulation

 

  1. Les prix administrés
  2. Rigidité et flexibilité des prix et des quantités à court et long terme
  3. La filière inversée

 

A.             Les prix administrés

 

Les marchés étant généralement imparfaits, les firmes ont la possibilité d'agir sur leur prix de vente.

 

Le monopole ne peut vendre à n'importe quel prix, il doit tenir compte du pouvoir d'achat de ses clients.  Cependant, le monopole et l'oligopole ont une latitude d'action que ne pourrait avoir la firme en concurrence parfaite.  Ainsi, en fonction de leurs objectifs (maximiser leur bénéfice, éliminer un concurrent, conquérir de nouveaux marchés, etc.), ils fixent un prix de vente qui, généralement couvre leurs coûts de production et leur procure un certain bénéfice résultant de l'application au coût moyen d'un pourcentage déterminé, appelé marge bénéficiaire.

 

Cette fixation du prix de production hors taxes (HT) peut se résumer ainsi :

Pp(H.T.)  =  coût moyen + bénéfice

 

Pp(H.T.)  =  coût moyen + (coût moyen x marge bénéficiaire)

 

Le prix payé par l'acheteur comprend en outre les coûts de distribution et les marges du commerce de gros et du commerce de détail.  De ce fait, plus le circuit de distribution comprend d'intermédiaires, plus le prix d'acquisition est élevé.

Enfin, l'état intervient dans la formation du prix en le grevant de taxes diverses (impôts indirects).  Au sein de l'Union européenne, la taxe à la valeur ajoutée (TVA) frappe les différentes marchandises selon des modalités en cours d'harmonisation, mais qui restent propres à chaque pays.  En outre, pour certains produits dont les états veulent restreindre la consommation (alcool, tabac), des taxes supplémentaires (souvent appelées "accises") viennent renchérir le prix des produits considérés.

Finalement, le prix d'acquisition Pa, s'établit à partir du prix de production Pp, que nous avons précédemment étudié de la manière suivante :

Pa   =  Pp,  + coûts et marges de distribution + taxes

 

Ainsi, les prix sur les marchés imparfaits sont en grande partie, des prix administrés par les différentes organisations qui concourent à la production et à la distribution des produits et par l'état.

 

B.              Rigidité et flexibilité des prix et des quantités à court et long terme

À court terme //  À plus long terme, les prix sont plus flexibles

Le modèle de concurrence parfaite suppose que les entreprises s'adaptent aux variations de la demande et donc ne peuvent agir sur cette dernière.  Or l'imperfection des marchés invalide en grande partie cet axiome du "consommateur roi".

 

1.              À court terme

  - Le consommateur ne peut faire jouer la concurrence que sur les marchés non concentrés (par exemple certains marchés des services) ou sur les marchés d'oligopoles en guerre.  Dans ce cas, les firmes se soumettent au prix du marché.

  - Face à un monopole ou à un oligopole en paix, le consommateur n'a guère le choix.  Si le produit vendu est indispensable, il lui faudra acquitter le prix fixé par les firmes.  Par conséquent, le prix étant rigide à court terme, le consommateur ne peut jouer que sur la quantité qu'il achète.

 

2.              À plus long terme, les prix sont plus flexibles

 

  - Si les consommateurs trouvent excessif le prix d'un produit non indispensable, ils risquent de s'en détourner, ce qui peut contraindre les monopoles ou les oligopoles à réviser leur politique de prix.

  - Les structures du marché peuvent varier.  Par exemple, un monopole peut être contesté par l'apparition d'un concurrent, un oligopole en paix passe par une phase "guerrière" puis conclut une "trêve", etc.

  - Le progrès technique a généralement deux effets sur les marchés :

·      l'apparition de produits de substitution qui bouleversent les conditions de fonctionnement du marché ;

·      l'abaissement des coûts de production et donc, à marge bénéficiaire constante, du prix de vente des produits.

 

On constate d'ailleurs que, sur le long terme, les prix réels (calculés en nombre de salaires horaires moyens, par exemple) ont tendance à baisser fortement dans les branches où le progrès technique est intense (agriculture, industrie), et beaucoup moins là où il est faible (certains services).

 

 

·      À court terme, la plupart des marchés étant imparfaits, les prix sont assez rigides.  Ce sont donc les quantités, plutôt que les prix, qui ont tendance à varier.

·      À long terme, les prix fluctuent (généralement à la baisse, en termes réels) sous l'effet de facteurs multiples :

·      - réaction des consommateurs ;

·      - changements dans les structures et le fonctionnement des marchés

·      - progrès technique.

 

 

C.             La filière inversée

 

La souveraineté du consommateur est d'autant plus limitée que ses goûts sont orientés par le producteur.  Chacun constate l'extension et le perfectionnement des techniques de vente :

·      la publicité, qui peut influencer le comportement des consommateurs ;

·      le marketing, qui permet au producteur de saisir les ressorts psychologiques des consommateurs et de les orienter.

Ainsi, dans les économies modernes concentrées, c'est plutôt l'offre qui crée la demande que la demande qui entraîne l'offre.  1.  K.  Galbraith parle à cet égard de "filière inversée".

 

 

Le mythe de la souveraineté du consommateur occulte une caractéristique essentielle des économies modernes : la domination des principaux marchés par les grandes firmes concentrées, nationales et multinationales.

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    Les limites du marché dans la satisfaction des besoins

 

 

  1. Les économies de marché satisfont des besoins, mais en créent d'autres
  2. Le marché ne répond qu'aux besoins solvables

 

 

 

I.    Les économies de marché satisfont des besoins, mais en créent d'autres

 

  1. La satisfaction des besoins
  2. La création de besoins nouveaux

 

A.             La satisfaction des besoins

 

Un long chemin a été parcouru en quelques siècles.  Dans les pays où l'économie de marché s'est développée, les besoins primaires (nourriture, habillement, logement, etc.) sont couverts pour la plupart.  Les besoins dérivés (culturellement déterminés) se sont multipliés et sont également largement couverts.

Ainsi, selon F. Rachline, nous disposions au début des années 1970 de six fois plus de biens par habitant qu'en 1800.  Depuis 1973, la progression s'est ralentie par rapport aux Trente Glorieuses (= Golden Sixties), mais Le niveau de vie par habitant a tout de même augmenté de plus de 20 %.  Nul doute que, dans cette satisfaction croissante des besoins, les mécanismes de marché ont stimulé l'offre (par l'appât du profit) et répondu à une demande de plus en plus importante et diversifiée.  L'augmentation du nombre des exclus (chômeurs, sans abri, etc.) montre toutefois que ce système connaît des limites (voir 4, B, 2).

 

B.              La création de besoins nouveaux

 

Les analyses précédentes ont montré que, du côté de l'offre ou de la demande, les marchés actuels sont, le plus souvent, dominés par les entreprises.  Quelle que soit la forme de concurrence à laquelle elles sont soumises, les entreprises tentent d'étendre leur marché en innovant.  À peine le consommateur a-t-il acquis un magnétoscope qu'on lui propose des lecteurs de vidéodisques offrant une meilleure qualité d'image et de son.  Une fois équipé de ce nouveau matériel, il s'aperçoit que le lecteur de disques compacts interactif lui offre, en plus des services précédents, de "dialoguer" avec la machine.  Et ainsi de suite, ce qui peut entraîner une frustration du consommateur chez qui l'offre crée sans cesse de nouveaux besoins.

 

 

 

 

II. Le marché ne répond qu'aux besoins solvables

 

  1. Satisfaction des besoins et répartition des revenus
  2. Les injustices et les exclusions du marché

 

A.             Satisfaction des besoins et répartition des revenus

 

La capacité du marché à satisfaire les besoins solvables dépend surtout de la distribution des revenus.  En effet, seuls les individus qui ont un pouvoir d'achat, donc un revenu, peuvent se procurer des biens sur le marché.  Les revenus peuvent revêtir deux formes : ils peuvent être en nature ou monétaires.  Dans les économies modernes, ce sont les revenus monétaires qui déterminent le pouvoir d'achat des agents économiques.  Or, la répartition des revenus est plus ou moins inégale.  Par exemple, en 1988, en Belgique, 12,3 % des déclarations fiscales mentionnaient moins de 250 000 BEF, soit des entrées correspondant à 3 % des recettes fiscales ; de même, 0,5 % des déclarations fiscales mentionnaient plus de 3 000 000 BEF, soit des entrées correspondant à 3,7 % des recettes fiscales.  Le rapport des pouvoirs d'achat des uns et des autres est donc de 1 à 12.

Peut-on dire que les besoins des plus riches sont plus que le décuple de ceux des plus pauvres ?  La question posée en ces termes ne peut guère avoir de réponse objective.  Les besoins que nous ressentons sont en grande partie déterminés par notre environnement économique et social et par les traits de notre personnalité individuelle.  Par conséquent, on ne peut dire de manière objective qu'à des revenus inégaux correspondent des besoins inégaux et vice versa, et moins encore que revenus et besoins sont proportionnés.

 

B.              Les injustices et les exclusions du marché

 

Dans quelle mesure les inégalités de revenus sont-elles équitables ?  Nous avons traité plus à fond cette question à l'étape 2 (limites du rôle de l'État).  Constatons simplement que l'inégalité des pouvoirs d'achat engendre un sentiment d'injustice qui se fonde, chez les personnes disposant d'un revenu plus faible, sur l'impossibilité de satisfaire des besoins qu'ils éprouvent tout comme les personnes disposant de revenus plus élevés.

 

Dans notre société si bien pourvue de richesses subsistent des besoins élémentaires, parfois vitaux, non satisfaits : chaque année des gens meurent de froid, de faim, de maladie faute de pouvoir se procurer les biens et les services nécessaires (merci les "Restos du cœur").  La pauvreté et l'exclusion coexistent avec la consommation de masse.  Or, le marché ne peut résoudre ce genre de problèmes, puisque, précisément, il ne permet d'acquérir des produits qu'à ceux qui peuvent en acquitter le prix.

 

·      Les économies fondées sur les mécanismes de marché ont démontré historiquement leur capacité à satisfaire un nombre croissant de besoins.

 

·      Cette satisfaction participe cependant d'une dynamique de l'offre qui ne permet pas d'atteindre la satiété mais, au contraire, engendre sans cesse de nouvelles frustrations, moteur même de la croissance économique.

 

·      Le marché ne permet de satisfaire que les besoins solvables, compte tenu d'une certaine répartition du revenu.  En conséquence, le sentiment d'injustice peut naître de l'impossibilité, à cause d'un pouvoir d'achat trop faible, de satisfaire les besoins que l'on éprouve.  En particulier, le marché laisse insatisfaits bon nombre de besoins, parfois vitaux.  II est impuissant à vaincre les problèmes liés à la pauvreté de masse, qui se développe dans les pays riches.

 

 

 

 

 

 

     ♦    La production non marchande dans les pays développés

 

Dans les économies capitalistes développées, il existe, en marge de l'économie de marché, une économie non marchande qui prend essentiellement deux aspects : l'économie domestique et la production non marchande des administrations privées et publiques.

 

  1. L'économie domestique
  2. La production non marchande des administrations
  3. L'État et la formation des prix

 

 

 

 

I.    L'économie domestique

 

  1. Nature et logiques de la production domestique
  2. Un domaine qui échappe en partie à la mesure

 

A.             Nature et logiques de la production domestique

 

La production domestique comprend tous les biens et services produits pour être consommés au sein du ménage (pour rappel, il s'agit d'autoproduction et non d'autoconsommation par des ménages).  Il s'agit par exemple des soins fournis aux membres de la famille, des travaux ménagers, du jardinage, du bricolage.

Cette production donne lieu à des échanges au sein du ménage, en fonction d'une certaine division du travail : X prépare le repas pour X et Y, pendant que Y débouche le lavabo qui est utilisé par X et Y.  Il y a donc, en quelque sorte, échange de travaux de cuisine contre des travaux de plomberie.  Cependant, cette vision de l'échange peut paraître réductrice : bien des services rendus à l'intérieur de la sphère domestique semblent plutôt obéir à une logique du don, sans véritable réciprocité.

La production domestique obéit à une certaine logique économique.  Très souvent, un ménage procède à ces travaux parce que l'achat des mêmes biens et services sur le marché lui reviendrait trop cher.  En effet si les matériaux nécessaires au bricolage, par exemple, sont achetés sur le marché, le temps de travail est gratuit, ce qui en abaisse le coût.  La production domestique est surtout soumise à des déterminants socioculturels.

·      De plus en plus de services rendus aux ménages sont produits à l'extérieur.  La production actuelle correspond donc, dans une large mesure, à une survivance du passé où l'essentiel de la production était autoconsommée.

·      La division du travail domestique obéit aussi à un partage des rôles entre les âges et entre les sexes.

Notre État belge a d'ailleurs compris qu'une trop forte autoproduction (surtout en période de fort chômage) était un frein au développement normal de l'économie ; pour cette raison, il a diminué les taux de TVA de 21 à 6 %, pour tous les travaux et matériel effectués et utilisés par des entreprises pour l'amélioration des immeubles occupés depuis plus de 15 ans.

 

Les parents s'occupent en partie eux-mêmes de leurs jeunes enfants et (de moins en moins souvent) des membres âgés de la famille.  L'essentiel du travail domestique repose encore souvent sur les femmes, qui assurent la plupart des travaux domestiques et des soins aux enfants, alors que les hommes se consacrent plutôt au bricolage.

 

B.              Un domaine qui échappe en partie à la mesure

 

Par sa nature même, la production domestique est difficilement mesurable en termes monétaires, ce qui occulte son importance, tant économique que sociale et culturelle.  Certaines estimations quasi monétaires ont cependant été faites.  Mais la méthodologie de la mesure est mal assurée : à quel "prix" estimer l'heure de bricolage ou de ménage effectuée par un membre de la famille ?

On peut utiliser, par exemple, le taux horaire pratiqué sur le marché.  Mais cette solution est contestable : en effet si tous les travaux domestiques étaient "externalisés" (c'est-à-dire produits par des entreprises et achetés sur le marché), l'offre et la demande ne s'établiraient pas au même niveau et donc le prix ne serait pas le même non plus.  Les estimations varient notablement selon la méthode utilisée.

 

 

II. La production non marchande des administrations

 

  1.  Biens et services non marchands, biens et services collectifs
  2.  Logique de la production non marchande des administrations privées
  3.  Logiques de la production non marchande des administrations publiques

 

A.             Biens et services non marchands, biens et services collectifs

 

Les administrations, qu'elles soient publiques ou privées, produisent des biens et surtout des services non marchands.  Par exemple, une consultation médicale qui n'est pas payée par le patient ou qui lui est remboursée par la Sécurité Sociale est un service non marchand.  De même, une route utilisée gratuitement est un bien non marchand.  Parmi ces biens et services, certains sont collectifs.  Bien entendu, des services collectifs (une séance de cinéma, par exemple) peuvent aussi être marchands.

 

Biens et services non marchands : biens et services produits par les administrations et disponibles gratuitement ou quasi gratuitement, c'est-à-dire à un prix inférieur à leur coût de revient.

 

Biens et services collectifs : biens et services utilisables par plusieurs personnes simultanément (routes, pont, émission de radio, enseignement primaire et secondaire, par exemple).

 

B.              Logique de la production non marchande des administrations privées

 

Les administrations privées sont constituées des associations à but caritatif (telles que la Croix-Rouge, Médecins sans frontières, etc.), sportif (les clubs amateurs), culturel (troupes de théâtre amateur,...), politique (les partis), syndical, etc.

Le but poursuivi n'est pas de maximiser un résultat monétaire : il s'agit de satisfaire des besoins que ni le marché ni l'état ne satisfont.  La Croix-Rouge, par exemple, a été fondée en 1863 par le Suisse Henri Dunant pour venir au secours des blessés de guerre.

Pour fonctionner, les administrations privées recueillent des contributions volontaires sous forme de dons, parfois de subventions publiques.  Elles emploient parfois des salariés ou fonctionnent grâce à la contribution de membres bénévoles.

 

C.             Logiques de la production non marchande des administrations publiques

Les services correspondant à la fonction régalienne de l'État // Les défaillances du marché // l'État produit un service non marchand pour éviter l'éviction par les prix

Les étapes 2 et 9 étudient en détail la production non marchande de l'État.  Nous nous contenterons ici de montrer les raisons spécifiques qui amènent l'État et les collectivités locales (Régions, Communautés, Provinces, Communes) à intervenir de la sorte.

 

1.              Les services correspondant à la fonction régalienne de l'État

 

Certains services ne peuvent, pour des raisons politiques (préservation de l'identité nationale ou de la cohésion Sociale), qu'être assumés par l'État.  Il s'agit des services liés à sa fonction régalienne de souverain) : assurer la sécurité intérieure et extérieure, rendre la justice, etc.

 

2.              Les défaillances du marché

 

En dehors des services correspondant à la fonction régalienne de l'État, certains libéraux, bien que partisans de l'État minimal, envisagent que celui-ci intervienne en cas de défaillance du marché.  Ainsi, dès le XVIIl' siècle, Adam Smith préconisait la prise en charge par l'État des infrastructures trop coûteuses et trop peu rentables pour intéresser des entreprises privées et néanmoins indispensables à la collectivité.  Mais quelle est la nature de ces biens et services que l'État doit prendre en charge ?

Un premier critère est celui de l'indivisibilité des biens et services.  Indivisibilité de l'offre : la construction d'un pont représente une dépense considérable mais qui peut être néanmoins prise en charge par une entreprise privée pourvu qu'un péage lui permette de rentrer dans ses fonds.  Mais à quel niveau fixer le prix du passage sur le pont !  Le coût marginal du pont est nul : un passage de plus ou de moins ne change rien au coût total du pont.  Il est donc impossible de fixer un prix de marché qui corresponde à l'égalité du coût marginal et de la recette marginale.  Ceci peut justifier que l'État prenne en charge la construction et l'entretien de l'infrastructure.  Indivisibilité de l'usage : le coût de la construction d'une digue (inondations en Pologne, l'été 1997) contre les inondations est trop élevé pour être pris en charge par les seules personnes concernées.  Le problème est résolu si la collectivité finance l'ouvrage (par un impôt obligatoire, par exemple).

 

Un deuxième critère est celui de l'existence d'une externalité (ou effet externe).  Externalité : un agent économique provoque une externalité quand son action modifie la situation d'un autre agent.  On distingue :

n    des externalités négatives : une usine pollue l'environnement, le voisinage en subtiles conséquences ;

n    des externalités positives : l'implantation d'une usine crée des emplois, dont bénéficient les commerçants de la localité, qui voient leur clientèle se gonfler des salariés embauchés par l'usine ;

n    des externalités réciproques : l'apiculteur bénéficie de la proximité d'un verger où ses abeilles vont butiner, et l'arboriculteur bénéficie des abeilles qui favorisent la pollinisation de ses arbres fruitiers.

 

Le problème qui se pose alors est celui de l'internalisation de l'effet externe, c'est-à-dire de l'établissement d'une contrepartie pécuniaire en faveur des agents défavorisés et au détriment des agents bénéficiaires de l'effet externe.  Les solutions sont très diverses et nécessitent fréquemment l'intervention de la puissance publique (réglementation, taxation, etc.).  L'une d'entre elles peut consister en la prise en charge par l'État ou par la collectivité locale de certains biens ou services.  Par exemple, pour éviter la pollution, les communes construisent des stations d'épuration des eaux usées ou des usines d'incinération des déchets, qui sont financées par des taxes spécifiques.  L'État prend en charge des parcs naturels dont bénéficie l'ensemble de la population.

 

3.              l'État produit un service non marchand pour éviter l'éviction par les prix

 

Le marché ne satisfaisant que les besoins solvables, il importe aux yeux de certains d'en corriger les effets inégalitaires.  Dans cette optique de justice sociale, les administrations publiques mettent à la disposition de la population des services non marchands qu'elles produisent elles-mêmes (enseignement public) ou subventionnent fortement (culture) ou remboursent à l'usager (consultations médicales).

En définitive, le partage entre la production marchande et la production non marchande des administrations publiques n'obéit pas, sauf pour les biens collectifs purs (la défense nationale, par exemple), à des critères parfaitement incontestables : une autoroute peut être gratuite ou à péage, l'enseignement peut être privé ou public, le "ticket modérateur" peut varier selon les actes médicaux et/ou les produits pharmaceutiques, etc.  Le dosage entre le marchand privé et le non-marchand public semble donc relever essentiellement d'un choix de société.

 

 

 

III.   L'État et la formation des prix

 

  1. Origine de l'intervention de l'État
  2. Les actions indirectes sur les prix
  3. Les actions directes sur les prix

 

A.             Origine de l'intervention de l'État

 

En principe, l'économie libérale classique ne fait aucune place aux interventions de l'État : celles-ci ne sont pas nécessaires puisque théoriquement les mécanismes adaptent eux-mêmes la production au mieux des besoins.

Cela ne se vérifie pas dans la réalité.  Les pouvoirs publics ont été amenés à intervenir de nombreuses manières dans les mécanismes économiques pour pallier les insuffisances et remédier aux effets sociaux inacceptables.

 

Dans le système économique de marché, les prix sont - en principe - librement fixés par la confrontation de l'offre et de la demande.  Toutefois, cette liberté ne peut s'exercer qu'entre certaines limites au-delà desquelles Les pouvoirs publics interviennent notamment par la mise en place d'une "politique des prix" appropriée, d'une réglementation des prix ou d'une action sur l'offre et la demande des biens.

 

 

B.              Les actions indirectes sur les prix

Les actions sur l'offre // Les actions sur la demande // Les actions sur les coûts de production

 

1.              Les actions sur l'offre

 

·      Instauration de mesures favorables à l'investissement ;

·      Recours à des dispositions protectionnistes face à la concurrence étrangère ;

·      Mise en place d'une politique de stockage en cas de production trop abondante ;

·      …

 

2.              Les actions sur la demande

 

·      Imposition de certaines mesures restrictives (campagne contre la consommation d'alcool) ou favorables à certaines consommations au détriment d'autres produits (campagne pour la consommation du lait) ;

·      Disposition de politique économique telle que l'indexation des rémunérations (maintien du pouvoir d'achat), la politique du crédit (coût du crédit à la consommation) ;

·      …

 

3.              Les actions sur les coûts de production

 

La principale intervention de l'État sur les coûts de production des entreprises prend la forme d'aides financières orientées vers la réduction des charges des producteurs. Elle se répercute sur l'offre de ces entreprises.

·      subventions à la production ;

·      réduction d'impôts ;

·      réduction des cotisations sociales patronales.

 

C.             Les actions directes sur les prix

La taxation // La fixation du prix hors marché

L'intervention de l'État se traduit par une fixation autoritaire des prix. Les modalités des interventions sont multiples.

 

1.              La taxation

 

Exemple : le prix de livre disséqué (sur 100 BEF)

 

 

Pour encourager l'édition de livres en Belgique, la TVA, dont le taux "courant" hors produits de nécessité, est de 21 % a réduit son taux sur l'édition de livres à 6 % ; de même, pour encourager la consommation de beurre, la TVA sur les margarines a été portée de 6 à 12 %.

 

2.              La fixation du prix hors marché

 

L'intervention des pouvoirs publics aboutit à la fixation d'un prix en dehors de l'action des demandeurs et des producteurs.

 

Formes

·      le prix imposé : fixé à un niveau précis et doit être respecté par tous.

ex. : tarifs postaux

·      le prix plafond ou prix plancher : ne peut dépasser un maximum ou descendre sous un minimum

ex. : essence

·      le prix "fourchette" : doit se situer dans un intervalle fixant simultanément un prix plafond et un prix plancher.

ex. : les prix agricoles de l'Union européenne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    Le marché : une construction historique

 

Schématiquement, il est possible de décrire la construction progressive du marché comme une succession d'étapes partant du don et des échanges non marchands et aboutissant aux marchés globaux actuels.

 

  1. Échanges et marché
  2. Marché et capitalisme

 

 

 

I.    Échanges et marché

 

  1. Tout échange n'est pas marchand
  2.  L'existence d'échanges marchands ne suffit pas à établir un marché

 

A.             Tout échange n'est pas marchand

Qu'est-ce qu'un échange marchand ? // Dons et échanges non marchands

 

1.              Qu'est-ce qu'un échange marchand ?

 

De ce qui précède, nous pouvons déduire ce qu'est un échange marchand.

 

Échange marchand : il y a échange marchand lorsque les produits échangés ont une valeur équivalente.

 

Le problème auquel se sont heurtés les économistes a été de déterminer ce qui fonde cette valeur commune.

 

Les économistes classiques (A. Smith, D. Ricardo) ainsi que les marxistes (K. Marx et F. Engels, en premier lieu) pensaient que le fondement de la valeur était le travail.  La valeur-travail permet d'expliquer le troc : deux produits sont échangés dans la mesure où ils contiennent autant de travail l'un que l'autre.  Un litre de vin ne s'échange contre deux kilos de pain que s'il a fallu autant d'heures de travail pour produire ces deux quantités de produit (en comprenant le temps de travail inclus dans les machines et les produits intermédiaires utilisés).  L'échange monétarisé est susceptible du même type d'analyse.  La monnaie, qui, au XIXe siècle est surtout métallique, concentre une grande quantité de valeur travail (il faut extraire des tonnes de minerai pour isoler quelques grammes d'or ou d'argent).  On peut donc établir une relation du type 1 litre de vin = 1 milligramme d'or ; 1 kilo de pain = 0,5 milligramme d'or ; d'où 1 litre de vin = 2 kilos de pain = 1 milligramme d'or.  La monnaie, unité de compte, instrument de circulation des produits et réserve de valeur permet de dépasser le troc et facilite donc l'échange marchand (v.  étape 6).

 

Pour les économistes néoclassiques, c'est l'utilité et la rareté qui fondent l'échange marchand.  Un produit est d'autant plus coûteux qu'il est plus rare, c'est-à-dire plus difficile à produire.  Par ailleurs, un produit est d'autant plus demandé qu'il apparaît, subjectivement, plus utile aux acheteurs.  Ainsi un produit rare et très demandé (or, diamants, tableaux de maître, etc.) sera très cher ; on ne pourra l'acquérir qu'en échange d'une grande quantité d'un autre produit moins rare et moins demandé ou en échange d'une grande quantité de monnaie.  L'échange marchand établit donc un équilibre entre les valeurs (quel qu'en soit le fondement) des produits échangés.  Mais les relations matérielles entre les individus et les groupes sociaux ne se réduisent pas à l'échange et moins encore à l'échange marchand.

 

2.              Dons et échanges non marchands

 

Nous avons déjà vu que nos sociétés contemporaines faisaient une place au don ou à des échanges non marchands, en particulier au sein de la famille.  Ces pratiques semblent quelque peu résiduelles au sein d'économies dominées par les rapports marchands, mais nous comprenons qu'elles sont essentielles pour le fonctionnement de la société.  Faut-il donc s'étonner des pratiques d'échange que nous décrivent de nombreux ethnologues, comme Marcel Mauss ou Marshall Sahlins ?

Ils étudient de multiples formes d' "échanges cérémoniels", tel l' "échange silencieux", où deux groupes troquent des objets sans entrer en contact l'un avec l'autre, en les déposant puis en se retirant au loin ; ou l'échange "à volume égal", où l'on troque, par exemple, un volume de riz contre un même volume d'arachides, ou encore le troc "à charge égale", où ce sont les poids qui sont équivalents, etc.   Même les peuples dits "archaïques" nouent des relations d'échange avec leurs voisins, parfois selon des modalités très raffinées et sur de longues distances.  Mais ces échanges ne répondent pas nécessairement à la logique marchande : les échangistes ne recherchent pas l'acquisition d'objets utilitaires au meilleur "prix" et sont bien conscients que les produits qu'ils troquent n'ont pas de valeurs comptables équivalentes.  Ils visent en fait, à travers des échanges portant parfois sur des objets symboliques, et toujours à travers des pratiques très codifiées, ritualisées, à établir ou à renforcer un lien social : ainsi le "doux commerce", selon l'expression de Montesquieu, se substitue à la guerre.  Si les échanges semblent donc bien universels, les échanges marchands ne le sont pas.  Mais l'existence d'échanges marchands suffit-elle à établir un marché ?

 

B.              L'existence d'échanges marchands ne suffit pas à établir un marché

L' "encastrement social" du marché // L'échange marchand occasionnel.  Les marchés localisés // Des marchés occasionnels et localisés aux marchés permanents et généralisés

 

1.              L' "encastrement social" du marché

 

Les recherches historiques démontrent l'ancienneté du commerce y compris du grand commerce sur longue distance.  Mais pour certains chercheurs, tel Karl Polanyi, fondateur de la socio-économie (La Grande Transformation, 1944, Les Systèmes économiques dans l'histoire et dans la théorie, 1974), il faut distinguer commerce et marché.

En effet, pour qu'il y ait marché, il faut que les prix fluctuent, or le commerce "international" antique, par exemple, était "encastré dans le social", c'est-à-dire que le prix était bien souvent fixé antérieurement à l'échange par des considérations politiques et sociologiques.  Ainsi, en Mésopotamie, c'était l'État qui fixait "administrait" les prix, et les marchands n'étaient pas des commerçants, au sens moderne du terme, c'est-à-dire recherchant le plus grand bénéfice possible, mais des fonctionnaires qui attendaient de leur commerce une promotion.

 

2.              L'échange marchand occasionnel.  Les marchés localisés

 

En outre, pour certains historiens comme Witold Kula, ces échanges restèrent longtemps limités, tant géographiquement qu'économiquement.  La plupart des transactions, avant l'époque contemporaine, ne portaient que sur des quantités relativement minimes de produits résultant de surplus de production occasionnels.

Quand les prix fluctuaient sur un marché (en l'absence d' " encastrement ", ce qui était rare), c'était le plus souvent indépendamment des mouvements de prix sur les autres marchés, même géographiquement proches.  En dehors d'un cercle géographique très restreint, on ne pouvait donc pas discerner de véritable marché pour un produit donné.

 

3.              Des marchés occasionnels et localisés aux marchés permanents et généralisés

 

À diverses époques, pour que les marchés occasionnels et localisés deviennent permanents et généralisés, toutes sortes de conditions, économiques, techniques, politiques et sociales, plus ou moins interdépendantes, ont dû être réunies :

·      un développement suffisant de la productivité et de la production permettant l'apparition d'un surplus permanent commercialisable ;

·      l'établissement de réseaux de communication (routes, liaisons maritimes, etc.) pour que circulent marchands et marchandises ;

·      l'instauration d'un ordre politique garantissant la sécurité des transports et la valeur des monnaies et acceptant la circulation des biens et des hommes ;

·      une idéologie acceptant le "désencastrement" de l'échange et la fluctuation des prix ;

·      le développement de techniques comptables et commerciales (comme l'escompte des effets de commerce, v.  chap.  3) ;

·      une division sociale du travail suscitant l'apparition d'une classe de marchands.

 

Le marché n'a donc pas toujours existé, mais il est le produit d'une histoire complexe et ne s'est développé qu'en certains endroits et en certaines périodes propices.  Ainsi le haut Moyen Âge fut-il plutôt, à cause de la faiblesse des techniques et de l'émiettement politique de la féodalité, une époque de repli autarcique.  D'autres époques furent beaucoup plus propices à l'épanouissement du marché :   au Xllle siècle, c'est l'apogée des grandes foires des Flandres, d'Italie, de Champagne ; à l'époque de la Renaissance et des grandes découvertes, le commerce international s'étend au monde entier.   Cependant, même en ces périodes, les obstacles à l'établissement de véritables marchés généralisés étaient importants.  En particulier, les autorités politiques et les corporations acceptaient mal la libre fixation des prix.  L'État restreignait la libre circulation des produits (interdiction d'exporter du blé d'une province à une autre, et plus encore à l'étranger) et s'opposait à la sortie des métaux précieux pour  payer les importations.

 

Aussi les historiens ne sont-ils pas tous d'accord pour dater l'apparition d'une véritable économie de marché en Occident.  Apparut-elle dès l'Antiquité (les Phéniciens, la Grèce et Rome), au Moyen-Âge (les grandes foires européennes, mais aussi le commerce méditerranéen et asiatique des marchands arabes) ?  Ou bien faut-il attendre les grandes découvertes de la fin du XVe siècle (Magellan, Colomb,...) ou l'avènement de l'ère industrielle (XVIIIe-XIXe siècle) ?  Karl Polanyi prend une position extrême : pour lui, le marché (qu'il semble identifier au marché concurrentiel) ne s'est vraiment désencastré que pendant un siècle, de 1834 (abolition de l'Acte de Speen hamland, permettant une totale marchandisation de la main-d'œuvre en Angleterre, v.  supra) aux années 1930, où l'État intervient alors pour juguler la grande crise.

 

·      L'échange marchand suppose l'équivalence des valeurs échangées.  Mais les dons et certains échanges sont "bon marché", ils visent avant tout à tisser des liens sociaux non économiques.

 

·      Pour que l'échange marchand donne naissance au marché, il faut qu'il soit : "désencastré", c'est-à-dire dégagé des emprises sociales non économiques ; ou permanent et généralisé dans l'économie.

 

Mais une autre question divise aussi historiens et économistes : celle du rapport entre l'économie de marché et le capitalisme.

 

 

 

II.   Marché et capitalisme

 

  1. Le capitalisme
  2. Une identification fréquente
  3. Capitalisme et activité marchande ne se recoupent que partiellement

 

A.             Le capitalisme

Fondements idéologiques // Caractéristiques // Critiques

 

1.              Fondements idéologiques

 

Rencontré, depuis le XVIIIe siècle, dans la plupart des pays d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord, ce système est fondé sur la liberté économique.

 

Principe : Le bonheur de l'humanité se fonde sur le développement de la liberté individuelle ; celle-ci permet à chacun d'améliorer sa position sociale.

 

2.              Caractéristiques

 

Le système capitaliste repose sur :

·        l'appropriation des biens de production ;

·        la liberté économique absolue c'est-à-dire absence d'interventionnisme ;

·        l'économie de marché : elle est régie par le jeu de l'offre et de la demande.  Le mécanisme des prix ajuste l'offre et la demande ;

·        le rôle primordial de la concurrence ;

·        l'épargne, source de financement du développement des entreprises ;

·        l'entrepreneur qui combine les facteurs de production et assure la répartition du produit ;

·        le recours à une mécanisation poussée, à l'automatisation de la production ainsi qu'à l'organisation scientifique du travail (division du travail, accroissement de la productivité, …dans le souci de rentabiliser la production) ;

·        la recherche de l'intérêt personnel et d'un profit maximum. La production est donc orientée vers les secteurs les plus rentables (maximisation du profit).

 

3.              Critiques

 

a)              Avantages

 

·        Il est efficient : l'intérêt personnel (moteur du système) entraîne une forte motivation chez le producteur.

·        Il tend au progrès : le jeu de la concurrence et la recherche du profit poussent à l'innovation.

·        Il est source de liberté : indépendance économique à l'égard de l'autorité publique.

·        Il est souple : adaptation rapide et obligatoire de l'offre à toute fluctuation de la demande.

·        Il est au service de consommateur : grâce à la prépondérance de la demande et à l'adaptation rapide de la production.

·        Il comporte une sanction automatique de l'échec et de l'insuffisance : le seul impératif est de réussir ; celui qui ne respecte pas ce principe disparaît.

 

b)              Inconvénients

 

·        Il ne réalise pas le meilleur produit social : en effet, l'intérêt personnel prime l'intérêt collectif.

·        Il entraîne une injustice social : il ne se soucie pas des besoins des plus pauvres ; les besoins ne sont satisfaits qu'à condition de posséder un pouvoir d'achat suffisant.

·        Il favorise le gaspillage des ressources (épuisement des richesses).

·        Il rejette tout mécanisme égalisateur de revenu.

·        Il est synonyme d'instabilité de l'emploi.

·        Il est à la base de nombreux conflits sociaux : condition de travail, compression des rémunérations, …

·        Il aboutit à des positions monopolistiques.

·        Il engendre souvent l'exploitation du plus pauvres (situation financière du Tiers-Monde et des P.V.D.).

 

Le profit dans le processus productif

 

 

 

 

B.              Une identification fréquente

 

Les deux expressions "économie de marché" et "économie capitaliste" sont souvent employées de manière interchangeable.  En général, on désigne les économies occidentales sous l'appellation neutre de "pays développés à économie de marché" (PDEM).   Notons cependant que l'utilisation du terme "capitaliste" revient à la mode, peut-être à cause de la quasi-disparition de l' "autre camp", socialiste, depuis la victoire de la droite française.  En dehors de ces aspects politiques et sémantiques, l'assimilation entre capitalisme et économie de marché est critiquée de plusieurs points de vue.

 

C.             Capitalisme et activité marchande ne se recoupent que partiellement

Le capitalisme naît de l'activité marchande, mais ne se confond pas avec elle // Le capitalisme comme mode de production // L'activité économique des pays capitalistes ne repose pas uniquement sur le marché

 

1.              Le capitalisme naît de l'activité marchande, mais ne se confond pas avec elle

 

Toute activité marchande n'est pas "capitaliste".  Si tel était le cas, le petit commerçant serait un capitaliste et le capitalisme remonterait à la plus haute antiquité.  Il faut donc distinguer d'une part la petite production et la petite activité marchande du capitalisme lui-même.

Dès l'Antiquité, le grand commerce donna naissance à des sociétés financières dont les profits accumulés étaient sans cesse réinvestis dans de nouveaux trafics ou dans des activités quasi industrielles (fabrication d'armes, de poteries, etc.).  De même, au Moyen Âge, le commerce à longue distance se développa parallèlement à la banque, à la frappe des pièces de monnaie.  Des fortunes s'édifièrent sur ces bases, telle celle de Jacques Coeur (1395-1456), commerçant de Bourges dont les activités s'étendaient de l'Europe à l'Orient et qui finança la fin de la guerre de Cent Ans.  Mais il ne s'agissait là que des noyaux capitalistes immergés au sein d'économies dominées par la petite production quasi autarcique.

Pour la plupart des historiens, il faut attendre le XVlème siècle pour que se mette en place un système capitaliste.  Pour Fernand Braudel (Civilisation matérielle, économie et capitalisme XVe-XVIIe siècles, Armand Colin, 1979), le capitalisme apparaît lorsqu'entre le producteur et l'acheteur s'intercale systématiquement un tiers, le marchand, surtout si celui-ci est un intermédiaire financier, un marchand d'argent.  Le capitalisme suppose la concentration, financière notamment : "Le capitaliste est celui qui tient la bouteille par le goulot", écrit Fernand Braudel.  Cette conception spécifique n'est pas éloignée de la concurrence imparfaite (v.  chap.  8).  Ainsi le capitalisme naît dans le commerce, mais il pervertit l'échange marchand car l'intermédiaire fausse le face-à-face immédiat acheteur-vendeur.

 

2.              Le capitalisme comme mode de production

 

Pour d'autres théoriciens, comme Marx, le capitalisme suppose non seulement une circulation marchande des produits mais aussi leur production à grande échelle dans des entreprises utilisant une grande quantité de moyens techniques et de travail salarié.

 

Ce mode de production repose sur l'accumulation du capital à partir des profits procurés par la production et la vente des marchandises.  Cette accumulation permet le financement d'un progrès technique continu, lui-même source de profits futurs.

 

Le profit provient d'un rapport social spécifique.  Le capitalisme suppose en effet le salariat, c'est-à-dire des travailleurs qui ne soient pas propriétaires des moyens de production et soient contraints de louer leur force de travail pour vivre.  Ainsi la force de travail devient-elle une marchandise : elle a son marché propre (le marché du travail) et son prix (le salaire).  Pour les marxistes, le capitalisme repose sur l'exploitation du travail salarié.  Le propriétaire des moyens de production (le capitaliste) fait travailler le salarié pour un temps et un salaire forfaitaires ; étant propriétaire de la marchandise produite, il la revend librement de telle sorte qu'il accapare la "plus-value", différence entre la valeur produite par le travailleur et la valeur du salaire.

Notons que le travail salarié est un travail "libre".  Le capitalisme se distingue donc du mode de production esclavagiste, où le travailleur est propriété de son maître, et du mode de production féodal, où le serf est lié personnellement à son seigneur.

 

3.              L'activité économique des pays capitalistes ne repose pas uniquement sur le marché

 

La vision idéale d'un marché fonctionnant sans intervention extérieure (autorégulation) est bien souvent éloignée de la réalité historique.  Dans les pays capitalistes, l'État est venu épauler et corriger le marché, voire se substituer à lui.  Selon l'économiste anglais C. Rowley, le capitalisme est donc, surtout dans sa forme contemporaine, un système d'économie mixte, où le marché est en grande partie régulé de l'extérieur par l'État.

Notons pour terminer que la question du rapport entre marché et capitalisme n'a pas qu'un intérêt historique ou théorique, elle est d'actualité : la Chine est, officiellement une "économie socialiste de marché", et certains se demandent, dans les ex-pays communistes, si le capitalisme doit nécessairement accompagner l'instauration des mécanismes de marché.

 

·      Capitalisme et marché ont des significations différentes.

·      Pour certains (F. Braudei) le capitalisme naît du marché, mais il a tendance à en corrompre le fonctionnement.

·      Pour d'autres (K. Marx), le capitalisme est avant tout un mode de production, et non un mode de circulation des marchandises.

·      Les économies capitalistes ne reposent pas uniquement sur des mécanismes de marché.  Le rôle de l'État, qui s'exerce hors marché, est important.  Pour cette raison, les économies capitalistes contemporaines peuvent être considérées comme mixtes.

 

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    Marché, organisations et institutions

 

  1. Organisations et institutions au service du marché
  2. Offre et demande, et confrontations d'organisations
  3. L'organisation interne des entreprises s'oppose au marché

 

 

 

I.    Organisations et institutions au service du marché

 

Dans bon nombre de cas, le marché est organisé et des institutions, spécifiques ou non, veillent à son bon fonctionnement.

 

  1. Les organisations des marchés
  2. La réglementation du marché
  3. Les institutions veillant au bon fonctionnement du marché

 

A.             Les organisations des marchés

 

Un marché local ne nécessite qu'une organisation minimale : calendrier, heures d'ouverture et de fermeture, attribution de son emplacement à chaque commerçant, etc.  En revanche, de grands marchés nationaux ou internationaux comme les marchés financiers et les marchés des grands produits (céréales, café, coton, etc.) ont des organisations beaucoup plus complexes.

Ainsi avons-nous vu à l'étape 6, que le marché financier comprend différents compartiments (cote officielle, second marché).  Les titres sont cotés non plus "à la corbeille" mais grâce à un système informatique très perfectionné, qui permet à tout instant de confronter les demandes et les offres de valeurs et de calculer des indices comme le Bel20 ou le CAC 40 ou le Dow Jones, etc.

 

B.              La réglementation du marché

 

Dans la plupart des pays, les marchés sont réglementés : les États-Unis ont leur "législation antitrust" (qui vise à éviter une concurrence trop imparfaite), la France et l'Union européenne ont aussi un droit de la concurrence spécifique.

 

Tout cet arsenal juridique, national et international, a pour but de veiller à la transparence des transactions, d'éviter les abus de position dominante (ententes illicites, monopoles, etc.  Songeons à la recapitalisation d'Apple par Bill Gates pour éviter la disparition d'un concurrent) et les pratiques commerciales déloyales comme le dumping (vente à perte permettant d'éliminer les concurrents pour, ensuite, relever les prix.  Songeons aux actions des pétroliers connus, lors de l'introduction de Seca sur le marché belge).

 

C.             Les institutions veillant au bon fonctionnement du marché

Les institutions politiques et le marché // Les institutions corporatives

 

1.              Les institutions politiques et le marché

 

On peut schématiquement distinguer les institutions politiques concernées selon trois niveaux de compétence.

 

Les communes organisent les marchés locaux en imposant le respect des arrêtés municipaux concernant le calendrier et les horaires des foires et des marchés, l'hygiène et la sécurité publiques des activités commerciales, les opérations commerciales exceptionnelles (soldes), etc.  Les communes perçoivent à cette occasion des taxes et des redevances, mais accordent également des subventions pour la tenue des grandes foires commerciales, par exemple.

 

L'État a élaboré au fil des ans une législation considérable concernant le droit commercial, que les tribunaux civils et les tribunaux de commerce font respecter sur le territoire national.  Par ailleurs, l'État intervient fréquemment en accord avec les professionnels pour réguler certains marchés qui connaissent des fluctuations importantes (par exemple, subventions aux comités de pêche pour retirer du marché et stocker le poisson excédentaire, qui fait baisser excessivement les cours).

 

Le niveau international est représenté par :

  - des organismes "régionaux" : ainsi la Commission de Bruxelles est-elle une source de droit importante pour le fonctionnement des marchés des pays membres de l'Union européenne ;

 - des organismes à vocation mondiale comme le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), qui définit les pratiques du commerce international.

 

2.              Les institutions corporatives

 

Au Moyen Âge déjà, et jusqu'à la Révolution, les corporations de métiers réglementaient le marché (marché local le plus souvent), en fixant les prix, les quantités et les qualités des différentes marchandises.  Malgré l'abolition des corporations en 1791 (décret D'Allarde), l'auto-organisation de certaines activités subsiste à l'époque contemporaine.

Dans certaines professions, il existe des "ordres" (ordre des médecins, des pharmaciens, des avocats, etc.) qui élaborent avec Les pouvoirs publics des conditions d'exercice, des règles de bonne conduite (règles déontologiques).  La COB (Commission des Opérations de Bourse) surveille le fonctionnement de la Bourse de Paris.  Les chambres de commerce et d'industrie ainsi que les chambres de métiers exercent un rôle d'orientation, de conseil, de contrôle, de formation professionnelle, d'aide à la commercialisation des produits (par l'organisation de foires et de salons notamment).

 

 

·      La plupart des marchés ne fonctionnent pas spontanément, ils sont organisés.

·      Les marchés sont généralement réglementés.

·      De nombreuses institutions agissent en faveur de l'organisation et de la réglementation du marché.  Certaines sont politiques, nationales ou internationales, d'autres sont corporatives.

 

 

 

II. Offre et demande, et confrontations d'organisations

 

  1. Les entreprises forment des organisations de marché
  2. L'organisation des entreprises modifie le fonctionnement du marché

 

A.             Les entreprises forment des organisations de marché

 

Comme nous l'avons vu à propos de la concurrence non "atomistique", on ne peut réduire la plupart des marchés contemporains à une simple confrontation d'une offre et d'une demande anonymes.  De plus en plus, les marchés sont constitués de réseaux d'organisations interactives : les entreprises.

L'exemple des oligopoles est à cet égard particulièrement significatif , l 'offre (en quantité, qualité et prix) de chaque entreprise oligopolistique dépend des autres entreprises de la même branche et des branches fournisseuses ou acheteuses.

 

B.              L'organisation des entreprises modifie le fonctionnement du marché

 

Chaque entreprise a une stratégie spécifique pour maximiser son profit certes, mais aussi pour limiter la concurrence des autres firmes, étendre son propre marché, limiter ses coûts d'approvisionnement (par exemple, en absorbant ses fournisseurs), maîtriser les circuits de distribution de ses produits (en absorbant éventuellement les entreprises en aval), etc.

 

Les entreprises nouent donc des alliances, concluent des accords de long terme sur les prix et les quantités, de telle sorte qu'on s'éloigne notablement de l'image simpliste du marché où s'affrontent les demandes et offres agrégées de multiples acheteurs et firmes vendeuses.  L'organisation (essentiellement entre firmes) s'oppose donc à la relation de marché du modèle de concurrence.

 

Par leur organisation collective, les entreprises modifient le fonctionnement spontané du marché.

 

 

 

III.   L'organisation interne des entreprises s'oppose au marché

 

  1. Les phénomènes d'organisation limitent l'importance du marché
  2. Les prix de transfert et les prix de marché

 

A.             Les phénomènes d'organisation limitent l'importance du marché

 

Selon l'Américain Ronald Coase, prix Nobel d'économie 1991, c'est l'organisation interne de la firme, et non le marché, qui importe le plus.

Sa thèse part de la constatation que les différents services de l'entreprise : approvisionnement, production, commercialisation, financement, gestion du personnel, etc. n'ont pas entre eux de rapports marchands.  Coase explique cette situation, paradoxale, de la mise "hors marché" des entreprises par les capitalistes eux-mêmes, par les "coûts de transaction" excessifs qu'entraînerait la "privatisation" des différents services de l'entreprise.  Autrement dit, si chaque service de l'entreprise était considéré comme une entreprise indépendante en concurrence avec ses semblables ayant la même activité, la recherche d'information, la négociation des contrats (accord sur le prix, la qualité, les quantités), la surveillance de leur application seraient plus coûteuses que le fonctionnement d'une organisation fonctionnant non à partir de prix de marché, mais à partir d'ordres des différents niveaux hiérarchiques et fonctionnels.

 

B.              Les prix de transfert et les prix de marché

 

Entre les établissements ou les filiales d'une même entreprise, les échanges ne sont pas nécessairement comptabilisés au prix du marché.  Par exemple, les moteurs que l'usine Renault de Douai livre à celle de Flins ne sont pas nécessairement facturés au prix auquel ils seraient vendus à une autre entreprise.  Le prix de l'échange interne est un prix de transfert et non un prix de marché.

 

Les prix de transfert jouent un rôle important dans le commerce mondial, car les firmes multinationales y recourent dans les échanges entre leurs nombreuses filiales situées dans des pays différents.  Prenons l'exemple de deux filiales d'un même groupe, l'une située en France et l'autre en Espagne.  Si l'impôt sur les bénéfices est plus élevé en France qu'en Espagne, la filiale française vendra à bas prix des pièces détachées destinées au montage des véhicules dans l'usine espagnole.  Ceux-ci seront ensuite commercialisés à un prix plus élevé sur le marché espagnol.  Ainsi, dans l'échange, le bénéfice apparaîtra en Espagne, là où il est le moins taxé.  De cette manière, par l'utilisation des prix de transfert, les multinationales contribuent à fausser les mécanismes du marché, qu'elles détournent à leur profit.

 

Le rôle du marché est limité par les stratégies des entreprises, qui n'utilisent pas ses mécanismes pour fonctionner.

 

 Entre les établissements et les filiales d'une entreprise, notamment multinationale, les prix de transfert sont généralement préférés aux prix de marché.

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    L'extension du marché et sa critique

 

  1. L'extension du marché et de la logique marchande
  2. La critique de l'extension du marché

 

 

 

I.    L'extension du marché et de la logique marchande

 

  1. L'extension des phénomènes du marché
  2. L'extension des analyses en termes de marché

 

A.             L'extension des phénomènes du marché

 

Non seulement les produits et les services sont le plus souvent vendus sur les marchés et de moins en moins autoproduits (par les consommateurs) et autoconsommés (par les producteurs), mais d'autres marchandises (ou pseudo-marchandises, c'est-à-dire n'étant pas reproductibles à l'identique comme de "vraies" marchandises) se sont développées au fil du temps.  II en est ainsi de la terre et du travail.  Les fiefs seigneuriaux, les communautés villageoises reposaient sur un territoire considéré comme quasiment sacré et donc inaliénable.  Mais progressivement, tout en conservant parfois la trace de ce passé, la terre est devenue un objet banal de transactions marchandes.

Le sociologue Henri Mendras, dans "La Fin des paysans" montre comment l'agriculteur contemporain en est venu à considérer la terre comme un facteur de productivité qui représente surtout un coût que l'exploitant agricole essaie d'alléger le plus possible, alors que son ancêtre paysan amassait sou à sou, imaginait des stratégies matrimoniales pour l'acquérir à tout prix, souvent au détriment de la rationalité économique.  Le travail (ou plutôt la force de travail, c'est-à-dire l'ensemble des capacités physiques et intellectuelles dont le travailleur est porteur) est devenu, depuis l'abolition de l'esclavage et du servage, une (pseudo-) marchandise que l'on "produit" notamment dans le système scolaire et que l'on "vend" sur le marché du travail contre un salaire.

 

B.              L'extension des analyses en termes de marché

 

Avec les économistes américains lames Buchanan (prix Nobel 1986), Gary Becker (prix Nobel 1993) et beaucoup d'autres, l'analyse en termes de marché s'étend à d'autres domaines que l'économie : la politique (I. Buchanan), la discrimination raciale, le crime, l'enseignement, la famille, la fécondité, la pollution, etc.  (G. Becker)

 

Par exemple, Becker a élaboré une théorie du capital humain qui a de nombreuses applications.  Il explique ainsi la "demande d'éducation" des individus par la comparaison qu'ils feraient entre les dépenses engagées (dépenses directes : coûts des études ; indirectes : salaires non perçus pendant les études) et les revenus futurs obtenus grâce à l'instruction reçue.  Ils prolongeraient donc leurs études tant que le "coût marginal" serait inférieur au "bénéfice marginal" (élévation de salaire) provenant d'une année d'étude supplémentaire.  De même, pour Becker, la "demande d'enfant" s'analyse comme une demande de bien durable.  Les parents ont certaines préférences quant à la quantité et à la qualité de leurs enfants.  La qualité des enfants dépendant des dépenses consacrées à leur entretien et à leur éducation, les parents ont à arbitrer entre "plus" et "mieux" d'enfants.  Cela expliquerait, par exemple, la plus faible fécondité des villes par rapport aux campagnes, car les dépenses (notamment en logement) y sont supérieures.

 

 

L'extension du marché revêt un double aspect :

·      De plus en plus de biens ou de valeurs sont transformés en marchandises ou pseudo-marchandises.

·      L'analyse en termes de marchés a tendance à s'étendre à des domaines traditionnellement non économiques (politique, famille, fécondité, criminalité, etc.).

 

 

 

II. La critique de l'extension du marché

 

Cette marchandisation croissante des rapports sociaux suscite, depuis des siècles, des réactions diverses et parfois opposées.

 

  1. Les bienfaits du marché
  2. Les dangers du marché

 

A.             Les bienfaits du marché

 

Le développement historique du marché qui a permis le "désencastrement social" peut apparaître comme "progressiste", voire libérateur.

Ainsi le marché du travail s'est-il édifié sur les décombres de l'esclavage et du servage.  L'individu est devenu libre d'offrir ou non son travail à qui il voulait.

De manière plus générale, l'action du marché s'est exercée aux dépens de la "solidarité mécanique" des sociétés traditionnelles et a permis l'établissement d'une "solidarité organique" (cfr. chap. 5 et 13) considérée comme moins aliénante.  L'individu s'y trouve plus libre de ses choix, de ses attachements que dans les sociétés traditionnelles.

 

B.              Les dangers du marché

 

Cependant, la dénonciation du marché et du règne de l'argent est ancienne.

Ainsi pour Marx, l'argent "confond et échange toutes choses, il est la confusion et la permutation universelle de toutes choses, donc le monde à l'envers, la confusion et la permutation de toutes les qualités naturelles et humaines" (Manuscrits de 1844, éditions sociales, 1969).

De très nombreux auteurs, philosophes, sociologues et économistes, voient dans l'extension du marché un danger moral, une menace de corruption des valeurs et de réduction du lien social à de simples rapports d'argent.  Jusqu'où doit s'étendre le marché, quelles sont les valeurs qui doivent rester en dehors des circuits marchands ?  Le sang et certains organes humains, par exemple, susceptibles d'être greffés doivent-ils être considérés comme des marchandises (avec un prix en fonction de l'offre et de la demande) ou ne doivent-ils faire l'objet que de dons et, par conséquent, rester gratuits ! Dans le monde entier, les experts, les comités d'éthique, les Parlements se penchent sur ces questions fondamentales.

 

 

Les avis divergent sur le jugement qu'il convient de porter sur l'extension du marché et de la logique marchande.

·      Certains voient dans cette extension un progrès à la mesure du "désencastrement social" qu'il implique.

·      D'autres y voient un danger pour la société, une nouvelle barbarie.

 

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    À retenir...

 

Demande : quantité d'un bien qu'un agent désire acquérir à un prix donné.

 

En règle générale, la demande d'un produit est une fonction décroissante de son prix.

 

Offre : quantité d'un bien qu'un agent désire vendre sur le marché à un prix donné.

 

Concurrence pure :

n    atomicité

n    homogénéité du produit

n    libre entrée sur le marché

 

Concurrence parfaite :

n    transparence du marché

n    mobilité des facteurs

 

Coût fixe : dépense engagée quelle que soit la quantité produite par l'entreprise.

 

Coût variable : par opposition au coût fixe, le coût variable change avec la quantité produite.

 

Coût total : le coût total est la somme des deux types de coûts :

 coûts fixes

 coûts variables (proportionnels et non proportionnels).

 

Coût marginal : coût de la dernière unité produite ; c'est le supplément de coût engendré par la production d'une unité supplémentaire.

 

En concurrence pure et parfaite, l'entreprise atteint son optimum pour une quantité produite telle que son coût marginal soit égal au prix du marché.

 

Les coûts moyens s'obtiennent en divisant les coûts globaux par la quantité produite q.

 

Optimum de production de l'entreprise : quantité de production qui procure le maximum de bénéfice (ou le minimum de perte).

 

En concurrence pure et parfaite, l'entreprise atteint son optimum pour une quantité produite telle que son coût marginal soit égal au prix du marché.

 

Économies d'échelle : en augmentant l'échelle de sa production, l'entreprise diminue ses coûts et augmente son bénéfice.

 

Concentration : la concentration économique et financière des entreprises est le processus qui permet à un nombre de plus en plus restreint d'entreprises de grande taille d'alimenter une part importante des marchés.

 

Les monopoles et oligopoles sont implantés sur des marchés où les acheteurs sont très nombreux et inorganisés.

 

Les monopsones et oligopsones sont constitués d'un grand nombre de producteurs face à un seul ou à quelques acheteurs.

 

Le modèle de concurrence pure et parfaite indique comment un équilibre stable peut se réaliser sur les marchés.

 

Mais les conditions des marchés réels s'éloignent des conditions de la concurrence pure et parfaite : la plupart des marchés sont imparfaits.

 

Le modèle de concurrence pure et parfaite indique comment un équilibre stable peut se réaliser sur les marchés.

 

Mais les conditions des marchés réels s'éloignent des conditions de la concurrence pure et parfaite : la plupart des marchés sont imparfaits.

 

1.           Un monopole est relatif au marché considéré : local, national ou international ;

·            il est menacé par des produits de substitution ;

·            il n'y a donc pas de monopole absolu durable dès que l'on considère une échelle de marché suffisante, surtout dans les économies ouvertes contemporaines.

 

2.           La plupart des marchés sont dominés par des oligopoles ;

·            dans un oligopole, chaque firme doit tenir compte, pour décider de ses prix et de ses quantités, de la demande des acheteurs, mais aussi des réactions des autres firmes ;

·            les oligopoles peuvent être plus ou moins coordonnés ;

·            ils peuvent être, selon les circonstances, en paix ou en guerre.

 

* À court terme, la plupart des marchés étant imparfaits, les prix sont assez rigides.  Ce sont donc les quantités, plutôt que les prix, qui ont tendance à varier.

* À long terme, les prix fluctuent (généralement à la baisse, en termes réels) sous l'effet de facteurs multiples :

·      - réaction des consommateurs ;

·      - changements dans les structures et le fonctionnement des marchés

·      - progrès technique.

 

 

Le mythe de la souveraineté du consommateur occulte une caractéristique essentielle des économies modernes : la domination des principaux marchés par les grandes firmes concentrées, nationales et multinationales.

 

Les économies fondées sur les mécanismes de marché ont démontré historiquement leur capacité à satisfaire un nombre croissant de besoins.

 

Cette satisfaction participe cependant d'une dynamique de l'offre qui ne permet pas d'atteindre la satiété mais, au contraire, engendre sans cesse de nouvelles frustrations, moteur même de la croissance économique.

 

Le marché ne permet de satisfaire que les besoins solvables, compte tenu d'une certaine répartition du revenu.  En conséquence, le sentiment d'injustice peut naître de l'impossibilité, à cause d'un pouvoir d'achat trop faible, de satisfaire les besoins que l'on éprouve.  En particulier, le marché laisse insatisfaits bon nombre de besoins, parfois vitaux.  II est impuissant à vaincre les problèmes liés à la pauvreté de masse, qui se développe dans les pays riches.

 

Biens et services non marchands : biens et services produits par les administrations et disponibles gratuitement ou quasi gratuitement, c'est-à-dire à un prix inférieur à leur coût de revient.

 

Biens et services collectifs : biens et services utilisables par plusieurs personnes simultanément (route, pont, émission de radio, par exemple).

 

Externalité : un agent économique provoque une externalité quand son action modifie la situation d'un autre agent.  On distingue :

n    des externalités négatives : une usine pollue l'environnement, le voisinage en subit les conséquences ;

n    des externalités positives : l'implantation d'une usine crée des emplois, dont bénéficient les commerçants de la localité, qui voient leur clientèle se gonfler des salariés embauchés par l'usine ;

n    des externalités réciproques : l'apiculteur bénéficie de la proximité d'un verger où ses abeilles vont butiner, et l'arboriculteur bénéficie des abeilles qui favorisent la pollinisation de ses arbres fruitiers.

 

Échange marchand : il y a échange marchand lorsque les produits échangés ont une valeur équivalente.

 

L'échange marchand suppose l'équivalence des valeurs échangées.  Mais les dons et certains  échanges sont "bon marché", ils visent avant tout à tisser des liens sociaux non économiques.

 

Pour que l'échange marchand donne naissance au marché, il faut qu'il soit : "désencastré", c'est-à-dire dégagé des emprises sociales non économiques ; ou permanent et généralisé dans l'économie.

 

Capitalisme et marché ont des significations différentes.

Pour certains (F. Braudei), le capitalisme naît du marché, mais il a tendance à en corrompre le fonctionnement.

Pour d'autres (K. Marx), le capitalisme est avant tout un mode de production, et non un mode de circulation des marchandises.

Les économies capitalistes ne reposent pas uniquement sur des mécanismes de marché.  Le rôle de l'État, qui s'exerce hors marché, est important.  Pour cette raison, les économies capitalistes contemporaines peuvent être considérées comme mixtes.

 

La plupart des marchés ne fonctionnent pas spontanément, ils sont organisés.

Les marchés sont généralement réglementés.

De nombreuses institutions agissent en faveur de l'organisation et de la réglementation du marché.  Certaines sont politiques, nationales ou internationales, d'autres sont corporatives.

 

L'extension du marché revêt un double aspect :

De plus en plus de biens ou de valeurs sont transformés en marchandises ou pseudo-marchandises.

L'analyse en termes de marchés a tendance à s'étendre à des domaines traditionnellement non économiques (politique, famille, fécondité, criminalité, etc.).

 

La demande et l’offre : la détermination de l’équilibre du marché.

 

Demande : quantité d’un bien qu’un agent désire acquérir à un prix donné.

En règle générale, la demande d’un produit est une fonction décroissante de son prix.

 

Offre : quantité d’un bien qu’un agent désire vendre sur le marché à un prix donné.

 

L’élasticité de la demande d’un bien par rapport à son prix est définie comme étant le rapport entre la variation relative (c.-à-d. en pourcentage) de la quantité demandée et la variation du prix.

 

L’élasticité de la demande par rapport au prix.

On appelle élasticité de X par rapport à Y le quotient de variation relative de X par la variation relative de Y. On peut aussi l’exprimer comme le rapport des taux de variation de X et Y.

 

L’élasticité de l’offre par rapport au prix.

En règle générale l’élasticité de le l’offre par rapport au prix n’est pas constante et varie avec le prix de vente.

 

Le marché de concurrence pure et parfaite.

 

Concurrence pure :

Atomicité : les agents (entreprises et ménages) ont une taille très réduite et sont isolés de sorte que les prix et les quantités ne sont pas influencés.

Homogénéité du produit : les produits proposés par l’offre sont homogènes. Toute diversification entraînerait un choix préférentiel de la part des acheteurs.

La libre entrée sur le marché : lorsque le marché est ouvert à la concurrence de toute entreprise qui souhaiterait s’y implanter. Cette liberté d’entrée suppose notamment qu’il n’y a pas de réglementation contraignante pour l’implantation d’une nouvelle entreprise sur le marché.

 

Concurrence parfaite :

Transparence du marché : un marché est «transparent » lorsque toutes ses caractéristiques sont connues des agents économiques.

Mobilité des facteurs : les facteurs de production, capital et travail doivent pouvoir se déplacer sans obstacle d’une activité à une autre.

 

Coût variable : par opposition au coût fixe, le coût variable change avec la quantité produite.

 

Coût fixe : dépense engagée quelle que soit la quantité produite par l’entreprise.

 

Coût total : le coût total est la somme des 2 types de coûts globaux : coûts fixes, coûts variables.

 

Coût marginal : coût de la dernière unité produite ; c’est le supplément de coût engendré par la production d’une unité supplémentaire.

 

Rendement marginal (Rm) : correspond à l’accroissement de la production obtenu par unité de productive supplémentaire (par ouvriers en +).

 

Coût moyen (Cm) : correspond au coût par unité produite.

 

Coût variable moyen (CVM) correspond au coût variable par unité produite.

 

Coût fixe moyen (CFM) : correspond au coût fixe par unité produite

 

Optimum de production de l’entreprise : quantité de production qui procure le maximum de bénéfice (ou le minimum de perte).

 

En concurrence pure et parfaite, l’entreprise atteint son optimum pour une quantité produite telle que son coût marginal soit égal au prix du marché.

 

Économie d’échelle : en augmentant l’échelle de sa production, l’entreprise diminue ses coûts et augmente son bénéfice.

 

De la concurrence parfaite à la concurrence imparfaite.

 

Concentration : la concentration économique et financière des entreprises est le processus qui permet à un nombre de + en + restreint d’entreprises de grande taille d’alimenter une part importante des marchés.

 

Mais il y a différentes sortes de concentrations :

Concentration verticale : permet à une entreprise de contrôler, en avant ses fournisseurs (matières premières) ; en aval, les circuits de distribution de ses produits (IKEA qui rachète des scieries et des entreprises forestières)

Concentration horizontale : par achat d’entreprises semblables, permet d’obtenir des économies d’échelles et d’augmenter la part de marché de l’entreprise.

Concentration conglomérale : englobe dans un même groupe des entreprises n’ayant aucune liaison technique. Elle vise à travers cette diversification à répartir les risques sur des marchés différents.

 

Le fonctionnement de la concurrence imparfaite.

 

Les monopoles et oligopoles :

Sont implantés sur des marchés où les acheteurs sont très nombreux et inorganisés.

Sont constitués d’un grand nombre de producteurs face à un seul ou à quelques acheteurs.

 

Le monopole : le régime de monopole est constitué d’une multitude d’acheteurs face à un seul vendeur qui représente la totalité de l’offre.

 

Origine du monopole :

                                                                                                         EXEMPLES

 

La situation naturelle

La richesse du sol

La technique

Les innovations les brevets

La loi

Le monopole de l’Etat

Le fait

Concentration des entreprises

 

La quantité vendue sera fonction du prix auquel il décide de vendre. Le prix de vente sera fonction de la quantité qu’il est décidé à matte sur le marché.

 

L’oligopole : le régime de l’oligopole est constitué d’une demande face à un petit nombre de vendeurs.

Exple : le marché des produits pétroliers.

 

L’oligopole trouve principalement sa source sans la concentration des entreprises. La fixation des prix résulte, en général, d’un accord entres les oligopoles.

 

Le modèle de concurrence pure et parfaite indique un équilibre stable peut se réaliser sur les marchés.

Mais les conditions des marchés réels s’éloignent des conditions de la concurrence pure et parfaite : la plupart des marchés sont imparfaits.

 

Rôle des prix.

 

Un monopole est relatif au marché considéré : local, national ou international ;

Il est menacé par des produits de substitution ;

Il n’y a donc pas de monopole absolu durable dès que l’on considère une échelle de marché suffisante, surtout dans les économies ouvertes contemporaines.

 

La plupart des marchés sont dominés par les oligopoles ;

Dans un oligopole, chaque firme doit tenir compte, pour décider de ses prix et de ses quantités, de la demande des acheteurs, mais aussi des réactions des autres firmes ;

Les oligopoles peuvent être plus ou moins coordonnées ;

Ils peuvent être, selon les circonstances, en paix ou en guerre.

 

A court terme, la plupart des marchés étant imparfaits, les prix sont aussi rigides. Ce sont donc les quantités, plutôt que les prix, qui ont tendance à varier.

A long terme, les prix fluctuent sous l’effet de facteurs multiples :

réaction des consommateurs ;

changements dans les structures et le fonctionnement des marchés

progrès technique

 

Les limites du marché dans la satisfaction des besoins.

 

Le mythe de la souveraineté du consommateur occulte une caractéristique essentielle des économies modernes : la domination des principaux marchés par les grandes firmes concentrées, national et multinationales.

 

Les économies fondées sur les mécanismes de marché ont démontré historiquement leur capacité à satisfaire un nombre croissant de besoins.

 

Cette satisfaction participe cependant d’une dynamique de l’offre qui ne permet pas d’atteindre la satiété mais, au contraire, engendre sans cesse de nouvelles frustrations, moteur même de la croissance économique.

 

Le marché ne permet de satisfaire que les besoins solvables, compte tenu d’une certaine répartition du revenu. En conséquence, le sentiment d’injustice peut naître de l’impossibilité, à cause d’un pouvoir d’achat trop faible, de satisfaire les besoins que l’on éprouve. En particulier, le marché laisse insatisfait bon nombre de besoins, parfois vitaux. Il est impuissant à vaincre les problèmes liés à la pauvreté de masse, qui se développe dans les pays riches.

 

La production marchande dans les pays développés.

 

Biens et services non marchands : biens et services produits par les administrations et disponibles gratuitement ou quasi gratuitement, c.-à-d. à un prix inférieur à leur coût de revient.

 

Biens et services collectifs : biens et services utilisables par plusieurs  personnes simultanément (route, pont, émission radio,…)

 

Externalité : un agent économique provoque une externalité quand son action modifie la situation d’un autre agent. On distingue :

Des externalités négatives : une usine pollue l’environnement, le voisinage en subit les conséquences ;

Des externalités positives : l’implantation d’une usine crée des emplois, dont le bénéficient les commerçants de la localité, qui voient leur clientèle se gonfler des salariés embauchés par l’usine ;

Des externalités réciproques : l’apiculteur bénéficie de la proximité d’un verger où ses abeilles vont butiner, et l’arboriculteur bénéficie des abeilles qui favorisent la pollinisation des ses arbres fruitiers.

 

Le marché : une construction historique.

 

Échange marchand : il y a échange lorsque les produits échangés ont une valeur équivalente.

L’échange marchand suppose l’équivalence des valeurs échangées. Mais les dons et certains échanges sont "«bon marché », ils visent avant tout à tisser des liens sociaux non économiques.

 

Pour que l’échange marchand donne naissance au marché, il faut qu’il soit : «désencastré », c.-à-d. dégagé des emprises sociales non économiques ; ou permanent et généraliser dans l’économie.

 

Capitalisme et marché ont des significations différentes.

Pour certains (F. Braudei), le capitalisme naît du marché, mais il a tendance à en corrompre le fonctionnement. Pour d’autres (K. Marx), le capitalisme est avant tout un mode de production, et non un mode de circulation des marchandises.

 

Les économies capitalistes ne reposent pas uniquement sur des mécanismes de marché. Le rôle de l’Etat, qui s’exerce hors marché, est important. Pour cette raison, les économies capitalistes contemporaines peuvent être considérées comme mixte.

 

Marché organisations et institution.

 

L’extension du marché revêt un double aspect :

De plus en plus de biens ou de valeurs sont transformés en marchandises ou pseudo - marchandises ;

L’analyse en termes de marché a tendance à s’étendre à des domaines traditionnellement non économique (politique, famille, fécondité, criminalité, etc.).

 

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    Exercices et travaux

 

$$$$ bts1 p90, 91

 

  1. Demande, offre et équilibre
  2. Optimum en concurrence parfaite
  3. Économies et déséconomies d'échelle

 

 

I.    Demande, offre et équilibre

 

Suite à la période des baptêmes dans l'enseignement supérieur, deux partenaires de la Haute École Roi Baudouin sont en mesure de dresser des statistiques sur la vente des bics en fonction du prix :

 

Prix du bic

20

25

30

35

40

45

50

55

60

65

demande à Braine, La Louvière

1000

900

800

700

600

500

400

300

200

100

demande à Mons, Charleroi

800

750

700

650

600

550

500

450

400

350

 

I.           Calculez, dans le tableau ci-dessous, la demande agrégée de la demande de bics dans le "territoire" de la Haute École, pendant la période de "bleusaille" :

 

II.         Représentez graphiquement la courbe de demande de bics en fonction du prix

Prix du bic

20

25

30

35

40

45

50

55

60

65

demande agrégée du "territoire" pendant la "période"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

III.       Cette demande vous paraît-elle normale, ou typique ? Pourquoi ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

IV.       Des millions de consommateurs belges emploient ce même type de bics pendant l'année ; les entreprises fabriquant ce type de "bics" ont une offre agrégée de :

Prix du bic

20

25

30

35

40

45

50

55

60

65

offre des producteurs (en millions de bics)

1

3,25

5,5

7,75

10

12,25

14,5

16,75

19

21,25

demande agrégée par an en Belgique (en millions)

20

18

16

14

12

10

8

6

4

2

 

 

Reconstruire les courbes de demande et d'offre des bics, en utilisant les conventions habituelles :

 

V.         Déterminez (1) graphiquement, (2) par le calcul, les coordonnées du point d'équilibre entre l'offre et la demande de stylos à bille

 

VI.       Le prix passe de 35 à 40 BEF,

1.    quelle est l'élasticité de l'offre par rapport au prix ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2.    quelle est l'élasticité de la demande par rapport au prix ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

3.    que signifie cette élasticité de l'offre par rapport au prix ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

4.    que signifie cette élasticité de la demande par rapport au prix ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VII.     Cette année, suite à une augmentation du revenu et à un incendie dans une usine de crayons, la demande de bics augmente uniformément de 20 %.  Quel est le nouveau point d'équilibre ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Cet équilibre est-il stable ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _Expliquer ce qui aurait pu se passer._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

 

II.    Optimum en concurrence parfaite

 

L'entreprise "Pacher" fabrique des téléviseurs portables noir et blanc.  Sa comptabilité permet de relever les renseignements suivants concernant ses coûts de production :

·      amortissements annuels du capital :                     20 M BEF

·      frais fixes divers (assurance, gardiennage...)      10 M BEF

·      coût des matières premières par téléviseur :       600 BEF

·      coût de main d'oeuvre par téléviseur :                  400 BEF

·      coût divers totaux (en M BEF) :

 

Quantités produites (en milliers)

10

20

30

40

50

60

70

80

90

100

Coûts divers (en M BEF)

10

15

18

28

42

60

82

120

170

240

 

 

I.           Calculez, pour chaque niveau de production, les coûts globaux de la firme "Pacher" :

 

Quantités

coûts

coûts variables

coûts globaux

produites (en milliers)

fixes

proportionnels

non proportionnels

totaux

totaux

10

 

 

 

 

 

20

 

 

 

 

 

30

 

 

 

 

 

40

 

 

 

 

 

50

 

 

 

 

 

60

 

 

 

 

 

70

 

 

 

 

 

80

 

 

 

 

 

90

 

 

 

 

 

100

 

 

 

 

 

 

 

II.         Représentez graphiquement les différentes courbes de coûts globaux en fonction des quantités produites.  Quelle(s) remarque(s) pouvez-vous faire sur la forme des courbes de coûts fixes et des coûts variables ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

III.       À partir des mêmes données, calculez les coûts (unitaires le plus souvent) suivants afin de compléter ce tableau :

 

Q

coûts fixes moyens

(C.F.M.)

coûts variables moens

(C.V.M.)

Coût Total Moyen

(C.T.M.)

Coût Moyen Global (non unitaire)

Coût marginal

10

 

 

 

 

 

20

 

 

 

 

 

30

 

 

 

 

 

40

 

 

 

 

 

50

 

 

 

 

 

60

 

 

 

 

 

70

 

 

 

 

 

80

 

 

 

 

 

90

 

 

 

 

 

100

 

 

 

 

 

IV.       À partir des mêmes données, représentez graphiquement ces quatre coûts que vous venez de calculer  (les abscisses des coûts marginaux seront situées à mi-distance des quantités produites) :

 

V.         Quelles remarques pouvez-vous faire en observant ces courbes ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VI.       Le marché sur lequel l'entreprise Pacher vend ses téléviseurs est un marché de concurrence pure et parfaite.  Quelle quantité aura-t-elle intérêt à vendre si le prix est de 4800 BEF ? Expliquez :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Si le prix tombe à 2800 BEF, quelle est la situation de l'entreprise ?  Que doit-elle faire alors ?  Justifiez._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

III.    Économies et déséconomies d'échelle

 

I.           Reconstruire le tableau des coûts de production sur base des renseignements partiels sur les coûts d'une cimenterie :

 

Q

coûts en capital (bâtiments, équipements)

autres coûts (mat.prem., salaires)

Coût Total Global (en millions de BEF)

Coût Moyen Global /100000 t (en millions de BEF)

Coût marginal (en millions de BEF) par 50000 t

1

100

 

 

120

 

2

100

 

 

 

60

3

100

 

 

 

40

4

100

 

280

 

 

5

100

280

 

 

 

 

II.         Le prix du marché étant de 100 millions de BEF pour 100 000 tonnes, quelle quantité l'entreprise a-t-elle intérêt à produire ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Quel est alors son chiffre d'affaires ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Quel est alors son bénéfice unitaire (par 100 000 tonnes) ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Et son bénéfice global ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

III.       Complétez le tableau des coûts, si l'entreprise se dote d'équipements supplémentaires pour augmenter sa production.

 

Q

coûts en capital (bâtiments, équipements)

autres coûts (mat.prem., salaires)

Coût Total Global (en millions de BEF)

Coût Moyen Global /100000 t (en millions de BEF)

Coût marginal (en millions de BEF) par 50000 t

6

150

270

 

 

 

7

150

300

 

 

 

8

150

350

 

 

 

9

150

450

 

 

 

10

150

600

 

 

 

 

IV.       Le prix du marché étant inchangé et toujours de 100 millions de BEF pour 100 000 tonnes, quelle quantité l'entreprise a-t-elle intérêt à produire ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Quel est alors son chiffre d'affaires ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Quel est alors son bénéfice unitaire (par 100 000 tonnes) ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Et son bénéfice global ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Quel phénomène constatez-vous ? (précisez la plage de production où il se produit :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _)

 

V.         Complétez les 2 tableaux suivants, en imaginant deux scénarios où se produisent des déséconomies d'échelle :

 

 

Q

coûts en capital (bâtiments, équipements)

autres coûts (mat.prem., salaires)

Coût Total Global (en millions de BEF)

Coût Moyen Global /100000 t (en millions de BEF)

Coût marginal (en millions de BEF) par 50000 t

6

 

270

 

 

 

7

 

300

 

 

 

8

 

350

 

 

 

9

 

450

 

 

 

10

 

600

 

 

 

 

Q

coûts en capital (bâtiments, équipements)

autres coûts (mat.prem., salaires)

Coût Total Global (en millions de BEF)

Coût Moyen Global /100000 t (en millions de BEF)

Coût marginal (en millions de BEF) par 50000 t

6

150

 

 

 

 

7

150

 

 

 

 

8

150

 

 

 

 

9

150

 

 

 

 

10

150

 

 

 

 

 

VI.       Quelle quantité l'entreprise a-t-elle intérêt à produire ? scénario 1 :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ; scénario 2 :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Quel est alors son chiffre d'affaires ? scénario 1 :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ; scénario 2 :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Quel est alors son bénéfice/déficit unitaire (par 100 000 tonnes) ? scénario 1 :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ; scénario 2 :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Et son bénéfice/déficit global ? scénario 1 :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ; scénario 2 :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

VII.     En conclusion, quelles sont les sources d'économies ou de déséconomies d'échelle ?_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    Évaluation des connaissances et savoir-faire

 

  1. Autoévaluation
  2. Évaluation des savoirs
  3. Évaluation des savoir-faire

 

I.    Autoévaluation

 

3 : oui                                  2 : à peu près                                    1 : pas encore!

Pensez-vous maîtriser les savoirs et savoir-faire suivants ?

Savoirs : demande O                       offre O                                élasticité par rapport au prix O                                                                  concurrence pure O                                       concurrence parfaite O                  coût fixe O                                        coût variable O                                coût global O                                   coût moyen O                                                  coût marginal O                               recette O                                           bénéfice O                                                        optimum de l'entreprise O                                                           économies d'échelle O

 

Marché imparfait O                         Concentration O                Monopole O                      Monopsone O                                          Oligopole O                                       Oligopsone O                     Économie domestique O                                                  Économie non marchande O          Externité O                         Indivisibilité de l'offre O                                                   Indivisibilité de l'usage O                              Encastrement social O                           Capitalisme O                                                  Prix de transfert O                            Capital humain O

 

Savoir-faire : agréger les offres individuelles O                    déterminer l'équilibre de l'offre et de la demande O                                            calculer une élasticité O                                calculer un coût global O                moyen O              marginal O                          déterminer l'optimum de l'entreprise O

 

Calculer une recette marginale O                                Déterminer l'équilibre d'un monopole O                           Construire un diagramme de Cournot O

n  définir avec ses propres mots la demande et l’offre.

n  analyser et lire un graphique de l’offre et de la demande qui exprime la quantité d’un produit en fonction de son prix et le salaire en fonction du travail.

n  construire un graphique qui exprime la quantité d’un produit en fonction de son prix.

n  illustrer la loi de l’offre et la demande par un exemple de la vie courante.

n  calculer l’élasticité de l’offre et de la demande par rapport au prix, à laide de la formule générale.

n  mesurer le sens et l’ampleur de la réaction de l’élasticité, grâce au signe et à la valeur absolue de celle - ci.

n  interpréter sous forme de phrase les résultats obtenus en calculant l’élasticité.

n  calculer le pourcentage de baisse de la demande lorsque le prix varie.

n  énoncer les 3 cas pour lesquels l’élasticité peut être supérieure.

n  énoncer les facteurs qui font varier la valeur de l’élasticité de l’offre.

n  définir avec ses propres mots un marché d’équilibre et en donner les caractéristiques.

n  expliquer les conséquences sur les courbes de l’offre et de la demande lorsque le prix varie à court ou long terme, ainsi que la réaction des acheteurs dans de telles circonstances.

 

 

II.    Évaluation des savoirs

 

1    Normalement, quand le prix augmente, la demande_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

2    L'offre est généralement une fonction_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _du prix.

3    L'élasticité de la demande par rapport au prix est généralement _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

4    Si le coefficient d'élasticité de l'offre est supérieur à + 1, on dit que l'offre est _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ et elle est réputée _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _  s'il est inférieur à t 1.

5    Pour une offre inchangée, si la demande augmente, le prix _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

6    Les critères de la concurrence pure sont : a)_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;   b) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

7    Ceux de la concurrence parfaite sont : a) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _,  b) _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _, c)_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

8    Sur un marché de concurrence pure et parfaite, le prix est une fonction _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _de l'offre d'une entreprise isolée.

9    Sur un marché de concurrence pure et parfaite, une entreprise atteint son optimum quand _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

10 Si le minimum de son coût total moyen est égal au prix du marché, une entreprise est dite ._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

11 Il y  a économies d'échelle si, quand la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de l'entreprise ._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ , son prix de revient _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ et son bénéfice _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

12 Pour le fonctionnement "pur et parfait" du marché, des coûts fixes élevés - et des   rendements croissants sont :                   un frein O,                          une condition nécessaire O ,                        indifférents O.

13 Dites quel type de concentration (verticale = V, horizontale = H, conglomérale = C, permet à une firme d'atteindre les objectifs suivants :                             a) augmenter sa part de marché O                                        b) répartir les risques O                  c) contrôler le marché du produit O                                     d) contrôler les fournisseurs O                                    e) amortir les fluctuations conjoncturelles O                                        f) contrôler les distributeurs O

14 Dites à quel type de marché on a affaire quand :                              a) beaucoup de vendeurs n'ont que quelques acheteurs :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _b) un vendeur est face à beaucoup d'acheteurs :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _c) beaucoup d'acheteurs sont face à quelques vendeurs :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _d) un acheteur est face à beaucoup de vendeurs : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

15 L'équilibre du monopole est atteint quand le _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ est égal à la _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _   Il s'ensuit un _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _  pour le monopole.

16 a) Quand un oligopole est totalement coordonné, il forme un _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;   b) Un oligopole, selon le degré d'antagonisme entre les firmes, est tantôt en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ tantôt en _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _  cette dernière situation est généralement favorable aux consommateurs car_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

17  a) Quand les prix sont fixés par l'entreprise, on dit qu'ils sont _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ;   b) La rigidité des prix à court terme fait que les marchés s'ajustent plutôt par _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

18 La production domestique est une part importante et mal connue de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

19 La Défense nationale fait partie de _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ , la production de la SNCB est incorporée  dans _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

20 Tout échange donne lieu à un marché : vrai O faux O ;

21 capitalisme et marché se confondent : vrai O faux O.

22 Rappelez les trois types de rapports qu'entretiennent les phénomènes d'organisation et de marché :_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

III.    Évaluation des savoir-faire

 

 

Sur le graphique ci-contre :

·       OD est la production _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ de l'entreprise

·       OABD est son _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ d' _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

·       OECD est son ._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

·       DC est son _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

·       CB est son _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

·       par conséquent EABC représente son ._ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

 

Pourquoi les opinions sur les conséquences de l'extension du marché divergent-elles ?

 

 

            Ces graphiques situent l'entreprise face à un marché de concurrence pure et parfaite.  Ils manquent de renseignements ; ci-joint une liste de termes dont certains (plusieurs, mais pas forcément tous) peuvent se placer sur l'un (ou sur les 2) de ces graphiques :

 

 

1.      bénéfice unitaire

2.      bénéfice total

3.      coût

4.      coût fixe global

5.      coût fixe unitaire

6.      coût marginal

7.      coût total

8.      coût total moyen

 

9.      coût variable global

10.  demande

11.  entreprise à situation bénéficiaire

12.  entreprise à situation déficitaire

13.  offre

14.  perte unitaire

15.  perte totale

16.  point mort

 

17.  prix de vente minimum unitaire

18.  prix

19.  prix du marché

20.  quantité

21.  quantité échangée sur le marché

22.  quantité produite par une entreprise

23.  recette totale

24.  recette unitaire

25.  seuil de rentabilité

 

 

 

Un test proposé par Vanessa Caufriez (promo 98) Test sur l’offre et la demande :

 

 

1) Vérifie l'exactitude des propositions suivantes :

 

- Un accroissement des prix peut être le résultat de la diminution de la demande.

               Faux : placer "accroissement" à la place de "diminution".

 

- La courbe de la demande de biens représente la quantité de ce bien effectivement échangée sur ce marché.

               Faux : il n'y a pas d'échange; la courbe est une possibilité de demande.

 

- En général, la courbe de la demande se déplace vers la gauche à la suite d'une augmentation du revenu.

               Faux : remplacer gauche par droite.

 

- La relation entre la quantité offerte et le prix peut être illustrée à l'aide de la courbe d'offre.

               Vrai

 

- Un accroissement simultané de l'offre et de la demande entraîne une augmentation de la quantité d'équilibre.

               Vrai

 

- Le prix d'équilibre est le prix pour lequel la quantité offerte est égale à la quantité demandée.

               Vrai

 

- Si le prix est plus élevé que le prix d'équilibre la demande est plus grande que l'offre.

               Faux : remplacer "plus élevé" par "plus bas".

 

- Une augmentation de la demande fait croître à la fois le prix et la quantité d'équilibre.

               Vrai

 

- On admet que le prix augmente lorsqu'il y a pénurie et qu'il diminue lorsqu'il y a surplus.

               Vrai

 

- La modification d'un des déterminants de l'offre et de la demande n'a aucune incidence sur les coubes d'offre et de demande.

               Faux : remplacer "n'a aucune" par "a beaucoup".

 

2) Pour chaque modification de situation envisagée ci-dessous, rechercher les conséquences théoriques et générales sur les composantes du marché

(augmentation : +, diminution : - et constance : 0).

 

                                                                                               O                     D                     PE                   QE

 

Augmentation de la population                                        0                     +                     +                     +

 

Augmentation des taxes à la production d'un

bien                                                                                       -                      0                      +                     -

 

Augmentation des subsides aux entreprises                   +                     0                      -                      +

 

Augmentation du pouvoir d'achat des ménages             0                     +                     +                     +

 

Nouvelle loi rendant obligatoire l'utilisation

d'un bien.                                                                              0                     +                     +                     +

 

Augmentation du degré de rareté d'une matière

première entrant dans la fabrication d'un bien.             -                      0                      +                     -

 

Une mauvaise récolte pour le produit envisagé             -                      0                      +                     -

                                                                                              

 

 

Un test proposé par Sophie Dohy (promo 98) Test sur l’offre et la demande :

                                                                                                                                                                   /10

1) Situation :

 

Voici ci - dessous un graphique représentant la loi de l’offre et de la demande. Après l’avoir bien observé, réponds à la question suivante.

 

      Graphique :

 

 

$$$$

 

 

 

Économie Générale 3, Bruxelles, 1994, p216.

      Question  :

 

2)    Quel est l’utilité de connaître la demande pour les voitures « Opel » du point de vue de l’entreprise qui produit des voitures de cette marque  ?

…_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

…_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

…_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

(Question n°1  :                 /1).

 

2) Situation  :

 

Voici 3 modèles de marchés du travail représentés graphiquement. Observe - les et réponds aux questions ci - dessous.

 

      Graphiques  :

 

 

$$$$

 

 

 

 

Économie Générale 3, Bruxelles, 1994, p279 et 280.

      Questions :

 

1) Note sur les pointillés le numéro du graphique correspondant à un marché du travail en équilibre (si il existe). Justifie ta réponse.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

2) Note sur les pointillés le numéro du graphique correspondant à une situation de chômage. Justifie ta réponse.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

(0,5 point par bonne réponse et 1 point par justification. Question n°2 :                             /3).

 

3) Voici ci dessous différentes propositions, pour chacune d’elles, entoure V si elles sont vraies et F si elles sont fausses.

N’oublie pas de justifier ta réponse pour chacune des propositions à l’aide d’un exemple ou d’un graphique (tu peux utiliser le verso de la feuille).

 

a) Quand le prix augmente, la demande diminue.

 

Justification :

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

b) L’offre est une fonction croissante du prix .

 

Justification :

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

V                             F

 

V                             F

 
c) Le prix d’équilibre sur le marché d’un produit donné est celui qui permet la différence entre les quantités offertes et les quantités demandées.

 

Justification :

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

 

(1 point par bonne réponse et 1 point par justification correcte. Question n°3 :          /6).

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    Voir aussi...

 

* Ouvrages généraux :

J.-D.  Laffray, I. Lecaillon, l'Économie mixte, PUF, Que sais-je ? i 00P.  J.  Rivoire, rkonomle dk~ma7chQ, WF, Que sais-je 1993.

I. Boncoeur, H. Thouément : Histoire des idées économiques, t.2, De Walras aux contemporains, chap.  1, 2 et 3, Circa, Nathan, 1992.

A. Sikm, Introduction à l'analyse économique, chap.  6, Cursus, Armand Colin, 1989.

 

 

 * Essais :

M.Albert Capitalisme contre capitalisme, Le Seuil, 1991. 

 

* Revues :

Sciences humaines, hors série n° 3, nov-déc.  1 993.

Découverte de la mid Cahiers Français n° 254, La Documentation Française, 1992.

 

* Suggestions de Sophie Baix, Vanessa Caufriez et Yves De Boe (promotion 1998) :

 

 

§    Quelques films (voir farde pour vidéos à la bibliothèque à la
Haute Ecole Roi Baudouin à Braine-Le-Comte)

q      « L’étude du marché », page 75

q      « Europe, le grand marché », page 75

q      « La santé hors de prix », page 75

q      « L’entreprise de l’an 2000 », page 76

q      « L’argent  (combien, comment, pourquoi), page 76

q      « Pensions et épargne pension », page 75

 

 

q      " Connaissez-vous Shell ?"        SCE-GD0 042002                            SEC 030'

q      " Europe - le grand marché         SCE-PPO 024005                             SVP 014'

q      " La guerre du pétrole"                SCE-PPO 024019                             SVP 035'

q      " La multinationale"                    SCE-PPO 024043                             SVP 155'

q      " Nos exportations"                     SCS-GDO 042001                            SEC 026'

 

§    Quelques articles

q      « Mobistar passe à l’offensive », Libre Belgique février 1998.

q      « Pour tout savoir sur Bruxelles-National », Libre Belgique février 1998.

q      « Le feu vert est donné pour une réduction d coût des paiements électroniques », Libre Belgique 21/01/1998.

q      « Pourquoi devenir franchisé », « contrat de franchise », « quelques conseils pour réussir et les dix commandements du franchisé », « la franchise en Europe », « choisissez bien ! », « la franchise dans tous ses états », « le boom de la franchise », Libre Belgique 7/03/1998.

q      « Une première en Belgique : le marché du livre … », Libre Belgique 7/02/1998.

q      « La bourse », fiche d’actualité du Soir, 16/10/1997.

q      « Les télécommunications », fiche d’actualité du Soir, 15/05/1997

q      « Les multinationales », fiche d’actualité du Soir, 13/03/1997.

q      « Les faillites », fiche d’actualité du Soir, 23/01/1997.

q      « Baisse du pouvoir d’achat des Belges en 1996 », Libre Belgique 23/08/1997.

q      « Des actions et des risques » et « Le pouvoir de la bourse », cahier du Ligueur.

q      « Vers la monnaie unique en Europe » et « L’argent facile », cahier du Ligueur.

q      « Les salariés belges … », .

q      «Van den Broeke-Lutosa », Cedes.

q      « Brantano : 40% des titres en vente », … , Cedes mai 1997.

q      « Quick est mieux armé en janvier 1997 qu’un an plus tôt », Cedes mai 1997.

q      « La tasse est amère … », Cedes mai 1997.

q      « Déficit 1997 : … », Cedes 1997.

q      « Le franc belge a perdu en moyenne 4% de son éclat en 1997 », Cedes.

q      « Synthèse des prévisions », Cedes.

q       « Les monnaies et le commerce à l’étranger », cahier du Ligueur.

q      « L’offre et la demande », cahier du Ligueur.

q      « La libre concurrence », fiche d’actualité du Soir 12/12/1996.

q      « Dehaene a un an d’avance sur son calendrier budgétaire », Libre Belgique 22/02/1998.

q      « Une tarification bancaire qui se veut dissuasive », …, Libre Belgique 24/01/1998.

q      « Que nous réserve 1998 », Le Rappel 5/01/198.

q      « Les indices sectoriels vont s’imposer en Europe », Libre Belgique 1998.

q      « Madame est servie », « Le vent en poupe », Libre Belgique 24/01/1998.

q      « Séduisants warrants », Vif L’express 23/01/198.

q      « Le tableau de bord de l’économie », Vif L’express 23/01/1998.

q      « Statistique », Cedes.

q      « On dépense moins pour manger, plus pour la santé », Cedes.

q      « En 1997, le nombre de faillites a crevé le plafond des 7500 unités », …, Cedes.

q      « L’ONU », fiche d’actualité du Soir 2/10/1997.

q      « Les dettes publiques », fiche d’actualité du Soir 3/10/1996.

q      « Mondialisation de l’économie », fiche d’actualité du Soir 7/03/1996.

q      « Mieux vaut être consommateur », Ligueur avril 1997.

q      « Esprit du club, … », Libre Belgique 31/01/1998.

q      « Économie belge : l’an neuf sera-t-il à la hauteur de 1997 ? », Cedes.

q      « L’optimisme d’Associated Weavers », Libre Belgique 31/01/1998.

q      « La ruée vers l’or », Libre Belgique 1998.

q      « Dépenser l’argent qu’on a pas », cahier du Ligueur.

q      « La cession d’un fonds de commerce », Libre Belgique 31/01/1998.

q      « Les pays et leur monnaie », cahier du Ligueur.

q      « Le commerce au cœur des villes ? », Ligueur avril 1997.

q      « Système très instable », Libre Belgique 24/01/1998.

q      « Toutes voiles dehors », Libre Belgique 1998.

q      « Inédit depuis 1970 : … », Libre Belgique 6/01/1998.

q      « Sur le plan budgétaire, l’année 1998 commence vraiment très bien », Libre Belgique 6/01/1998.

q      « Les PME face au dédale des marchés publics », Libre Belgique 1998.

q      « On reprend son souffle », Libre Belgique 1998.

q      « Les taux à un tournant », Libre Belgique 7/03/1998.

q      « Attention haute tension », Libre Belgique, 7/03/1998.

q      « Atenor encaisse d’avance », Libre Belgique 7/03/1998.

q      « Indices révélateurs de la force des actions », Libre Belgique 1998.

q      « Évaluer ce que coûte un ordinateur », Libre Belgique 14/03/1998.

q      « Métiers nouveaux », Libre Belgique 14/03/198.

q      « L’ère des dividendes rouverte en Recticel », Libre Belgique 14/03/1998.

q      « L’immobilier se fait remarquer », … , Libre Belgique 1998.

q      « Amplats, une alternative aux mines d’or », Libre Belgique 1998.

q      « Réactions en chaîne », Libre Belgique 14/03/1998.

q      « La tendance reste haussière », Libre Belgique 14/03/1998.

q      « Frisson, émotion, impulsion de la glace », …, Libre Belgique 14/03/1998.

q      « Stow étend ses rayons », Libre Belgique 14/03/1998.

q      « La compétitivité de l’Europe face au japon et aux USA », Libre Belgique 14/03/1998.

q      « Formation en entreprise », Libre Belgique 14/03/1998.

q      « Le bond de Creyf’s », Libre Belgique 28/02/1998.

q      « Avalanche de records », Libre Belgique 28/02/1998.

q      « L’Euro est presque dans la poche pour 282 millions d’Européens », Libre Belgique mars 1998.

q      « Prises de bénéfices à la bourse de Bruxelles », … ,Libre Belgique 28/02/1998.

q      « Livres de commerce », Libre Belgique 28/02/1998.

q      « Fatale désaffection », Libre Belgique 28/02/198.

q      " Qui gouverne les grandes entreprises ? ", Sciences humaines, n°11, dec 95, p. 26-27

q      " Cycle de vie d'un produit : Comment naît un produit ? ", Sciences humaines, n°53, aug 95, p. 48-58

 

* Et les propositions de Catherine Lagneau (promo 98)

·      Lecture de l'article du Trends Tendances "Le troisième larron" du 12 mars 1998,

page 69

·      Fiche n°148 du Journal le Soir du 15/05/97 "Les télécommunications" et l' Eco-Soir spécial consacré à l'ouverture de la concurrence des télécoms en Belgique.

·      Fiche n°138 du Journal le Soir du 06/03/97, "L'industrie automobile"

·      Fiche n°139 du journal Le Soir du 13/03/97, "Les multinationales"

·      Fiche n°95 du journal Le Soir du 07/03/96, "Mondialisation de l'économie"

·      Fiche n°106 du journal Le Soir du 23/05/96, "La croissance économique"

 

 

·      vidéo: "Le système monétaire Européen" SCE GD0042002, 29 min

·      vidéo: "Europe le grand marché" SCE PP0024005, 90 min

·      vidéo: "La guerre du pétrole, pourquoi ?" SCE PP0024019, 35 min

·    vidéo: "La sécurité sociale", SCS GVD030052, 11 min

 

 

 

     ♦    Ce que les programmes en disent...

 

 

  1. Sciences éco, opt. base simple, 2ème degré, 4 pér/sem (1994/0279/016)
  2. Sciences éco, opt. base simple, 3ème degré, 4 pér/sem (1994/0279/017)
  3. Socio-économie, option, 1er degré, 2/4 pér/sem (1992/0279/081)

 

 

I.    Sciences éco, opt. base simple, 2ème degré, 4 pér/sem (1994/0279/016)

 

Þ Les limites du marché dans la satisfaction des besoins.

 

3.1.1. Premier problème : peut-on facilement satisfaire ses besoins ?

3.1.1.1. Quels sont les besoins ?

3.1.1.2. Quels sont les moyens de satisfaire les besoins ?

3.1.2. Deuxième problème : comment partant de ressources trop peu abondantes arrive-t-on à satisfaire des besoins multiples ?

3.1.2.1. De quels atouts dispose l’homme dans cette situation ?

3.1.2.2. Le travail et l’intelligence suffisent-ils à résoudre le problème économique : « ressources trop peu abondantes pour satisfaire des besoins multiples » ?

 

Þ La demande et l’offre : la détermination de l’équipe du marché.

 

3.2.2. L’homme agent consommateur. Page 20

3.2.2.1. L’homme face à l’abondance des produits.

3.2.2.2. La protection du consommateur.

 

n  décoder et formuler avec tes propres mots des textes traitant de la protection du consommateur/ prix, marques, ...

 

Þ Le marché de la concurrence pure et parfaite.

 

II.              L’entreprise face au marché ...

 

3.3  L’entreprise commerciale.

3.3.2.1.  Les opérations d’achats.

3.3.2.2.  Les opérations de vente.

 

3ième Année.

 

3.1. L’entreprise, système ouvert.

3.1.2.·      Entreprise, centre d’exploitation d’un produit.

3.1.2.1    Produit, objet de production.

3.1.2.2    Produit, objet de coûts de rentabilité.

3.1.4.·      Entreprise centre de décisions.

 

Þ Marché, organisations et institutions.

 

3.1.5.·      Entreprise, centre de commercialisation et de vente.

3.1.5.1.  Formes de marché.

3.1.5.2.  Sources des informations.

3.1.5.3.  Moyens d’atteindre les objectifs de la politique commerciale.

·    le produit.

·    le prix.

·    la place - distribution.

 

 

II. Sciences éco, opt. base simple, 3ème degré, 4 pér/sem (1994/0279/017)

 

Þ Le marché : une construction historique.

 

3.A.2. croissance. Page 13 à 14.

3.A.2.2. Le développement.

3.A.2.2.1. Introduction

 

Þ Le marché et le capitalisme.

 

3.A.2.2.2. Le développement capitaliste

3.A.2.2.3. Le développement socialiste.

 

Þ Marché de concurrence pure et parfaite.

 

3.A.3. Rôle du marché en économie ouverte. Page 14

3.A.3. Modèle de concurrence parfaite.

3.A.3.2. Concurrence réelle.

3.A.4. Rôle des échanges internationaux dans l’économie.

 

 

III.Socio-économie, option, 1er degré, 2/4 pér/sem (1992/0279/081)

 

Þ Huitième étape : royaume du consommateur et du producteur.

 

1.  Consommation. Page 17.

1.1. Notion de consommation.

1.2. Sortes de consommation

 

3.  Évolution de la consommation finale dans le temps. Page 19.

3.1. Quelques sortes de la consommation finale.

3.2. Changements survenus dans la consommation finale.

 

4.  Ext. Un modèle descriptif de l’évolution de la consommation finale

La Loi d’Engel.

 

Þ La demande et l’offre : la détermination de l’équipe du marché.

 

1.  Production. Page 25.

1.1. Raisons de la production.

1.2. Notion de production.

1.3. Sortes de biens produits.

 

Þ La production non marchande dans les pays développés.

 

4.  Prix de revient et prix de vente. Page 27.

4.1. Prix de revient.

4.2. Prix de vente

 

Þ Les limites du marché dans la satisfaction des besoins.

 

1.  Besoin et satisfaction. Page 41

1.1. Notion de besoin.

1.2. Besoin et satisfaction.

1.3. Classement des besoins.

 

Þ La production non marchande dans les pays développés.

 

2.  Réponses aux besoins économiques. Page 43

2.1. Notion de bien et service.

2.2. Catégories de biens et services.

 

Þ Les limites du marché dans la satisfaction des besoins.

 

3.  Relativité du besoin et de sa réponse. Page 43

3.1. Variations des besoins et de leurs réponses.

En fonction des valeurs personnelles et du milieu.

Dans le temps et l’espace.

 

 

 

 

 

 

 

Idée méthodologique :  Vous pouvez vous servir d….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     ♦    Table des matières

 

 

♦     huitième étape : le marché : royaume du consommateur et du producteur...

  1. Mme Van Vlees fait son marché
  2. Mme Van Vlees rêve
  3. Mme Van Vlees devant la réalité
  4. L'entreprise "Pacher" maîtrise son marché
  5. de quelles ressources disposons-nous ?

♦     Introduction, objectifs et mots-clefs

♦     La demande et l'offre : La détermination de l'équilibre du marché

  1. La relation entre la demande et le prix

    1. Qu'est ce que la demande ?
    2. La demande est fonction du prix d'achat
    3. La demande d'un produit par un agent // La demande d'un produit par l'ensemble des agents // L'élasticité de la demande par rapport au prix

       

  2. La relation entre l'offre et la demande

    1. Qu'est ce que l'offre ?
    2. L'offre, fonction du prix de vente
    3. L'offre d'un produit par un producteur // L'offre d'un produit par l'ensemble des producteurs // L'élasticité de l'offre par rapport au prix

       

  3. L'équilibre de l'offre et de la demande

    1. La détermination de l'équilibre du marché
    2. Quantités échangées et prix d'équilibre
    3. Cet équilibre est stable : si le prix s'écarte de son niveau d'équilibre, il tend à y revenir automatiquement
    4. Le prix varie à court terme // À plus long terme, si la fonction de demande se modifie, l'offre s'y adapte

    5. Équilibre stable mais interactif et complexe
    6.  

  4. La transaction commerciale, de la demande de prix à la facture

    1. Introduction
    2. Schéma de la transaction commerciale
    3. Conditions de vente
    4. Les documents de la transaction comerciale
    5. Demande de prix // Offre de prix // Comparaison d'offres de prix // Bon de commande // Note d'envoi // Facture // Notes de crédit et notes de débit

       

  5. Quelques pistes méthodologiques


    1. Le jeu de l'élasticité
    2. Matériel // Principe // Le jeu peut alors commencer // Solutions

    3. Mini-entreprise
    4. Concurrence
    5. Quick et Mc Donald's
    6. Absorber le marché
    7.  

♦     Le marché de concurrence pure et parfaite

  1. Les critères de la concurrence pure et parfaite


    1. Les trois critères de la concurrence pure
    2. L'atomicité du marché // L'homogénéité du produit // La libre entrée sur le marché

    3. Les deux critères de la concurrence parfaite
    4. La transparence du marché // La mobilité des facteurs

       

  2. L'entreprise face au marché : la recherche de l'optimum


    1. L'entreprise a des rendements variables
    2. L'entreprise calcule ses coûts de production
    3. Les coûts globaux : coûts fixes et variables, coûts totaux // Les coûts unitaires

    4. Comment l'entreprise détermine t elle son optimum de production?
    5. La recette et le bénéfice de l'entreprise // Comment déterminer l'optimum de l'entreprise ? // L'entreprise face au marché de concurrence pure et parfaite

    6. Économies et déséconomies d'échelle
    7. Des économies d'échelle apparaissent // Les déséconomies d'échelle // Rendements d'échelle constants

       

♦     De la concurrence parfaite à la concurrence imparfaite

  1. Les enseignements du modèle de concurrence pure et parfaite


    1. L'équilibre sur un marché
    2. Coûts fixes et rendements croissants
    3. L'interdépendance des marchés
    4.  

  2. Les imperfections des marchés


    1. Un peu de grec
    2. La concentration des entreprises et l'organisation des acheteurs
    3. Définition et objectifs de la concentration // Le libre fonctionnement du marché tend à ruiner ses propres // Les formes de la concentration

    4. La viscosité des marchés
    5. La différenciation des produits
    6. L'opacité des marchés
    7. L'immobilité des marchés
    8.  

♦     Le fonctionnement de la concurrence imparfaite

  1. L'analyse du monopole


    1. Le monopole : présentation rapide
    2. Ses origines // Les actions du monopoleur // L'équilibre du monopoleur // Restrictions à l'action du monopoleur

    3. Le calcul du monopole
    4. Les effets du monopole
    5. Les effets sur les prix // Les effets sur les quantités

    6. La diversité des situations de monopole
    7. Monopoles publics et privés // Un monopole est relatif à la taille du marché considéré // Un monopole est relatif au produit spécifique qu'il vend // Un monopole n'est pas définitivement à l'abri de la concurrence

       

  2. L'analyse de l'oligopole


    1. L'oligopole : présentation rapide
    2. L'interdépendance des firmes oligopolistiques
    3. Le calcul de l'oligopole
    4. Les stratégies des oligopoles
    5. Selon le degré de coopération entre les firmes, on peut opérer le classement suivant // Selon le degré d'antagonisme entre firmes, on peut distinguer

  3. L'analyse de la concurrence monopolistique

  4. La concurrence  : une suggestion de leçon

♦     Le rôle des prix

  1. Les variations de prix et de quantités


    1. Comportement "normal" face à la hausse (baisse) de prix
    2. Automaticité du marché et le comportement de l' "homo oeconomicus"
    3. La rationalité de l' "homo oeconomicus " // Cette représentation de l' "homo oeconomicus " est sujette à critiques

       

  2. La rigidité des prix et ses conséquences sur la régulation


    1. Les prix administrés
    2. Rigidité et flexibilité des prix et des quantités à court et long terme
    3. À court terme // À plus long terme, les prix sont plus flexibles

    4. La filière inversée

♦     Les limites du marché dans la satisfaction des besoins

  1. Les économies de marché satisfont des besoins, mais en créent d'autres


    1. La satisfaction des besoins
    2. La création de besoins nouveaux
    3.  

  2. Le marché ne répond qu'aux besoins solvables


    1. Satisfaction des besoins et répartition des revenus
    2. Les injustices et les exclusions du marché
    3.  

♦     La production non marchande dans les pays développés

  1. L'économie domestique


    1. Nature et logiques de la production domestique
    2. Un domaine qui échappe en partie à la mesure
    3.  

  2. La production non marchande des administrations


    1. Biens et services non marchands, biens et services collectifs
    2. Logique de la production non marchande des administrations privées
    3. Logiques de la production non marchande des administrations publiques
    4. Les services correspondant à la fonction régalienne de l'État // Les défaillances du marché // l'État produit un service non marchand pour éviter l'éviction par les prix

       

  3. L'État et la formation des prix


    1. Origine de l'intervention de l'État
    2. Les actions indirectes sur les prix
    3. Les actions sur l'offre // Les actions sur la demande // Les actions sur les coûts de production

    4. Les actions directes sur les prix
    5. La taxation // La fixation du prix hors marché

       

♦     Le marché : une construction historique

  1. Échanges et marché

    1. Tout échange n'est pas marchand
    2. Qu'est-ce qu'un échange marchand ? // Dons et échanges non marchands

    3. L'existence d'échanges marchands ne suffit pas à établir un marché
    4. L' "encastrement social" du marché // L'échange marchand occasionnel.  Les marchés localisés // Des marchés occasionnels et localisés aux marchés permanents et généralisés

       

  2. Marché et capitalisme

    1. Le capitalisme
    2. Fondements idéologiques // Caractéristiques // Critiques

    3. Une identification fréquente
    4. Capitalisme et activité marchande ne se recoupent que partiellement
    5. Le capitalisme naît de l'activité marchande, mais ne se confond pas avec elle // Le capitalisme comme mode de production // L'activité économique des pays capitalistes ne repose pas uniquement sur le marché

       

♦     Marché, organisations et institutions


    1. Les organisations des marchés
    2. La réglementation du marché
    3. Les institutions veillant au bon fonctionnement du marché
    4. Les institutions politiques et le marché // Les institutions corporatives

       

  1. Offre et demande, et confrontations d'organisations

    1. Les entreprises forment des organisations de marché
    2. L'organisation des entreprises modifie le fonctionnement du marché
    3.  

  2. L'organisation interne des entreprises s'oppose au marché

    1. Les phénomènes d'organisation limitent l'importance du marché
    2. Les prix de transfert et les prix de marché
    3.  

♦     L'extension du marché et sa critique

  1. L'extension du marché et de la logique marchande

    1. L'extension des phénomènes du marché
    2. L'extension des analyses en termes de marché
    3.  

  2. La critique de l'extension du marché

    1. Les bienfaits du marché
    2. Les dangers du marché
    3.  

♦     À retenir...

♦     Exercices et travaux

  1. Demande, offre et équilibre
  2. Optimum en concurrence parfaite
  3. Économies et déséconomies d'échelle

♦     Évaluation des connaissances et savoir-faire

  1. Autoévaluation
  2. Évaluation des savoirs
  3. Évaluation des savoir-faire

♦     Voir aussi...

♦     Ce que les programmes en disent...

  1. Sciences éco, opt. base simple, 2ème degré, 4 pér/sem (1994/0279/016)
  2. Sciences éco, opt. base simple, 3ème degré, 4 pér/sem (1994/0279/017)
  3. Socio-économie, option, 1er degré, 2/4 pér/sem (1992/0279/081)

♦     Table des matières

 

 


[1] à partir d'ici, nous appellerons "entrepreneurs", tous chefs d'entreprise ( vendeurs ou producteurs)

[2] le lecteur aura constaté qu'il fallait rajouter l'escompte soit, 1129 BEF

[3] renseignement fourni par Vanessa Caufriez, promotion 1998

 

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